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17.08.2015

Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°4-5

20466881988_1ab2dac508_m.jpgEn janvier 1963, les joyeux drilles de la revue Midi-Minuit Fantastique proposent une nouvelle livraison, que dis-je, une double ration de leur titre : il porte le numéro 4-5.
Après celui consacré à King Kong, c'est le deuxième numéro -sur 3 consécutifs- à proposer un focus sur un film majeur du cinéma idéal de la bande à Caen : c'est au tour de Dracula (Tod Browning, 1931) d'y passer. Pour l'occasion, c'est Tony Faire qui est à l’œuvre sur la grande majorité du numéro, avec un dossier parmi les plus fouillés depuis les début de la revue. Pour cause, Tony Faire sortait au même moment un livre sur Dracula, toujours chez Le terrain vague, la maison d'édition d'Eric Losfeld qui publiait également MMF. On souligne qu'à l'origine, l'article publié dans ce numéro de MMF ne faisait que 2 pages ; le sommaire du numéro a été modifié pour sa parution en intégrale chez Rouge Profond. Explications : ce numéro double comprenait à l'origine le roman Dracula de Bram Stoker, dans une version partielle mais néanmoins importante, très rare à l'époque. Le roman étant facilement accessible aujourd'hui, cette partie a disparue. Conséquence amusante : ce numéro double est aujourd'hui le numéro le plus court du recueil. Pour remplacer le nombre de pages ainsi dégagé, Stanzic et Caen ont eu la lumineuse idée de proposer une version longue de l'article de Faire. Véritable version expurgée ou composée d'extraits du travail de Faire issu de son livre, nous ne le savons pas.

Dans ce véritable dossier, pièce d'orfèvrerie autant du point de vue littéraire que du travail de recherche, Faire étudie les rapports entre le mythe vampirique de Dracula, le livre de Stoker, la pièce de théâtre de Balderston et Deane et le film de Browning. Tel un archéologue, il visite chaque strate pour en discerner les similitudes, les nouveautés, les images universelles. Une lecture totalement éclairante sur le mythe et sur les influences de Stoker. L'iconographie est aussi remarquable. Couvertures des premières éditions du livre, affiches de la pièce, photogrammes (assez rares pour ne pas avoir été retrouvés en meilleure qualité qu'à l'origine lors du "lifting HD" des illustrations)... Elle est complété par une filmographie forcément partielle aujourd'hui, mais qui montre bien la volonté de l'équipe de proposer pour l'époque le numéro définitif sur le personnage.
La cerise sur le gâteau ? La lettre du regretté Christopher Lee adressée à la revue, où il se confie sur son implication dans le rôle de Dracula, et fait part à plusieurs reprises de sa volonté de reprendre le rôle, si on le lui demandait.

Par contre, à la différence des précédents numéros, nulle trace ici des rubriques dites d'actualités, constituées des critiques de films ou de livres sortis alors, toujours intéressants pour resituer ces films dans leur contexte. La saga des films fondateurs continuera dans le numéro suivant de MMF, consacré au Chasses du Comte Zaroff...

24.07.2015

Les gardiens de la galaxie (2014)

Un film de James Gunn

GOTG-poster.jpgComment rendre un film de super-héros inconnus pour le plus grand nombre si tendance ? De nombreuses réponses peuvent être apportées, mais je pencherais pour, premièrement, une écriture qui manie l'humour comme une seconde nature, et ensuite, une bande originale imparable à base de musique pop des années 70 (on va y revenir).

Oui, Les gardiens de la galaxie est ce que Marvel a fait de mieux depuis... le premier Iron Man (6 ans d'âge tout de même). La firme a eu l'intelligence de laisser les rênes à James Gunn, très au fait des films de super-héros, comme en témoigne son Super plus subtil qu'il n'en a l'air. Le coup de la bande son pop, qui parcoure tout le film au point d'en faire oublier le score (un peu faible à part le thème) de Tyler Bates, rend ces péripéties aux confins de la galaxie bien plus proches et "accessibles", et soude aussi le couple Peter Quill / Gamora.

Les guest vocaux de Bradley Cooper (Rocket) et Vin Diesel (Groot) en disent long sur l'importance du dialogue et de leur dimension comique. Cooper transmet la vivacité et l'intelligence de Rocket, en même temps que son amour de la déconne, très humain ; dans le même temps, Diesel répète inlassablement les mêmes trois mots, I am Groot, mais leur intonation respective signale clairement l'intention. Un esprit potache de franche camaraderie est peu être ce qui reste le plus longtemps après la vision du film.

Si, au départ, le film semble déconnecté du Marvelverse cinématographique (aucun Avenger ne vient faire un caméo, la séquence post-générique ose même ramener Howard The Duck), il se paye tout de même le culot d'offrir sa première scène importante à Thanos -seulement entrevu à la toute fin d'Avengers-, un des plus grands super-vilains de la firme. Sans en avoir l'air, Les gardiens de la galaxie est un des piliers de l'univers cinématographique Marvel, et l'on est bien content de savoir que, dès le générique de fin du film, "The guardians of the Galaxy will return" !

PS : Groot est énorme.

22.07.2015

Terminator (1984)

Un film de James Cameron

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A l'heure du retour inattendu du célèbre T-800, replongeons-nous quelques instants sur le Terminator originel. A l'époque, James Cameron est un inconnu. A peine a-t-il signé Piranha 2, dont on estime qu'il a réalisé un quart du métrage, partiellement tourné et intégralement monté sans son approbation.

