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60's

  • Terreur et glamour : montée de déclin du studio Hammer (2017)

    Un documentaire de Jérôme Korkikian

    A l'occasion de la programmation d'Arte consacrée au Royaume-Unis en cet été 2017 (Summer of Fish n' Chips), la Hammer Film, la firme spécialisée dans les films de monstres que nous aimons tant, est célébrée à sa juste valeur : un tout nouveau documentaire, riche en interviews récentes d'invités de marque, et en extraits rares, est une bonne opportunité pour se replonger dans l'histoire de ce studio aux films gothiques constellés de sexe et de sang !

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  • La chambre des tortures (1961)

    Un film de Roger Corman

    Le succès couronna La chute de la maison Usher (Corman, 1960) ; les producteurs d'American International Pictures ne traînèrent pas pour demander à Corman un autre film inspiré d'Edgar Allan Poe, sans pour l'instant conceptualiser une véritable série. C'est The Pit and the Pendulum qui fut choisi : le film constitue une des plus belles pages du cycle en formation.

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  • Ciné d'Asie : La diablesse aux mille visages (1969)

    Un film de Chung chang-Wha

    22474933077_a253d7e81f_z.jpgQuelques années avant le succès planétaire de La main de fer, le réalisateur coréen Chun Chang-Wha réalise pour le compte de la Shaw Brothers cette comédie d'action érotisante qu'est La diablesse aux mille visages. S'inspirant ouvertement des Fantômas de Hunnebelle pour le personnage principal et la trame narrative, puis des James Bond pour le visuel riche et grandiloquent, le réalisateur signe une bande pop en diable, dignement épaulée par une partition jazzy.

    Repaire souterrain, jeunes filles affriolantes, fumigènes colorés, torture électrique et riches hommes d'affaires se prélassant de spectacles  sexy dans des salons chics, tout convoque une certaine esthétique du plaisir et de la légèreté, à contre-courant des films de kung-fu aux personnages torturés que nous livrent d'habitude la Shaw. La même année sort d'ailleurs Le bras de la vengeance, suite au One-armed Swordsman de Jimmy Wang-Yu, où transparaît déjà l'ambiance serial (gadgets, surenchère sanglante). A notre connaissance, La diablesse aux mille visages montre pour la première fois chez la Shaw un aspect sexy assumé (gros plans sur petite culottes et soutiens-gorges bien remplis à la clé), qui sera plus tard prégnant dans le magnifique Intimate Confessions of a Chinese Courtesan (1972), du maître Chu Yuan.

    Totalisant une petite heure et seize minutes au compteur, La diablesse aux mille visages est donc un film atypique du studio, où la légèreté est le maître mot. Deux policiers fripons tirent le film vers la comédie et clôturent d'ailleurs le métrage sur une note hédoniste et coquine.

    Le montage, serré, donne aux séquences d'action une dynamique appropriée. Les quiproquos induits par les changements de tête de la diablesse sont bien amenés (la journaliste éprise de son homme deviendra ainsi le témoin, par écran interposé, de la tromperie involontaire de celui-ci, qui croit pourtant faire l'amour avec sa promise...). Pour déjouer cette erreur, l'homme trouvera un mode de détection infaillible ! Les femmes fortes ont le dessus dans cette aventure fantaisiste, où elles n'hésitent pas à faire usage de leur don inné pour le combat rapproché.

    Quelle bonne idée de la part d'Arte de diffuser en novembre cette petite perle psychédélique : si vous aimez les spectacles colorés, funky et un brin parodiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

    La page dédié au film sur Arte

    Disponibilité vidéo : DVD - éditeur : Wild Side Video

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  • Dracula et les femmes (1968)

    Un film de Freddie Francis

    22546235616_f6743d1804.jpgLe film, première co-production entre la Hammer Films et Warner Bros. / Seven Arts, est sorti récemment sur support blu-ray en France, accompagné de sa suite directe, Une messe pour Dracula : c'est l'occasion de revenir sur ce Dracula et les femmes. Véritable troisième épisode de la saga Dracula par la Hammer Films -on exclut le mensonger bien qu'excellent Les maîtresses de Dracula, dans lequel le comte n'apparaît pas, au profit d'un autre vampire, le baron Meinster-, Dracula has risen from the grave devait également être réalisé par le grand cinéaste maison, Terence Fisher. Étant immobilisé après un accident de la route, c'est Freddie Francis, chef-opérateur de talent (Les innocents, Jack Clayton, 1960) également réalisateur, qui prend les rênes du projet. Un épisode délicat, car pré-vendu aux financeurs sur la présence de Christopher Lee, lequel n'était pas au courant. Soucieux de ne pas être catalogué, il accepta tout de même, à contrecœur et après d'âpres négociations, ce nouveau film, pour lequel il a des mots durs :

    "Je n'ai pas osé [le] regarder tant je suis convaincu que c'est une œuvre médiocre. [...] [Le film] a été tourné avec une absence complète de style, de goût ou de qualité de production."
    Christopher Lee Club Bulletin, février 1969

    Même si le film n'est pas, loin s'en faut, le meilleur de la Hammer, on ne peut s'empêcher de sauver quelques éléments intéressants dans cette suite : une année s'est écoulée depuis le précédent Dracula, prince des ténèbres. Le mordant comte, souvenez-vous, avait fini emprisonné dans l'eau glacée d'un torrent gelé. La scène d'introduction montre pourtant la découverte d'une plantureuse morte coincée dans la cloche d'une église, deux points rougeoyants ornant son cou. Situation très étrange d'ailleurs, car plus tard, on retrouve Dracula piégé dans la glace et ranimé par quelques gouttes de sang... La projection de l'esprit démoniaque de Dracula suffit-il à vampiriser ses victimes ? Mystère... Il faut savoir que la présence du comte sanglant était souvent ajouté a posteriori de la rédaction du scénario, et l'on voit là, à mon avis, une des énormes incohérences produites par ce fonctionnement. Le film montre par contre d'autres sujet de contentement, comme celui de faire d'un prêtre un serviteur de Dracula.

