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28/09/2015

Star Trek III : à la recherche de Spock (1984)

Un film de Leonard Nimoy

Star-Trek-III-The-Search-For-Spock-poster.jpgStar Trek II : la colère de Khan est un succès mondial (enfin, sauf en France, comme d'habitude). Tant est si bien que très peu de temps après sa sortie au cinéma, le producteur Harve Bennett a le feu vert pour plancher sur la suite. Souvenez-vous : à la fin de Star Trek II, un suspense insoutenable : l'icône Spock meurt, se sacrifiant pour la survie de l'équipage de l'Enterprise. Leonard Nimoy, ayant repris goût à ce personnage qui a fait sa renommée, souhaite être partie prenante de cette suite dont il sera le sujet principal : très tôt, Harve Bennett décide en effet que le fil conducteur du film sera la résurrection de Spock. Autre héritage du film précédent : la création de la planète Genesis, grâce à un appareil de terraformation. Cette planète, sur laquelle est envoyé le sarcophage contenant la dépouille de Spock, est au centre de l'intrigue : sa réalisation est imparfaite, et son sursis sera de courte durée. Nimoy souhaite également inclure les klingons, adversaires historiques de Starfleet, dans l'affaire.

Si la majeure partie du film découle directement du précédent, il y a quelques nouveautés : Kirstie Alley ne reprend pas son rôle, étant vraisemblablement trop gourmande question salaire. L'actrice Robin Curtis reprend le flambeau jusqu'à l'épisode suivant, Retour sur Terre (Leonard Nimoy, 1986). De même, cet opus marque le retour de Sarek, le père de Spock, interprété par Mark Lenard, comme dans la série d'origine. Les moeurs vulcaines prennent une importance considérables dans cet épisode, légitimant encore plus Nimoy, devenu un des plus grand "vulcanologues" (dixit Harve Bennett). Pour autant, le changement d'acteur à réalisateur ne plurent pas à tout le monde, et Nimoy fut mis à l'épreuve par ses compagnons de route. William Shatner n'en est pas revenu, proclamant à qui veut l'entendre que tout ce que sait Nimoy en matière de mise en scène, il le lui doit... Shatner profitera d'ailleurs de la renégociation de son contrat pour l'épisode IV pour exiger le poste de réalisateur pour le futur Star Trek V (pour rappel, le pire des épisodes, et de loin, de toute la saga).

Autre affaire à suivre, la destinée du fils de James Kirk, David : Les fils sont tissés, restent à en faire un bel ouvrage. L'arc narratif principal, en dépit de sa richesse pour la mythologie de la saga, est tout de même assez faible et met un bon moment pour se conclure, même s'il est l'occasion de l'équipage historique de l'Enterprise de constituer une galerie de renégats bougrement sympathiques. On joue toujours la carte des vieux qui en ont toujours sous la semelle, contre des jeunes qui ne semblent pas avoir le même esprit de combativité. A noter, le vaisseau Pour cela, les effets spéciaux, conçus par ILM pour la seconde fois de l'histoire de la saga, sont de très belle facture. Le vaisseau Excelsior, censé succéder au vieillissant Enterprise, est réussi, tout comme les poursuites spatiales et la destruction de vaisseaux qui conclue le film.

Finalement, et même si Christopher Lloyd est bon dans toute la démesure d'un chef klingon, Star Trek III est beaucoup plus porté sur la mystique que sur l'action et les prouesses spatiales : l'esprit de Spock investissant Bones, le rituel du jeune vulcain sur la planète Genesis, enfin le retour de l'esprit de Spock dans son corps. Véritable centre d'une trilogie non préméditée, Star Trek III, premièe réalisation de Nimoy, est un Star Trek dans la bonne moyenne, mais brille plus dans ses séquences d'introspection que d'action.