Terminator lui vient d'une véritable vision : son idée provient d'un cauchemar où un squelette mécanique pourchasse une jeune femme dans les flammes. Cette vision, Cameron veut la concrétiser coûte que coûte sur grand écran ; il va compenser un petit budget (environ 6,4 millions de dollar) par une énergie sans bornes. Regarder le film aujourd'hui ne fait que mettre encore plus en évidence sa vitalité, un enchaînement de plans virtuoses, racés et nerveux, emplis d'une rare force évocatrice. L'arrivée du T-800 sur Terre, sa recherche implacable des multiples Sarah Connor du botin, son auto-opération dans la pénombre d'une chambre de motel miteuse, ou encore sa confrontation finale avec Sarah Connor, réduit à l'état d'un squelette en métal aux orbites rougeoyants...

Imprimant des images durables dans les esprits des jeunes des années 80, le film est aussi un modèle d'efficacité dans son scénario, à base de voyage temporel, courses poursuites, puis, cette idée extrêmement romantique d'un combattant (Kyle Reese - Michael Biehn) qui se porte volontaire pour une mission-suicide sans retour possible parce qu'il est tombé amoureux d'une femme qu'il ne connaît qu'en photo...

Schwarzy, qui a auparavant été Conan, et plus tard Dutch dans Predator ou inénarrable John Matrix dans Commando, est fait pour être ce super-cyborg invincible. Son physique olympien , ainsi que son travail sur l'aspect systématique de ses mouvement -le fameux balayage facial du Terminator- montre sa totale adéquation avec le rôle. Le T-800, quasiment muet, ménage également le fort accent autrichien du Monsieur Univers.

Puis, il y a Sarah Connor. Même si, dans le premier film, elle n'est pas encore l'incarnation suprême de la femme forte du deuxième opus, mais sa détermination à ne pas lâcher prise face à cette menace incroyable est là ; son personnage est touchant, dans l'amour qu'elle accorde rapidement à son visiteur du futur... Les points d'ancrage du cinéma n'arrivent pas par hasard. Si le Hollywood d'aujourd'hui, en cruel manque d'inspiration et en recherche perpétuelle de records et d'argent, mise encore sur Terminator, c'est parce que cette incarnation d'un méchant fantastique du cinéma (devenu gentil...) a touché une face de notre inconscient collectif. Une machine humaine, le spectre d'une futur qui, malgré tout, n'est pas encore sur nous.. Will he be back (again) ?

Pour accompagner la sortie du nouveau film, Mad Movies se fend de son premier hors-série estampillé "Classic" sur la saga Terminator : lecture conseillée ! Pour ceux qui sont plus fortunés et/ ou veulent plus d'infos, vous pouvez également vous diriger vers Terminator - anatomie d'un mythe, chez Huggin & Muggin, plein de petits goodies sympas.

24.05.2015

Steadyzine #5 spécial 70's !

steady.jpgIl y a quelques mois, Chris du Steadyblog me sollicitait, ainsi que d'autres bloggeurs, pour contribuer à la nouvelle livraison de son Steadyzine ; après les années 80, ce sont les fantastiques années 70 qui sont à l'honneur dans ce numéro gargantuesque : 96 pages tout en couleurs, et tout ce qui fait le sel de cette décennie : justice expéditive, film catastrophe, giallo, post-apo (Mad Max inside !), Bébel et Delon, Lee Marvin, la crème des séries vintage (Man from Atlantis, Cosmos 1999, Galactica...), ; ils sont -presque- tous présents, et plus encore !

Sans oublier l'exceptionnelle maquette que l'ami Chris a pondu pour l'occasion : pas de mots, elle est tout simplement sublime. Ma contribution est constituée d'articles précédemment publiés sur le blog, revus et corrigés par votre serviteur. Vous avez envie de voir et lire tout ce que contient ce petit bijou ? La meilleure, c'est qu'il est gratuit : ça se passe par là !

Merci à Chris pour ce beau cadeau.

17.05.2015

Whiplash (2014)

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Un film de Damien Chazelle

Whiplash, c'est un peu Full Metal Jacket où un orchestre de jazz aurait remplacé la guerre du Viêt-Nam ; le sergent-instructeur est toujours là, lui, et a pris l'apparence de J.K. Simmons (Oz, Spider-Man).

Il fallait un jeune premier musicien pour le rôle du batteur Andrew Neyman ; en l'état, le choix de Miles Teller (The Spectacular Now, Divergente, prochainement Les 4 fantastiques) tient de l'évidence. Sa performance saisit l'effort jusqu'aux limites du corps, la course effrénée vers l'excellence du très haut niveau. En face de lui, J.K. Simmons est démoniaque, la plupart du temps imbuvable, parfois doux comme un père... Il dirige sa formation musicale comme une armée de petits soldats surentraînés, dans laquelle la moindre faiblesse est fatale. Les scènes instantanément marquantes de la fausse note ou du tempo impossible illustrent avec dureté le niveau d'exigence stratosphérique du chef d'orchestre. Pour répondre à cette exigence, Neyman ira lui aussi très loin, sacrifiant tout sur l'autel de sa passion : sa famille, sa petite amie, sa santé...

Le rapport avec la famille, décalée culturellement, est poignant, notamment dans la scène du dîner : Neyman éclate devant le manque de considération qu'on lui témoigne, dans un élan d'orgueil tant excessif que nécessaire. Toute cela... Pour quoi ? L'expression du pur talent musical, dont nous avons une démonstration définitive à la fin du film, qui a la bonne idée d'aller jusqu'au bout du propos tout en inversant les rapports de force. En l'état, il rappelle la plan final de Billy Elliot, qui, bien que trop elliptique, capturait tout autant un instant de perfection, d'achèvement artistique total.

En montrant à la fois toute l'étendue des sacrifices nécessaires à l'accession de la maîtrise totale de l'instrument, et la grâce qui en résulte, Whiplash est un film exemplaire et l'un des meilleurs témoignages de l'excellence musicale à l'écran.