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Dossiers

  • She-Wolf of London (1946)

    Un film de Jean Yarbrough

    Le loup-garou a connu quelques suites, occasionnant des rencontres avec les autres Universal Monsters : La maison de Frankenstein, La maison de Dracula, Deux nigauds contre Frankenstein. Après cette série de films survient ce drôle de She-Wolf of London. Universal n'hésite pas, en effet, à l'inclure dans le cycle (voir les coffret Wof Man Legacy, repris par Elephant Films sur notre territoire). Pourtant, il n'est pas permis d'en douter : nous n'avons pas à faire à un film de monstres Universal, malgré la présence du maquilleur Jack Pierce au générique. Mais qu'est-ce c'est que cette histoire ?

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  • Night Gallery saison 1 (1969-1971)

    Une série télévisée de Rod Serling

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    Le tableau inaugural de l'épisode The Cemetery, issu du pilote de la série

    S'il y a bien un éditeur vidéo à suivre en ce moment, c'est bien Elephant Films et ses sorties de patrimoine que personne d'autre n'ose faire paraître : au mileu des Alfred Hitchcock Hour et de leurs éditions des films de monstres de la Universal, il y a cet objet inclassable qu'est Rod Serling's Night Gallery. Rod Serling n'est pas seulement l'homme derrière La quatrième dimension ou le scénario de La planète des singes. Après l'arrêt de de sa série phare en 1964, il réfléchit à une autre anthologie télévisuelle, davantage tournée vers le genre épouvante ou fantastique. Le résultat ne sera visible que des années plus tard, lorsque trois nouvelles de Serling sont présentées, en d'omnibus, au cinéma. Le film ainsi constitué sortira en France sous le titre L'envers du tableau, alors que la série qui suivit ne fut, à notre connaissance, jamais diffusée dans l'hexagone. 

    On remarque dès les premiers segments la patte du créateur de La quatrième dimension, avec des thèmes récurrents similaires : la solitude, la peur de la mort et de la maladie, une charge contre l'égoïsme, l'avarice ou le racisme, ou encore la nostalgie d'un temps révolu où la vie était plus simple. Rod Serling est le principal pourvoyeur de scénarios de cette première saison, comme un rappel de l'immense somme de travail que l'homme livra sur La quatrième dimension

    Chaque épisode de 50 minutes comporte deux ou trois segments de durée inégale ; on passe de mini-histoires de 9 minutes à des segments de 20, 30 ou 40 minutes. L'ampleur et la qualité de ceux-ci est, à l'évidence, comparable à leur durée, même si certains de ces courts récits s'avèrent efficaces (Room with a view, inspiré du film d'Hitchcock, et avec la charmante Diane Keaton). Cette première petite saison -six épisodes, plus le pilote, soit dix-sept histoires-, est placée sous le signe de la citation. Les épisodes citent en effet allègrement les travaux passés de Rod Serling : Lone Survivor, où un naufragé du Titanic est sauvé des eaux trois ans après le naufrage du fameux paquebot, est une réécriture de l'épisode La nuit du jugement (La quatrième dimension, saison 1 épisode 10) ; le nostalgique They’re Tearing Down Tim Riley’s Bar est quelque part entre les fabuleux Souvenir d'enfance (La quatrième dimension, saison 1 épisode 5) et Arrêt à Willoughby (saison 1 épisode 30). Make Me Laught (deuxième effort du jeune Steven Spielberg dans cette première saison) est quant à lui un réinterprétation de l'épisode Je sais ce qu'il vous faut (saison 1 épisode 12) ; quant à The Nature of the Enemy, il rappelle Les envahisseurs (La quatrième dimension, saison 2, épisode 15).

