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Jason et les Argonautes (1963)

Un film de Don Chaffey

1963. L'âge d'or du péplum appartient déjà au passé. Le géant Cléopâtre fait un four et faillit avoir la peau de la 20th Century Fox. Pourtant, une série B mythologique, forgée par le producteur Charles H. Schneer, le spécialiste des effets spéciaux Ray Harryhausen et le réalisateur Don Chaffey, va marquer les esprits. Le film a eu il y a quelques mois les honneurs d'une sortie Blu-ray en France, l'occasion de se plonger dans son processus de fabrication et sa réception.

Le projet émane de Harryhausen et Schneer quelques années auparavant. Harryhausen souhaite étendre sa gamme de créatures et trouve dans la mythologie un bestiaire foisonnant, à la mesure de son ambition.

Charles H. Shneer et Harryhausen choisissent la légende de Jason, un voyage à la rencontre de multiples monstres (les harpies, le massif Talos, l'Hydre, …) qui possède un objectif clair et empreint de magie. Jason, pour reprendre le trône au traître et meurtrier Péléas, entreprend, avec une équipe de valeureux compagnons, de partir à la recherche d'un artefact mythique aux confins du monde : la Toison d'Or, qui apportera paix et prospérité au peuple de Thessalie.

Comme à l'accoutumée, Ray Harryhausen s'adjoint les services de son père, Frederick, qui fabrique les armatures nécessaires, d'après les designs de Ray. Frederick Harryhausen met quatre mois à construire les ossatures métalliques, laissant à Ray quatre mois pour construire et peindre les les figurines avant de pouvoir passer à la phase de l'animation. Harryhausen réutilise la technique publicisée par la Columbia sous le terme Dynamation. Entre les scènes incluant les créatures mythologiques, les transparences et autres trucages optiques, le film est un festival d'effets en tout genres. Malgré une restauration 4K par les laboratoires de Sony en 2010, le procédé de fabrication des effets se traduit par une texture argentique épaisse, le film repassant plusieurs fois au tirage avec les caches et contre-caches qui permettent aux créatures d'intégrer les prises de vues réelles. La finesse d'animation de Harryhausen donne une âme à ces personnages d'argile, transcendant les limites techniques.

harryhausen, fantastique, 60's
Talos fait fuir Jason et ses compagnons d'aventure

Par la variété de ses situations et son rythme, Jason… est certainement le film le plus équilibré de Harryhausen, dans lequel ses créations s’accommodent le mieux avec le récit. Pour autant, le périple linéaire paraît un peu rigide, l'odyssée en mer alternant systématiquement avec le territoire d'une nouvelle créature. Harryhausen a toujours été séduit par les contes (ses adaptations de Rapunzel, Le roi Midas ou encore Hansel et Gretel sont d'ailleurs ressortis sur les écrans en 2018). Leur forme pédagogique et leur finalité morale convient bien au type de récit qui a sa préférence. Dans Jason, les enjeux sont plus relevés, traitant par exemple de la remise en question de la croyance aux dieux (même si, paradoxalement, leur exitence tangible est prouvée dans le péplum mythologique). Certains séquences donnent aussi un côté plus adulte au film, comme la découverte du point faible de Talos.

Talos reste une des créations les plus charismatiques du bestiaire d'Harryhausen avec la créature aquatique du Monstre vient de la mer (Robert Gordon, 1955), alors que l'hydre est peut-être la moins efficace. Le film a évidemment gagné ses galons de classique grâce à la bataille entre les argonautes et une bande de squelettes récalcitrant, nés des crocs de l'hydre. Une séquence virtuose, se déroulant de plus en plein jour : les effets (et leurs défauts) sont tous visibles. Si la conclusion de ce morceau de bravoure déçoit, difficile de trouver plus marquant : L'imaginaire de Peter Jackson, James Cameron ou Tim Burton a été façonné par ce film unique.

Disponibilité vidéo : Coffret Blu-ray + DVD zone B/2 + livre - éditeur Sidonis

Source principale : Ray Harryhausen: An Animated Life, cité dans un article du Guardian

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