    Complètement muet dans Dracula, prince des ténèbres, Lee retrouve ici un peu la parole, pour quelques tirades bien senties. Il est également fort peu présent à l'écran, mais chacune des ses apparitions sont marquantes, notamment dans les fabuleux décors sur les toits de la ville, qui sont le théâtre de nombreuses déambulations nocturnes. La raison de ses sanglantes exactions est, disons-le, risible : remarquant à son retour que son château, exorcisé et aux portes barrées d'une croix chrétienne, lui est inaccessible, il réclame vengeance et tuera les responsables. Dracula dans un revenge movie, franchement ?

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    Christopher Lee et Veronica Carlson

    Le titre français du film, bien différents de l'original, met l'accent sur les atouts physiques du métrage, notamment en la personne de la généreuse Veronica Carlson, Hammer Girl dont c'est le premier film pour la firme. A ses côtés, la jolie barmaid Zena (Barbara Ewing) fait également partie du package sexy de la Hammer, même si elle a dû pour cela opérer un rembourrage généreux pour garnir son costume.

    La trame principale est très décevante, se concentrant sur l'histoire d'amour entre Paul, athée et serveur dans une taverne, et Maria, belle-fille de Monseigneur Muller. Elle n'est sauvée que par la sophistication visuelle de l'ensemble, qui se résument les décors de Bernard Robinson et la photo de Arthur Grant (un peu d'abus de la machine à fumée, toutefois !) ; notamment, les filtres colorés apposés sur les apparitions du vampire donnent à ces moments une note onirique bienvenue. Un plaisir visuel qui aurait pu être décuplé par une meilleur scénario...

    La Hammer est à un tournant de son histoire, misant désormais plus sur le côté érotique et sanglant de son cinéma ; pour promouvoir Dracula et les femmes, les publicistes s'essayent à l'humour, dimension totalement étrangère à la Hammer... Aussi étonnant que cela puisse paraître, cet opus mineur fut le plus grand succès de la firme !

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray - éditeur : Warner Home Video France

    Sources bibliographiques :

    The Hammer Story / Marcus Hearn, Alan Barnes, 2007
    L'antre de la Hammer / Marcus Hearn, 2012
    Les Dracula de la Hammer Films, in Fantastyka n°11

    D'autres critiques du film :

    Devildead
    DVDClassik

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray - éditeur : Warner Home Video

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  • Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°3

    16637496345_a4debe9488_m.jpgOctobre 1962. Le troisième numéro de la première revue traitant le genre fantastique avec le sérieux qui lui est d'habitude refusé à l'époque, est anthologique à bien des égards ; d'abord, par son nombre de pages et d'illustrations. 130 pages parsemées d'une quantité astronomique de visuels, tous reliés de près ou de loin à la thématique de ce numéro : King Kong, le film d'aventure séminal de Schoedsack et Cooper. Des photos des trucages de Willis O'Brien, qui avait été très peu diffusé à l'époque de la sortie du film, des planches de visuels promotionnels à destination des cinémas ("Comment faire votre publicité pour King Kong", "hallucinantes statistiques", King Kong porte-bonheur", "un record"...). On est pas loin de penser que tout ce qui avait pu faire surface, en terme de photographies, gravures, dessins, à propos du film, est utilisé dans cette livraison. Les "rencontres" chères à la revue, qui mettent en regard deux oeuvres différentes pour en établir les similitudes, sont très pertinentes ici, notamment dans les ressemblances flagrantes entre le récit de King Kong et celui de Jonathan Swift pour Les voyages de Gulliver. La comparaison entre les dessins de production de Willis O'Brien et les prises effectivement filmées est étonnante, l'une reproduisant l'autre à l'identique.

    L'équipe de la revue, dépassant le visuel, se permet de rétablir la vérité sur certaines explications de trucages erronées, visant notamment l'ancestral journal L'Illustration, démontrant par A+B l'absurdité des thèses avancées. Films préhistoriques, comics (Mandrake, Wonder Woman), critiques de films du moment font le reste de la revue, au contenu gargantuesque. On se plaît à lire la critique du très sympathique Moulin de Supplices (Giorgio Ferroni, 1960), et on rêve de découvrir L'antilope d'or, film d'animation russe réalisé en 1954 par Lev Amanatov. Feuilleter le numéro est, comme pour les autres, cette porte ouverte vers un passé ouvertement lointain et pourtant d'une modernité sans pareille, la qualité des écrits et le rêve éveillé permis par les images ne trouvant aucune comparaison aujourd'hui. Ceux qui ont permis la redécouverte de ces trésors de l'histoire du cinéma se fendent même d'un complément inédit avec la partie intitulée L'entracte du Midi-Minuit, composé d'un portfolio de la généreuse Marie Devereux et d'un entretien avec Fellini : extraordinaire, on vous dit !