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Terreur et glamour : montée et déclin du studio Hammer (2017)

Un documentaire de Jérôme Korkikian

A l'occasion de la programmation d'Arte consacrée au Royaume-Unis en cet été 2017 (Summer of Fish n' Chips), la Hammer Film, la firme spécialisée dans les films de monstres que nous aimons tant, est célébrée à sa juste valeur : un tout nouveau documentaire, riche en interviews récentes d'invités de marque, et en extraits rares, est une bonne opportunité pour se replonger dans l'histoire de ce studio aux films gothiques constellés de sexe et de sang !

Pendant une petite heure, Terreur et glamour... brosse l'histoire atypique de ce petit studio, qui choisit pour se démarquer de la concurrence (et de la télévision) l'angle de la science-fiction d'abord (Le monstre / Quatermass Xperiment, Val Guest, 1955), puis du fantastique gothique ensuite, remettant au goût du jour, couleur et érotisme compris, le panthéon des monstres de la Universal : Frankenstein (Frankenstein s'est échappé, 1957, Dracula (Le cauchemar de Dracula, 1958) ou la momie (La malédiction des pharaons, 1959), tous dirigés par le talentueux Terence Fisher. Contrairement aux autres studios qui faisaient tout pour policer leurs récits filmés et ainsi passer l'étape de la censure, la Hammer revendique le classement X (interdit aux moins de 16 ans, auparavant réservé aux films coquins) dont elle fait un argument de vente.

Les nombreux intervenants soulignent l'effet incroyable véhiculé par certains grands moments de cinéma made in Hammer : Christopher Lee dévoilant son visage rapiécé dans Frankenstein..., la fusée plantée dans le décor du Monstre, etc. Ils montrent également bien le rejet global de la critique envers ces films déviants (les journalistes de Midi-Minuit Fantastique sont bien seuls dans les années 60 à les apprécier), le succès public très important, puis le coup de vieux porté à ces histoires romantiques et horrifiques en costumes par Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) ou L'exorciste (William Friedkin, 1973). Dans le lot, on pourrait clairement ajouter Le voyeur (Michael Powell, 1960) ou encore Rosemary's Baby (Roman Polanski, 1968), plus réalistes et modernes dans leur représentation de l'horreur.

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une fusée s'écrase, un destin commence : Le monstre / The Quatermass Xperiment

Dans la pente descendante de la Hammer, au cours des années 70, le documentaire revient tout de même assez longuement sur Capitaine Kronos, tueur de vampires grâce à des entretiens récents avec les acteurs Horst Janson (Kronos) et Caroline Munro, la jolie Carla du film. D'un autre côté, on y parle assez peu des Hammer Girls, ces jolies jeunes femmes castées spécialement pour leurs généreux attributs et leur joli minois.

Les segments les plus intéressants du documentaire sont les interviews vintage de Chritopher Lee, détaillant dans un français impeccable le masque renouvelé du monstre de Frankenstein, ou sa façon d'interpréter le comte Dracula. 

On passera sur certaines erreurs ou approximations : résumer 25 ans de films Hammer est une gageure sur un temps si court. Pourtant, grâce à des intervenants de grande qualité -notamment Marcus Hearn, l'historien officiel de la firme, mais aussi John Carpenter, Dario Argento ou Joann Sfar- et des images d'archives peu vues (Peter Cushing au maquillage), le défi est relevé avec brio.

Un doc à (re)voir en replay sur Arte+7 jusqu'au 4 septembre

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