     Si certains réalisateurs ne sont pas inconnus (Boris Sagal ou Jeannot Swarc qui réalisera de nombreux épisodes de la série), c'est bien le nom de Spielberg qui marque sur cette première saison. Son épisode Eyes, présenté dans l'épisode pilote, est son tout premier emploi de réalisateur. En face de lui, rien moins que Joan Crawford, sur sa toute fin de carrière. L'épisode tient toujours bien la route et comprend certains plans étonnants, notamment des trucages optiques pour figurer la désorientation du personnage principal, une femme aveugle qui souhaite recouvrer la vue via un ignoble stratagème. Les retournements de situations sont typiques du travail de Rod Serling ; l'histoire a d'ailleurs été publiée dans un recueil comprenant également The Escape Route, troisième segment du pilote.

    La tenue globale de la saison est très bonne. Si l'on devait en faire ressortir un du lot, The House est particulièrement marquant. Il explore le monde du rêve de façon étrangement logique et cyclique. L'épisode lui-même commence comme un rêve, sans explication logique concernant l'arrivée du personnage à cet endroit. Le personnage d'Elaine Latimer (Joanna Pettet) semble vivre la plupart du temps dans un rêve, ce que confirment les autres pensionnaires de l'hôpital psychiatrique dans lequel elle séjourne. La persistance du rêve ("Je fais le même rêve depuis mes neuf ans", décrit-elle à son analyste) confère au récit d'une mystique particulière, comme si la partie rêvée de sa vie en constituait la plus grande part... Un épisode marquant. Marquant tout autant, dans sa dimension horrifique, est l'épisode The Doll : une poupée maléfique est envoyée au domicile du colonel Masters, à l'attention de sa nièce. La poupée en question fait vraiment peur, et son emprise démoniaque sur la réalité est montrée de façon aussi subtile que terrifiante.

    Dans différents genres, la première saison de Night Gallery tient aujourd'hui encore bien la route, malgré sa facilité à reprendre des trames déjà vues. C'est d'ailleurs un des objectifs de cette anthologie : proposer une compilation aussi variée que possible des différents clichés fantastique, d'épouvante ou de science-fiction. Mission accomplie, Mister Serling !

    Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Elephant Films

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  • Ciné d'Asie : La diablesse aux mille visages (1969)

    Un film de Chung chang-Wha

    22474933077_a253d7e81f_z.jpgQuelques années avant le succès planétaire de La main de fer, le réalisateur coréen Chun Chang-Wha réalise pour le compte de la Shaw Brothers cette comédie d'action érotisante qu'est La diablesse aux mille visages. S'inspirant ouvertement des Fantômas de Hunnebelle pour le personnage principal et la trame narrative, puis des James Bond pour le visuel riche et grandiloquent, le réalisateur signe une bande pop en diable, dignement épaulée par une partition jazzy.

    Repaire souterrain, jeunes filles affriolantes, fumigènes colorés, torture électrique et riches hommes d'affaires se prélassant de spectacles  sexy dans des salons chics, tout convoque une certaine esthétique du plaisir et de la légèreté, à contre-courant des films de kung-fu aux personnages torturés que nous livrent d'habitude la Shaw. La même année sort d'ailleurs Le bras de la vengeance, suite au One-armed Swordsman de Jimmy Wang-Yu, où transparaît déjà l'ambiance serial (gadgets, surenchère sanglante). A notre connaissance, La diablesse aux mille visages montre pour la première fois chez la Shaw un aspect sexy assumé (gros plans sur petite culottes et soutiens-gorges bien remplis à la clé), qui sera plus tard prégnant dans le magnifique Intimate Confessions of a Chinese Courtesan (1972), du maître Chu Yuan.

    Totalisant une petite heure et seize minutes au compteur, La diablesse aux mille visages est donc un film atypique du studio, où la légèreté est le maître mot. Deux policiers fripons tirent le film vers la comédie et clôturent d'ailleurs le métrage sur une note hédoniste et coquine.

    Le montage, serré, donne aux séquences d'action une dynamique appropriée. Les quiproquos induits par les changements de tête de la diablesse sont bien amenés (la journaliste éprise de son homme deviendra ainsi le témoin, par écran interposé, de la tromperie involontaire de celui-ci, qui croit pourtant faire l'amour avec sa promise...). Pour déjouer cette erreur, l'homme trouvera un mode de détection infaillible ! Les femmes fortes ont le dessus dans cette aventure fantaisiste, où elles n'hésitent pas à faire usage de leur don inné pour le combat rapproché.

