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fantastique - Page 2

  • Le loup-garou (1941)

    Un film de George Waggner

    La Universal a construit en quelques années son image de pourvoyeur en films d'épouvante fantastique et gothique, sous la houlette du jeune Carl Laemmle Jr. S'enchaînent alors à une allure de croisière les classiques du genre "films de monstres" : DraculaFrankenstein, La Momie, L'homme invisible, ... puis ce Loup-garou qui, s'il n'est pas ni le plus célèbre ni le plus réussi du lot, est tout de même franchement fascinant.

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  • Night Gallery saison 1 (1969-1971)

    Une série télévisée de Rod Serling

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    Le tableau inaugural de l'épisode The Cemetery, issu du pilote de la série

    S'il y a bien un éditeur vidéo à suivre en ce moment, c'est bien Elephant Films et ses sorties de patrimoine que personne d'autre n'ose faire paraître : au mileu des Alfred Hitchcock Hour et de leurs éditions des films de monstres de la Universal, il y a cet objet inclassable qu'est Rod Serling's Night Gallery. Rod Serling n'est pas seulement l'homme derrière La quatrième dimension ou le scénario de La planète des singes. Après l'arrêt de de sa série phare en 1964, il réfléchit à une autre anthologie télévisuelle, davantage tournée vers le genre épouvante ou fantastique. Le résultat ne sera visible que des années plus tard, lorsque trois nouvelles de Serling sont présentées, en d'omnibus, au cinéma. Le film ainsi constitué sortira en France sous le titre L'envers du tableau, alors que la série qui suivit ne fut, à notre connaissance, jamais diffusée dans l'hexagone. 

    On remarque dès les premiers segments la patte du créateur de La quatrième dimension, avec des thèmes récurrents similaires : la solitude, la peur de la mort et de la maladie, une charge contre l'égoïsme, l'avarice ou le racisme, ou encore la nostalgie d'un temps révolu où la vie était plus simple. Rod Serling est le principal pourvoyeur de scénarios de cette première saison, comme un rappel de l'immense somme de travail que l'homme livra sur La quatrième dimension

    Chaque épisode de 50 minutes comporte deux ou trois segments de durée inégale ; on passe de mini-histoires de 9 minutes à des segments de 20, 30 ou 40 minutes. L'ampleur et la qualité de ceux-ci est, à l'évidence, comparable à leur durée, même si certains de ces courts récits s'avèrent efficaces (Room with a view, inspiré du film d'Hitchcock, et avec la charmante Diane Keaton). Cette première petite saison -six épisodes, plus le pilote, soit dix-sept histoires-, est placée sous le signe de la citation. Les épisodes citent en effet allègrement les travaux passés de Rod Serling : Lone Survivor, où un naufragé du Titanic est sauvé des eaux trois ans après le naufrage du fameux paquebot, est une réécriture de l'épisode La nuit du jugement (La quatrième dimension, saison 1 épisode 10) ; le nostalgique They’re Tearing Down Tim Riley’s Bar est quelque part entre les fabuleux Souvenir d'enfance (La quatrième dimension, saison 1 épisode 5) et Arrêt à Willoughby (saison 1 épisode 30). Make Me Laught (deuxième effort du jeune Steven Spielberg dans cette première saison) est quant à lui un réinterprétation de l'épisode Je sais ce qu'il vous faut (saison 1 épisode 12) ; quant à The Nature of the Enemy, il rappelle Les envahisseurs (La quatrième dimension, saison 2, épisode 15).

     Si certains réalisateurs ne sont pas inconnus (Boris Sagal ou Jeannot Swarc qui réalisera de nombreux épisodes de la série), c'est bien le nom de Spielberg qui marque sur cette première saison. Son épisode Eyes, présenté dans l'épisode pilote, est son tout premier emploi de réalisateur. En face de lui, rien moins que Joan Crawford, sur sa toute fin de carrière. L'épisode tient toujours bien la route et comprend certains plans étonnants, notamment des trucages optiques pour figurer la désorientation du personnage principal, une femme aveugle qui souhaite recouvrer la vue via un ignoble stratagème. Les retournements de situations sont typiques du travail de Rod Serling ; l'histoire a d'ailleurs été publiée dans un recueil comprenant également The Escape Route, troisième segment du pilote.

