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Watchmen - les gardiens (2009)

Un film de Zack Snyder

3370035204_96f0ce2528_m.jpgWatchmen. LE comics définitif pour tous ceux qui l’ont lu. Aucun manichéisme, scénario touffu et hallucinant de subversion, alternance BD/écriture en prose qui propose une immersion totale, visuel hommage aux anciens maîtres BD vraiment réussi, bref : l’idée de voir tout ça sur grand écran a de quoi faire saliver. En n’omettant pas grand-chose du récit originel -si ce n’est le mise en abîme du gosse noir qui lit un comics, la mort d’Hollis Mason, dont on sait pouvoir bénéficier dans la prochaine version longue, l’histoire du psychiatre qui tente d’analyser Rorschach, et deux trois autres détails, tout est là. Toutes les audaces scénaristiques, les scènes traumatisantes comme les pensées métaphysiques du Dr Manhattan, nous sont proposées dans un respect total, dans une littéralité jamais vu auparavant, sinon dans le décalque Sin City (que je trouve par ailleurs très efficace). Donc c’est une réussite. Mais, c’aurait pu être un chef d’œuvre, ce que Watchmen - le film manque d’être, de peu.

Ce qui fâche, dans cette adaptation sinon extrêmement réussie, c’est la propension du réalisateur à vouloir en faire trop, à rajouter dans l’excès alors que la matière brute présente déjà tout le nécessaire. Rajouter du sexe, pourquoi pas, mais la scène en question (Dan et Miss Jupiter II dans le vaisseau) ressemble à une pose nullement excitante et bien trop artificielle pour convaincre, exactement dans la même configuration que celle de 300, le précédent essai (vraiment raté) de Snyder : même filtres bleutés, même sensation de regarder une publicité pour parfum ou  le passage coquin d’un anonyme téléfilm érotique. Trop de violence aussi, alors que la brutalité du contexte et des échanges déjà présents dans le comics suffisait. Le découpage de l’armoire à glace, dans la prison, constitue à mes yeux le summum : c’est un peu trop.

A part ces menus défauts -qui, dans l’ampleur narrative et visuelle de l’entreprise, n’est quand même qu’un grain de sable-, le défi est relevé avec panache. La musique qui accompagne l'aventure est efficace et référentielle, à défaut d'être originale : on y croise Bob Dylan et Simon & Garfunkel, au milieu d'autres joyeusetés typique des eighties (l'histoire se passe en 1985). Les personnages sortent directement des pages de la bd, les couleurs flashy respectent la tonalité donnée par le dessinateur Dave Gibbons et le coloriste John Higgins, la dimension désespérée est rendue avec bonheur par le personnage de Rorschach, magnifique, le plus beau du film. La fureur du Comédien, la distance totalement gay de Veidt - Ozymandias, l’impuissance du Hibou II, tout est très, très bon ; à tel point que la relecture du pavé d’Alan Moore donne encore plus envie de refaire le voyage du film, après la première vision. Si ce n’est pas signe d’une qualité qui touche le plus profond du matériau de base...

Après réflexion toutefois, on peut penser que les non-initiés à Watchmen ne comprennent pas tout ; notamment dans la scène ou le Hibou II trouve le code d’accès aux dossiers secrets d’Adrian Veidt - Ozymandias : ce nom énigmatique étant le pendant grec de Ramsès II, Ramsès II se révélant être le mot de passe recherché, mais sans explication. Une goutte d’eau dans l’océan, peut-être, mais ajouté à d’autres petites choses qui font qu’au final, le film ne sera pas le succès public tant attendu. Alors que... ce Watchmen version ciné est énorme, un des plus grands comic-book movie.

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