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Alien : Covenant (2017)

Un film de Ridley Scott

Prometheus, malgré ses gros défauts, était un film fascinant qui explorait d'une façon inédite les origines de la saga Alien, en voulant répondre à la question : d'où vient le Space Jockey ?, cette créature immense trônant au milieu de la grande salle du vaisseau alien dans le premier film. En voulant remonter le fil encore plus loin et traiter cette fois de l'origine des aliens, cet opus s'avère tout simplement catastrophique. Chronique désabusée d'un mythe fondateur de la SF moderne qui plonge à pic vers une médiocrité... abyssale.

On avait quitté Elizabeth Shaw et David, voguant vers la planète des Ingénieurs à la découverte de l'origine de la vie... et on se retrouve au début de Alien : Covenant , 10 ans plus tard, avec des colons de l'espace à la recherche d'une nouvelle Terre. Pourquoi pas ? Le lien s'opère avec Walter (Michael Fassbender), androïde dernière génération, mise à jour du modèle David vu dans Prometheus. Ce personnage, omniprésent, fonde également l'échec du film, tant l'affrontement à la Jekyll et Hyde avec son frère androïde manque de finesse. Dès la scène d'ouverture, avec une conversation entre David et M. Weyland, son créateur, le ridicule guette : une SF guindée où tout est immaculé (l'inverse donc du premier Alien qui nous montrait avec force détails la carlingue toute rouillée du Nostromo), qui enferme les personnages dans des postures concept (le cyborg trop humain, le démiurge consumé par ses rêves).

Tous les personnages nous semblent manquer de profondeur ; l'empathie ne peut pas se développer, d'autant plus que la plupart de ces explorateurs, semble-il aguerris, prennent des décisions plus stupides les unes que les autres : se poser sur une planète inconnue alors que 10 ans de recherches ont désigné une autre terre parfaitement viable ; s'aventurer dans un environnement dont ils ne savent rien, suivre aveuglément un homme dont ils ne savent rien, alors qu'une sonde ou un drone aurait pu faire des relevés similaire... Tout concourt à pousser les personnages dans les griffes de ces affreuses bestioles, quitte à défier le bon sens le plus élémentaire. Cette suspension d'incrédulité, qu'un film sur des mondes futuristes et des créatures fantastiques doit avoir chevillée au corps, est tout bonnement mise au rebus. Comment espérer, dès lors, nous faire adhérer à cette histoire ?

En plus de ne pas avoir inventé l'eau chaude, les personnages sont mis dans des situations dignes d'un slasher lambda du samedi soir : la scène chaude sous la douche, perturbée par la fameuse créature en est le parfait exemple. Le ridicule touche des sommets avec la scène dite "de la flûte", où connotations sexuelles et exercices digitaux prêtent à rire... évidemment aux dépens du film.

Ça fait quelques années que Ridley alterne le bon (Kindgom of Heaven, Seul sur Mars) et le plus oubliable (Exodus - Gods and Kings, Robin des Bois), mais il ne s'est jamais autant fourvoyé que dans ce film ; la mise en scène est quelconque, sans relief ; on veut tout oublier dès que les lumières se rallument.

Alors oui, le production design est là, de qualité, mais comment s'en contenter ? Le film livre un hommage appuyé à l'art de HR Giger, créateur de l'Alien (dans la séquence du cabinet de curiosité de David). Mais cela ne peut effacer, ni même relativiser, l'immensité de la débâcle ; un twist final éculé signe l'arrêt de mort créatif de cette saga fondatrice...

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