    La tenue globale de la saison est très bonne. Si l'on devait en faire ressortir un du lot, The House est particulièrement marquant. Il explore le monde du rêve de façon étrangement logique et cyclique. L'épisode lui-même commence comme un rêve, sans explication logique concernant l'arrivée du personnage à cet endroit. Le personnage d'Elaine Latimer (Joanna Pettet) semble vivre la plupart du temps dans un rêve, ce que confirment les autres pensionnaires de l'hôpital psychiatrique dans lequel elle séjourne. La persistance du rêve ("Je fais le même rêve depuis mes neuf ans", décrit-elle à son analyste) confère au récit d'une mystique particulière, comme si la partie rêvée de sa vie en constituait la plus grande part... Un épisode marquant. Marquant tout autant, dans sa dimension horrifique, est l'épisode The Doll : une poupée maléfique est envoyée au domicile du colonel Masters, à l'attention de sa nièce. La poupée en question fait vraiment peur, et son emprise démoniaque sur la réalité est montrée de façon aussi subtile que terrifiante.

    Dans différents genres, la première saison de Night Gallery tient aujourd'hui encore bien la route, malgré sa facilité à reprendre des trames déjà vues. C'est d'ailleurs un des objectifs de cette anthologie : proposer une compilation aussi variée que possible des différents clichés fantastique, d'épouvante ou de science-fiction. Mission accomplie, Mister Serling !

    Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Elephant Films

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  • Dracula et les femmes (1968)

    Un film de Freddie Francis

    22546235616_f6743d1804.jpgLe film, première co-production entre la Hammer Films et Warner Bros. / Seven Arts, est sorti récemment sur support blu-ray en France, accompagné de sa suite directe, Une messe pour Dracula : c'est l'occasion de revenir sur ce Dracula et les femmes. Véritable troisième épisode de la saga Dracula par la Hammer Films -on exclut le mensonger bien qu'excellent Les maîtresses de Dracula, dans lequel le comte n'apparaît pas, au profit d'un autre vampire, le baron Meinster-, Dracula has risen from the grave devait également être réalisé par le grand cinéaste maison, Terence Fisher. Étant immobilisé après un accident de la route, c'est Freddie Francis, chef-opérateur de talent (Les innocents, Jack Clayton, 1960) également réalisateur, qui prend les rênes du projet. Un épisode délicat, car pré-vendu aux financeurs sur la présence de Christopher Lee, lequel n'était pas au courant. Soucieux de ne pas être catalogué, il accepta tout de même, à contrecœur et après d'âpres négociations, ce nouveau film, pour lequel il a des mots durs :

    "Je n'ai pas osé [le] regarder tant je suis convaincu que c'est une œuvre médiocre. [...] [Le film] a été tourné avec une absence complète de style, de goût ou de qualité de production."
    Christopher Lee Club Bulletin, février 1969

    Même si le film n'est pas, loin s'en faut, le meilleur de la Hammer, on ne peut s'empêcher de sauver quelques éléments intéressants dans cette suite : une année s'est écoulée depuis le précédent Dracula, prince des ténèbres. Le mordant comte, souvenez-vous, avait fini emprisonné dans l'eau glacée d'un torrent gelé. La scène d'introduction montre pourtant la découverte d'une plantureuse morte coincée dans la cloche d'une église, deux points rougeoyants ornant son cou. Situation très étrange d'ailleurs, car plus tard, on retrouve Dracula piégé dans la glace et ranimé par quelques gouttes de sang... La projection de l'esprit démoniaque de Dracula suffit-il à vampiriser ses victimes ? Mystère... Il faut savoir que la présence du comte sanglant était souvent ajouté a posteriori de la rédaction du scénario, et l'on voit là, à mon avis, une des énormes incohérences produites par ce fonctionnement. Le film montre par contre d'autres sujet de contentement, comme celui de faire d'un prêtre un serviteur de Dracula.

    Complètement muet dans Dracula, prince des ténèbres, Lee retrouve ici un peu la parole, pour quelques tirades bien senties. Il est également fort peu présent à l'écran, mais chacune des ses apparitions sont marquantes, notamment dans les fabuleux décors sur les toits de la ville, qui sont le théâtre de nombreuses déambulations nocturnes. La raison de ses sanglantes exactions est, disons-le, risible : remarquant à son retour que son château, exorcisé et aux portes barrées d'une croix chrétienne, lui est inaccessible, il réclame vengeance et tuera les responsables. Dracula dans un revenge movie, franchement ?