25/09/2015

Howard The Duck, une nouvelle race de héros (1986)

Un film de Willard Huyck

21089395714_dec54db671_n.jpgDécouvrir aujourd'hui ce Howard The Duck, honni par son producteur George Lucas, (21 millions de dollars de perte, tout de même) et précédé d'une réputation peu flatteuse, est intéressant à plus d'un titre. Car non, les effets spéciaux de l'époque ne sont pas désastreux (ILM oblige) ; mais oui, le film est carrément bancal et pourrait très bien s'arrêter au bout d'une heure alors qu'il dure plus du double ; re-oui, les acteurs surjouent (Lea Thomson, Lauren McFly dans Retour vers le futur, mais aussi un Tim Robbins jeunot un poil trop enthousiaste, ainsi que Jeffrey Jones) mais c'est plutôt dans le ton du reste ; par contre, la performance d'Howard et de ses multiples alter-ego (un jeune garçon de 12 ans, Ed Gale, une cascadeuse...) est à saluer. Sa voix et sa gestuelle en font un personnage entier auquel on s'attache tout de suite, et dont la gouaille n'est pas vraiment tout public.

On comprend que le film fut sûrement difficile à caser, pas vraiment un film pour adultes (Howard The Duck aurait peut-être du être un film d'animation), ni pour enfants : les multiples allusions sexuelles -même les cannes ont des seins !- culminent ainsi dans une presque-scène de sexe entre Howard et une Lea Thompson fort peu vêtue.

Lea Thompson est craquante, et même si Howard reste à tout jamais un ratage, son échec en fait plutôt un film drôle, en plus d'être fondamentalement étonnant sur plan des effets : la seigneur de ténèbres notamment, une créature animée image par image par le grand Phil Tippett, est une franche réussite. De même, la combinaison en animatronique, pilotée par une petite armée d'animateur, impose le respect. Qui sait, avec la scène post-générique des Gardiens de la Galaxie, on va peut-être revoir Howard plus tôt qu'on ne le pense...

24/07/2015

Les gardiens de la galaxie (2014)

Un film de James Gunn

GOTG-poster.jpgComment rendre un film de super-héros inconnus pour le plus grand nombre si tendance ? De nombreuses réponses peuvent être apportées, mais je pencherais pour, premièrement, une écriture qui manie l'humour comme une seconde nature, et ensuite, une bande originale imparable à base de musique pop des années 70 (on va y revenir).

Oui, Les gardiens de la galaxie est ce que Marvel a fait de mieux depuis... le premier Iron Man (6 ans d'âge tout de même). La firme a eu l'intelligence de laisser les rênes à James Gunn, très au fait des films de super-héros, comme en témoigne son Super plus subtil qu'il n'en a l'air. Le coup de la bande son pop, qui parcoure tout le film au point d'en faire oublier le score (un peu faible à part le thème) de Tyler Bates, rend ces péripéties aux confins de la galaxie bien plus proches et "accessibles", et soude aussi le couple Peter Quill / Gamora.

Les guest vocaux de Bradley Cooper (Rocket) et Vin Diesel (Groot) en disent long sur l'importance du dialogue et de leur dimension comique. Cooper transmet la vivacité et l'intelligence de Rocket, en même temps que son amour de la déconne, très humain ; dans le même temps, Diesel répète inlassablement les mêmes trois mots, I am Groot, mais leur intonation respective signale clairement l'intention. Un esprit potache de franche camaraderie est peu être ce qui reste le plus longtemps après la vision du film.

Si, au départ, le film semble déconnecté du Marvelverse cinématographique (aucun Avenger ne vient faire un caméo, la séquence post-générique ose même ramener Howard The Duck), il se paye tout de même le culot d'offrir sa première scène importante à Thanos -seulement entrevu à la toute fin d'Avengers-, un des plus grands super-vilains de la firme. Sans en avoir l'air, Les gardiens de la galaxie est un des piliers de l'univers cinématographique Marvel, et l'on est bien content de savoir que, dès le générique de fin du film, "The guardians of the Galaxy will return" !

PS : Groot est énorme.

