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La momie sanglante (1971)

Un film de Seth Holt et Michael Carreras

Production Hammer tardive, La momie sanglante (Blood from the Mummy's Tomb) avait certainement des atouts dans sa manche. Mais par un concours du destin particulièrement retors, rien ne se passa comme prévu.

Seth Holt, qui réalisa quelques années auparavant Confession à un cadavre (The Nanny) pour la Hammer, obtient la direction du film. Il engage alors Valerie Leon, dont c'est le premier rôle majeur au cinéma. Son physique détonnant fit plus tard les belles heures du Saint et de Chapeau Melon et bottes de cuir. Elle devint James Bond Girl pour L'espion qui m'aimait (Lewis Gilbert, 1977) et Jamais plus jamais, le James Bond dissident avec un Sean Connery vieillissant (un de ceux qui passe le plus à la télévision, d'ailleurs).

Le film se veut une adaptation d'une nouvelle de Bram Stoker, Le joyau des sept étoiles, parmi les moins connus de l'auteur de Dracula. Comme il plane sur le récit l'ombre de la momie, le film prend sa place au sein de la saga des momies de la Hammer, commencé par La malédiction des pharaons (Terence Fisher, 1959), et poursuivi par Les maléfices de la momie (The Curse of the Mummy's Tomb, Michael Carreras, 1964) et Dans les griffes de la momie (John Gilling, 1967). Pour autant, pas de momie à l'horizon dans le film qui nous intéresse aujourd'hui ! Point de bandelettes ici. Tout juste Tera, un reine de l'Egypte antique, réincarnée en Margareth (Valerie Leon), une jolie londonienne dont elle est le sosie parfait ! Comme la nature fait bien les choses. Son père, le professeur Fuchs (Andrew Keir), a participé des années auparavant aux fouilles permettant la mise au jour de la tombe de cette même Tera. Ce sera lui qui, de façon tout à fait étrange, déclenchera une série de meurtres en confiant à sa fille une des reliques trouvées dans la tombe, une bague ayant appartenu à Tera.

En réalité, la production avait engagé la star Hammer, Peter Cushing, pour interpréter le docteur Fuchs. A la fin de la première journée de tournage, le 11 janvier 1971, Cushing doit se rendre au chevet de sa femme qui mourra d'un emphysème foudroyant quelques jours plus tard. Cushing est dévasté et ne peut plus jouer dans le film. Andrew Keir, qui incarna notamment le professeur Quatermass dans la série de films du même nom, reprit le rôle à partir du 18 janvier. Les rares scènes de Cushing sont tournées une nouvelle fois, et tout se passe sans accroc jusqu'au 14 février. A cette date, une semaine de la fin du tournage, le réalisateur Seth Holt décède brutalement d'une crise cardiaque. Devant l'imminence de la fin du tournage, Michael Carreras, le nouveau chef des opérations à la Hammer depuis que son père lui a laissé les rênes de la firme au tout début de l'année 1971, appelle à la rescousse Gordon Hessler et Don Sharp, pour refaire entièrement le film. Il décide finalement de finir le tournage lui-même. Carreras découvre alors que Seth Holt, d'une part n'a laissé aucune note, aucune indication sur ce qu'il a tourné ; de plus en visionnant les rushes, il s'aperçoit que Holt n'a tourné que le cœur de scènes, en remettant certainement à plus tard les entrées et sorties des personnages, les raccords. Carreras aura au moins une grande scène à tourner (celle de l’hôpital psychiatrique), et s'en sort tout de même avec les honneurs. Outre Les maléfices de la momie, il réalisa l'atypique Le peuple des abîmes (The Lost Continent) en 1968.

Le film terminé sort le 7 octobre 1971 au Royaume-Uni, mais le résultat final a du mal à cacher ses gros problèmes de production : le traitement du personnage du professeur Fuchs est incohérent : tantôt il souhaite voir le retour de Tera, tandis il souhaite protéger sa fille. L'apparition des artefacts autour du tombeau de Tera souffre aussi d'un manque évident de raccords.

On est donc loin des grands films Hammer, même d'un Vampire Lovers pourtant tourné l'année précédente. Restent le décolleté affolant de Valerie Leon, des séquences marquantes (scènes dans le tombeau, Valerie Leon qui déambule dans un couloir comme au ralenti). Et la momie, dans tout ça ? Elle est même pas si sanglante que cela... Ah si, il y a le truc  : la main coupée (de Tera), ça dégouline un peu.

 

Sources bibliographiques
The Hammer Story / Marcus Hearn
Dans l'antre de la Hammer / Marcus Hearn
Hammer Glamour / Marcus Hearn
Les vamps fantastiques : Valerie Leon in Fantastyka n°12

Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : StudioCanal

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