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    Christopher Lee et Veronica Carlson

    Le titre français du film, bien différents de l'original, met l'accent sur les atouts physiques du métrage, notamment en la personne de la généreuse Veronica Carlson, Hammer Girl dont c'est le premier film pour la firme. A ses côtés, la jolie barmaid Zena (Barbara Ewing) fait également partie du package sexy de la Hammer, même si elle a dû pour cela opérer un rembourrage généreux pour garnir son costume.

    La trame principale est très décevante, se concentrant sur l'histoire d'amour entre Paul, athée et serveur dans une taverne, et Maria, belle-fille de Monseigneur Muller. Elle n'est sauvée que par la sophistication visuelle de l'ensemble, qui se résument les décors de Bernard Robinson et la photo de Arthur Grant (un peu d'abus de la machine à fumée, toutefois !) ; notamment, les filtres colorés apposés sur les apparitions du vampire donnent à ces moments une note onirique bienvenue. Un plaisir visuel qui aurait pu être décuplé par une meilleur scénario...

    La Hammer est à un tournant de son histoire, misant désormais plus sur le côté érotique et sanglant de son cinéma ; pour promouvoir Dracula et les femmes, les publicistes s'essayent à l'humour, dimension totalement étrangère à la Hammer... Aussi étonnant que cela puisse paraître, cet opus mineur fut le plus grand succès de la firme !

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray - éditeur : Warner Home Video France

    Sources bibliographiques :

    The Hammer Story / Marcus Hearn, Alan Barnes, 2007
    L'antre de la Hammer / Marcus Hearn, 2012
    Les Dracula de la Hammer Films, in Fantastyka n°11

    D'autres critiques du film :

    Devildead
    DVDClassik

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray - éditeur : Warner Home Video

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  • Jurassic World (2015)

    Un film de Colin Trevorrow

    jw-1.jpgIl n'est pas étonnant qu'en 2015, le cinéma américain continue de capitaliser sur ses valeurs sûres, notamment les super-héros et les suites de films. Malgré cela, Jurassic World a tout de même mis longtemps à se monter, le dernier épisode remontant tout de même à quasiment 15 ans. Plusieurs événements, indépendants de l'économie du cinéma, ont effectivement retardé la production, notamment les décès de Michael Crichton, auteurs du roman original, et de Stan Winston, responsable des effets spéciaux, en 2008. D'autre part, différentes pistes de scénario sont envisagés au cours des années, ainsi que plusieurs réalisateurs. C'est finalement le quasi inconnu Colin Trevorrow qui obtient la confiance des studios. Ensuite, une pluie de records : meilleur démarrage de l'histoire du cinéma, le palier d'un milliard de recettes atteint en 13 jours, et finalement troisième plus gros succès au box-office à ce jour, rapportant la coquette somme de 1,6 milliard de dollars (tout cela sera balayé par Star Wars : le réveil de la force, me direz-vous). Au vu de son budget important mais mesuré (150 millions), Jurassic World est une très bonne opération financière, qui ouvre la voie à une nouvelle vague de suites. Mais est-ce pour autant un bon film ?

    Certes, certains plans à effets et toutes les créatures sont bluffantes, car on y croit. Chris Pratt (Owen Grady) est toujours un aussi bon choix de casting que dans Les gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014). Les scènes de foule impressionnent comme dans tout bon film catastrophe qui se respecte. Mais les bonnes nouvelles s'arrêtent là, car La trame du film est tout bonnement calquée sur le premier épisode. Pire que cela, plusieurs plans sont quasiment repris à l'identique, soutenus par la même musique de John Williams (même si c'est Michael Giacchino qui officie sur le score). On assiste éberlués à un remake éhonté du premier Jurassic Park, et tout le monde n'a pas l'air de s'en soucier. Qui plus est, le personnage féminin interprété par Bryce Dallas Howard est antipathique au possible, sa romance avec Grady n'est pas crédible pour un sou en plus d'être totalement survolée.