    Quelle bonne idée de la part d'Arte de diffuser en novembre cette petite perle psychédélique : si vous aimez les spectacles colorés, funky et un brin parodiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

    La page dédié au film sur Arte

    Disponibilité vidéo : DVD - éditeur : Wild Side Video

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  • Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°6

    65862301.jpgJuin 1963, un autre numéro consacré au panthéon cinématographique fantastique de l'équipe MMF sort ses griffes : le numéro 6, consacré aux Chasses du comte du Comte Zaroff (Shoedsack, Cooper, 1932) ; le film a été tourné dans les mêmes principaux décors que King Kong, sujet du déjà mythique MMF numéro 3. Le numéro débute par la reproduction intégrale de la nouvelle de Richard Connell, à l'origine du film, que l'on retrouve également dans la réédition de la revue parue chez Rouge Profond. La diffusion de ce texte a du être jugée plus confidentielle que le Dracula de Stoker, reproduit dans l'édition originale mais coupée de la version reliée. Relire le texte de Connell est aujourd'hui précieux, car on y retrouve cette dimension sulfureuse, taboue, de l'évocation d'une chasse à l'homme par ce comte d'apparence somme toute débonnaire.

    Un long texte de Michel Caen fait suite à la nouvelle, essayant tout à la fois de "donner à lire" le film, tout en évoquant les implications philosophiques, et autres envers du décor du film. Grands amateurs de la revue Star Ciné Cosmos, qui consiste en un "ciné-roman" du film et aligne plusieurs centaines de photogrammes légendés d'un film à chaque parution, les joyeux bougres de MMF en donnent leur version forcément plus modeste ; 30 photogrammes (dont certains disponibles en version HD dans l'édition reliée Rouge Profond) racontent cette histoire courte. Dans l'intervalle, le numéro formule un bel hommage au regretté Ray Harryhausen, à ses créatures et évidemment, aux rejetons de Kong, qui furent aussi nombreux que médiocres : Mighty Joe Young (Shoedsack, 1949), Konga (John Lemont, 1961)...C'est l'occasion pour donner à nos yeux ravis de magnifiques visuels issus du Septième voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958). 

    La filmographie de Ernest Shoedsack est abordée, nous offrant des pages de splendides photos de production de Docteur Cyclope (1940). On gagne l'affiche en couleur dans la version reliée, car à l'origine la revue paraissait intégralement en noir et blanc. Fidèle à la volonté encyclopédique du titre, des filmographies très largement commentées et remplies de renseignements d'une précision chirurgicale (cinéma qui diffusait le film, quelle version, combien de temps...) sont présentées.

    L'HorrorScope est de retour, rassemblant les critiques de films sortis contemporainement de la revue. Notons un papier ô combien précis sur l'intriguant Le rayon de la mort (Kuleshov, 1925), film rare que Jacques Champreux décrit dans ses moindres détails. Jean-Paul Torok m'a fait hurler de rire avec sa critique de Maciste en enfer, titrée "Le Maciste ne passera pas", et dont voici une ligne bien sentie :

    "Tous les Maciste que j'ai pu voir sont exécrables, hideux plastiquement et moralement. Ce sont des sous-produits bâclés de la série des Hercule, des combats de catch de sous-préfecture".