07/08/2014

Under the Skin (2014)

Un film de Jonathan Glazer

14664177810_f73ea238af_m.jpgTout d'abord, mille excuses aux internautes concernant cette longue pause : quelques semaines de vacances, ainsi qu'une panne internet de grande ampleur (toujours en cours) m'ont empêché de publier à mon rythme habituel. Malgré la panne, je peux tout de même vous proposer quelques petites choses en attendant...

Un réalisateur rare (pas de films depuis 10 ans), une star, une exclu (on voit Scarlet Johansson nue), voilà une recette qui sait attirer l'attention. Le film de Jonathan Glazer, clippeur renommé, est par moments expérimental (images en surimpressions, extrême économie de dialogues) et réussit l'exploit de faire paraître Scarlet normale. Certains passages sont également esthétiquement bluffants (le rituel d'attraction de Scarlet), et la séquence du freak malformé est très forte. Mais cela ne suffit pas : la prétention visuelle de l'ensemble, mêlé à une bande originale très arty (sonorités industrielles suscitant le malaise) n'a d'égale que l'extrême simplicité du propos (l'éveil d'une extra-terrestre aux sensations humaines).

Est-ce aussi simple que cela ? Peut-être pas. Mais le film, déjà pauvre en personnages, s'accompagne d'un homme totalement inutile (le motard, sensé "nettoyer" les exactions commises par l'extra-terrestre?) qui n'arrange rien à l'affaire.

Le film passe à deux doigts du ratage complet tellement le parcours des personnages a du mal à susciter l'intérêt. Certes, le film sort des sentiers battus : c'est un film de science-fiction à la sauce indépendant, racontant tout dans les moments « en creux », qui colle aux plus près de ses personnages, si peu intéressants qu'ils soient. Rallonger les séquences jusqu'à l'ennui n'est pas, à notre sens, une preuve de grand talent : Glazer aura tenté quelque chose de différent, et, hors de quelques trouvailles et ambiances réussies, se plante tout de même. Same player, try again !

14/05/2014

Hommage à HR Giger (1940-2014)

14182791934_f7b4774e4b_n.jpgL'artiste Hans Rudi Giger est décédé le 12 mai dernier. Il laisse notamment derrière lui une trace indélébile dans le cinéma de science-fiction et d'horreur, la créature d'Alien. La créature ne fut pas créée spécialement pour le film ; Giger avait déjà imaginée cette forme biomécanique pour illustrer son livre Necronomicon ; Ridley Scott, ayant eu connaissance de l'ouvrage, a totalement accroché avec le style de l'artiste, et a engagé Giger sur foi de ces images. Des images du Necronomicon furent également publiées en 1977 dans la revue Métal Hurlant n°21. S'il a participé à divers degrés aux autres films de la saga, son influence sur l'aspect visuel de Prometheus est prégnante, Ridley Scott ayant fait de nouveau appel à lui.

Mais Giger était aussi un artiste total, torturé et hanté par toutes sortes de cauchemars qu'il tente visiblement d'exorciser par ses créations, qui distillent toutes une sensation de malaise, en même temps qu'une forte connotation sexuelle. Le petit livre sorti chez Taschen, HR Giger Arh+, est déjà très complet pour avoir une vue globale du travail de l'artiste.

A tous ceux qui sont intéressés par le travail de Giger, je ne peux que recommander la visite du Musée Giger, qui se trouve dans le bourg de Gruyères, en Suisse (où l'on peut également déguster de savoureuses spécialités fromagères !). Le musée dans son entier a été créé par Giger, donc le mobilier, les motifs au sol, au mur et au plafond sont de l'artiste : une adresse imparable pour pénétrer dans l'esprit malade et fichtremment créatif de Giger, qui sonnait déjà comme une sorte de mausolée macabre de son vivant : le musée pourra jouer pleinement son rôle aujourd'hui.

Source image : Devanture du Musée Giger (détail) - collection personnelle de l'auteur.

08:20 Écrit par Raphaël dans Actus ciné/DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science fiction |  del.icio.us |  Facebook | |  Imprimer | |