    Comment ne pas se rendre compte que le schéma directeur est identique, et que, au final, on fait la même chose (chaque petite séquence renvoie à son modèle) en moins bien ? et surtout, comment cette pâle photocopie a engrangé tant de bénéfices ? Cela montre surtout que le modèle du cinéma holywoodien de divertissement, une "industrie de prototypes", est devenue une industrie de produits en série, régit par des franchises réduits à l'état de marques. Le comble étant que ce film en particulier constitue profondément ce qu'il a l'air de critiquer (la rentabilité financière à tout crin, la tentation trop belle du bigger and louder...).

    Réalisée sans génie, cette suite pataude (même le 3, pourtant pas fantastique, aura ma préférence en comparaison) aura en plus eu une conséquence directe sur une autre saga cinématographique bien plus attendue : Trevorrow est désormais le réalisateur attitré de Star Wars IX...

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray/Blu-ray 3D - éditeur : Universal Pictures France

  • Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°6

    65862301.jpgJuin 1963, un autre numéro consacré au panthéon cinématographique fantastique de l'équipe MMF sort ses griffes : le numéro 6, consacré aux Chasses du comte du Comte Zaroff (Shoedsack, Cooper, 1932) ; le film a été tourné dans les mêmes principaux décors que King Kong, sujet du déjà mythique MMF numéro 3. Le numéro débute par la reproduction intégrale de la nouvelle de Richard Connell, à l'origine du film, que l'on retrouve également dans la réédition de la revue parue chez Rouge Profond. La diffusion de ce texte a du être jugée plus confidentielle que le Dracula de Stoker, reproduit dans l'édition originale mais coupée de la version reliée. Relire le texte de Connell est aujourd'hui précieux, car on y retrouve cette dimension sulfureuse, taboue, de l'évocation d'une chasse à l'homme par ce comte d'apparence somme toute débonnaire.

    Un long texte de Michel Caen fait suite à la nouvelle, essayant tout à la fois de "donner à lire" le film, tout en évoquant les implications philosophiques, et autres envers du décor du film. Grands amateurs de la revue Star Ciné Cosmos, qui consiste en un "ciné-roman" du film et aligne plusieurs centaines de photogrammes légendés d'un film à chaque parution, les joyeux bougres de MMF en donnent leur version forcément plus modeste ; 30 photogrammes (dont certains disponibles en version HD dans l'édition reliée Rouge Profond) racontent cette histoire courte. Dans l'intervalle, le numéro formule un bel hommage au regretté Ray Harryhausen, à ses créatures et évidemment, aux rejetons de Kong, qui furent aussi nombreux que médiocres : Mighty Joe Young (Shoedsack, 1949), Konga (John Lemont, 1961)...C'est l'occasion pour donner à nos yeux ravis de magnifiques visuels issus du Septième voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958). 

    La filmographie de Ernest Shoedsack est abordée, nous offrant des pages de splendides photos de production de Docteur Cyclope (1940). On gagne l'affiche en couleur dans la version reliée, car à l'origine la revue paraissait intégralement en noir et blanc. Fidèle à la volonté encyclopédique du titre, des filmographies très largement commentées et remplies de renseignements d'une précision chirurgicale (cinéma qui diffusait le film, quelle version, combien de temps...) sont présentées.

    L'HorrorScope est de retour, rassemblant les critiques de films sortis contemporainement de la revue. Notons un papier ô combien précis sur l'intriguant Le rayon de la mort (Kuleshov, 1925), film rare que Jacques Champreux décrit dans ses moindres détails. Jean-Paul Torok m'a fait hurler de rire avec sa critique de Maciste en enfer, titrée "Le Maciste ne passera pas", et dont voici une ligne bien sentie :

    "Tous les Maciste que j'ai pu voir sont exécrables, hideux plastiquement et moralement. Ce sont des sous-produits bâclés de la série des Hercule, des combats de catch de sous-préfecture".

    On retrouve aussi les références aux films préférés de la bande, au premier rang desquels l'indéboulonnable Masque d'or (Charles Brabin, 1932), mais on remarqué également la présence par au moins de deux mentions du Voyeur (1960), le chef-d’œuvre sadique de Michael Powell. Bref, une livraison anthologique comme on en prend l'habitude. Plus qu'à attendre la livraison du tome 2 de l'anthologie (comprenant les numéros 7 à 11 de la revue, plus un DVD rempli comme un oeuf ainsi que des textes inédits ; à priori, c'est pour le 21 octobre ! Pour en savoir plus, midiminuitfantastique.com