    On retrouve aussi les références aux films préférés de la bande, au premier rang desquels l'indéboulonnable Masque d'or (Charles Brabin, 1932), mais on remarqué également la présence par au moins de deux mentions du Voyeur (1960), le chef-d’œuvre sadique de Michael Powell. Bref, une livraison anthologique comme on en prend l'habitude. Plus qu'à attendre la livraison du tome 2 de l'anthologie (comprenant les numéros 7 à 11 de la revue, plus un DVD rempli comme un oeuf ainsi que des textes inédits ; à priori, c'est pour le 21 octobre ! Pour en savoir plus, midiminuitfantastique.com

  • Star Trek III : à la recherche de Spock (1984)

    Un film de Leonard Nimoy

    Star-Trek-III-The-Search-For-Spock-poster.jpgStar Trek II : la colère de Khan est un succès mondial (enfin, sauf en France, comme d'habitude). Tant est si bien que très peu de temps après sa sortie au cinéma, le producteur Harve Bennett a le feu vert pour plancher sur la suite. Souvenez-vous : à la fin de Star Trek II, un suspense insoutenable : l'icône Spock meurt, se sacrifiant pour la survie de l'équipage de l'Enterprise. Leonard Nimoy, ayant repris goût à ce personnage qui a fait sa renommée, souhaite être partie prenante de cette suite dont il sera le sujet principal : très tôt, Harve Bennett décide en effet que le fil conducteur du film sera la résurrection de Spock. Autre héritage du film précédent : la création de la planète Genesis, grâce à un appareil de terraformation. Cette planète, sur laquelle est envoyé le sarcophage contenant la dépouille de Spock, est au centre de l'intrigue : sa réalisation est imparfaite, et son sursis sera de courte durée. Nimoy souhaite également inclure les klingons, adversaires historiques de Starfleet, dans l'affaire.

    Si la majeure partie du film découle directement du précédent, il y a quelques nouveautés : Kirstie Alley ne reprend pas son rôle, étant vraisemblablement trop gourmande question salaire. L'actrice Robin Curtis reprend le flambeau jusqu'à l'épisode suivant, Retour sur Terre (Leonard Nimoy, 1986). De même, cet opus marque le retour de Sarek, le père de Spock, interprété par Mark Lenard, comme dans la série d'origine. Les moeurs vulcaines prennent une importance considérables dans cet épisode, légitimant encore plus Nimoy, devenu un des plus grand "vulcanologues" (dixit Harve Bennett). Pour autant, le changement d'acteur à réalisateur ne plurent pas à tout le monde, et Nimoy fut mis à l'épreuve par ses compagnons de route. William Shatner n'en est pas revenu, proclamant à qui veut l'entendre que tout ce que sait Nimoy en matière de mise en scène, il le lui doit... Shatner profitera d'ailleurs de la renégociation de son contrat pour l'épisode IV pour exiger le poste de réalisateur pour le futur Star Trek V (pour rappel, le pire des épisodes, et de loin, de toute la saga).

    Autre affaire à suivre, la destinée du fils de James Kirk, David : Les fils sont tissés, restent à en faire un bel ouvrage. L'arc narratif principal, en dépit de sa richesse pour la mythologie de la saga, est tout de même assez faible et met un bon moment pour se conclure, même s'il est l'occasion de l'équipage historique de l'Enterprise de constituer une galerie de renégats bougrement sympathiques. On joue toujours la carte des vieux qui en ont toujours sous la semelle, contre des jeunes qui ne semblent pas avoir le même esprit de combativité. A noter, le vaisseau Pour cela, les effets spéciaux, conçus par ILM pour la seconde fois de l'histoire de la saga, sont de très belle facture. Le vaisseau Excelsior, censé succéder au vieillissant Enterprise, est réussi, tout comme les poursuites spatiales et la destruction de vaisseaux qui conclue le film.

    Finalement, et même si Christopher Lloyd est bon dans toute la démesure d'un chef klingon, Star Trek III est beaucoup plus porté sur la mystique que sur l'action et les prouesses spatiales : l'esprit de Spock investissant Bones, le rituel du jeune vulcain sur la planète Genesis, enfin le retour de l'esprit de Spock dans son corps. Véritable centre d'une trilogie non préméditée, Star Trek III, premièe réalisation de Nimoy, est un Star Trek dans la bonne moyenne, mais brille plus dans ses séquences d'introspection que d'action.