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états-unis - Page 3

  • Night Gallery saison 1 (1969-1971)

    Une série télévisée de Rod Serling

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    Le tableau inaugural de l'épisode The Cemetery, issu du pilote de la série

    S'il y a bien un éditeur vidéo à suivre en ce moment, c'est bien Elephant Films et ses sorties de patrimoine que personne d'autre n'ose faire paraître : au mileu des Alfred Hitchcock Hour et de leurs éditions des films de monstres de la Universal, il y a cet objet inclassable qu'est Rod Serling's Night Gallery. Rod Serling n'est pas seulement l'homme derrière La quatrième dimension ou le scénario de La planète des singes. Après l'arrêt de de sa série phare en 1964, il réfléchit à une autre anthologie télévisuelle, davantage tournée vers le genre épouvante ou fantastique. Le résultat ne sera visible que des années plus tard, lorsque trois nouvelles de Serling sont présentées, en d'omnibus, au cinéma. Le film ainsi constitué sortira en France sous le titre L'envers du tableau, alors que la série qui suivit ne fut, à notre connaissance, jamais diffusée dans l'hexagone. 

    On remarque dès les premiers segments la patte du créateur de La quatrième dimension, avec des thèmes récurrents similaires : la solitude, la peur de la mort et de la maladie, une charge contre l'égoïsme, l'avarice ou le racisme, ou encore la nostalgie d'un temps révolu où la vie était plus simple. Rod Serling est le principal pourvoyeur de scénarios de cette première saison, comme un rappel de l'immense somme de travail que l'homme livra sur La quatrième dimension

    Chaque épisode de 50 minutes comporte deux ou trois segments de durée inégale ; on passe de mini-histoires de 9 minutes à des segments de 20, 30 ou 40 minutes. L'ampleur et la qualité de ceux-ci est, à l'évidence, comparable à leur durée, même si certains de ces courts récits s'avèrent efficaces (Room with a view, inspiré du film d'Hitchcock, et avec la charmante Diane Keaton). Cette première petite saison -six épisodes, plus le pilote, soit dix-sept histoires-, est placée sous le signe de la citation. Les épisodes citent en effet allègrement les travaux passés de Rod Serling : Lone Survivor, où un naufragé du Titanic est sauvé des eaux trois ans après le naufrage du fameux paquebot, est une réécriture de l'épisode La nuit du jugement (La quatrième dimension, saison 1 épisode 10) ; le nostalgique They’re Tearing Down Tim Riley’s Bar est quelque part entre les fabuleux Souvenir d'enfance (La quatrième dimension, saison 1 épisode 5) et Arrêt à Willoughby (saison 1 épisode 30). Make Me Laught (deuxième effort du jeune Steven Spielberg dans cette première saison) est quant à lui un réinterprétation de l'épisode Je sais ce qu'il vous faut (saison 1 épisode 12) ; quant à The Nature of the Enemy, il rappelle Les envahisseurs (La quatrième dimension, saison 2, épisode 15).

     Si certains réalisateurs ne sont pas inconnus (Boris Sagal ou Jeannot Swarc qui réalisera de nombreux épisodes de la série), c'est bien le nom de Spielberg qui marque sur cette première saison. Son épisode Eyes, présenté dans l'épisode pilote, est son tout premier emploi de réalisateur. En face de lui, rien moins que Joan Crawford, sur sa toute fin de carrière. L'épisode tient toujours bien la route et comprend certains plans étonnants, notamment des trucages optiques pour figurer la désorientation du personnage principal, une femme aveugle qui souhaite recouvrer la vue via un ignoble stratagème. Les retournements de situations sont typiques du travail de Rod Serling ; l'histoire a d'ailleurs été publiée dans un recueil comprenant également The Escape Route, troisième segment du pilote.

    La tenue globale de la saison est très bonne. Si l'on devait en faire ressortir un du lot, The House est particulièrement marquant. Il explore le monde du rêve de façon étrangement logique et cyclique. L'épisode lui-même commence comme un rêve, sans explication logique concernant l'arrivée du personnage à cet endroit. Le personnage d'Elaine Latimer (Joanna Pettet) semble vivre la plupart du temps dans un rêve, ce que confirment les autres pensionnaires de l'hôpital psychiatrique dans lequel elle séjourne. La persistance du rêve ("Je fais le même rêve depuis mes neuf ans", décrit-elle à son analyste) confère au récit d'une mystique particulière, comme si la partie rêvée de sa vie en constituait la plus grande part... Un épisode marquant. Marquant tout autant, dans sa dimension horrifique, est l'épisode The Doll : une poupée maléfique est envoyée au domicile du colonel Masters, à l'attention de sa nièce. La poupée en question fait vraiment peur, et son emprise démoniaque sur la réalité est montrée de façon aussi subtile que terrifiante.

    Dans différents genres, la première saison de Night Gallery tient aujourd'hui encore bien la route, malgré sa facilité à reprendre des trames déjà vues. C'est d'ailleurs un des objectifs de cette anthologie : proposer une compilation aussi variée que possible des différents clichés fantastique, d'épouvante ou de science-fiction. Mission accomplie, Mister Serling !

    Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Elephant Films

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  • Le solitaire (1981)

    Un film de Michael Mann

    artoff5652.jpg?1426629229Ce premier film du futur réalisateur de La forteresse noire, Heat ou encore Collateral est un marqueur de son temps, un sorte de chaînon manquant entre le cinéma désespéré des années 70 et l'esthétique tape-à-l’œil des 80's.

    S'inscrivant dans la veine des caper movie (films de casse), Le solitaire suit le parcours de Frank, cambrioleur expert ; ce dernier, rêvant d'une vie tranquille avec femme et enfants, choisit de s'associer avec un caïd pour accélérer son ascension sociale.

    Très fort visuellement (magnifiques plans de nuit où une lumière travaillée jaillit par touches impressionnistes), le film s'accorde aussi une palette musicale d'avant-garde pour l'époque, avec la bande-son électro en diable composée par Tangerine Dream (Le convoi de la peur, Legend, La forteresse noire, etc.). Le film tire l'essentiel de sa signification de son impact visuel et de son odyssée musicale, inspirant par là le Drive de Nicolas Winding Refn. De la même façon que pour le Driver / Ryan Gosling, Frank est un professionnel qui parle peu, mais qui se montre finalement  très sentimental, prêt à tout pour protéger les êtres qu'il chérit ; son tempérament occasionne un final explosif digne des meilleurs Peckinpah. 

    Les aspirations de Frank, un rêve de simplicité, sont contenues dans une conversation très émouvante dans un bar avec Jessie, qui deviendra sa femme. Le voleur y dévoile des envies les plus simples et évidentes du monde, alors qu'on perçoit en même temps tous les obstacles qui lui barrent le chemin. Exemple : il souhaite avoir un enfant, rencontre la femme qu'il lui faut. Malgré cela, il accepte le marché fou  de travailler pour un mafieux en échange... d'un enfant, dont il peut -en plus- choisir son sexe. Comment faire simple... Plus que sur tout autre aspect (action, polar) c'est sur cette dimension humaine et personnelle, très malmenée, que repose le métrage. Le personnage veut entrevoir la beauté du monde, comme dans la séquence dite de "la pêche", ajoutée par Michael Mann dans la version director's cut. Cette beauté que nous offre Michael Mann, par la sophistication de sa mise en scène.

    Disponibilité vidéo : DVD / Blu-ray - éditeur : Wild Side Video

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  • Jurassic World (2015)

    Un film de Colin Trevorrow

    jw-1.jpgIl n'est pas étonnant qu'en 2015, le cinéma américain continue de capitaliser sur ses valeurs sûres, notamment les super-héros et les suites de films. Malgré cela, Jurassic World a tout de même mis longtemps à se monter, le dernier épisode remontant tout de même à quasiment 15 ans. Plusieurs événements, indépendants de l'économie du cinéma, ont effectivement retardé la production, notamment les décès de Michael Crichton, auteurs du roman original, et de Stan Winston, responsable des effets spéciaux, en 2008. D'autre part, différentes pistes de scénario sont envisagés au cours des années, ainsi que plusieurs réalisateurs. C'est finalement le quasi inconnu Colin Trevorrow qui obtient la confiance des studios. Ensuite, une pluie de records : meilleur démarrage de l'histoire du cinéma, le palier d'un milliard de recettes atteint en 13 jours, et finalement troisième plus gros succès au box-office à ce jour, rapportant la coquette somme de 1,6 milliard de dollars (tout cela sera balayé par Star Wars : le réveil de la force, me direz-vous). Au vu de son budget important mais mesuré (150 millions), Jurassic World est une très bonne opération financière, qui ouvre la voie à une nouvelle vague de suites. Mais est-ce pour autant un bon film ?

    Certes, certains plans à effets et toutes les créatures sont bluffantes, car on y croit. Chris Pratt (Owen Grady) est toujours un aussi bon choix de casting que dans Les gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014). Les scènes de foule impressionnent comme dans tout bon film catastrophe qui se respecte. Mais les bonnes nouvelles s'arrêtent là, car La trame du film est tout bonnement calquée sur le premier épisode. Pire que cela, plusieurs plans sont quasiment repris à l'identique, soutenus par la même musique de John Williams (même si c'est Michael Giacchino qui officie sur le score). On assiste éberlués à un remake éhonté du premier Jurassic Park, et tout le monde n'a pas l'air de s'en soucier. Qui plus est, le personnage féminin interprété par Bryce Dallas Howard est antipathique au possible, sa romance avec Grady n'est pas crédible pour un sou en plus d'être totalement survolée.

    Comment ne pas se rendre compte que le schéma directeur est identique, et que, au final, on fait la même chose (chaque petite séquence renvoie à son modèle) en moins bien ? et surtout, comment cette pâle photocopie a engrangé tant de bénéfices ? Cela montre surtout que le modèle du cinéma holywoodien de divertissement, une "industrie de prototypes", est devenue une industrie de produits en série, régit par des franchises réduits à l'état de marques. Le comble étant que ce film en particulier constitue profondément ce qu'il a l'air de critiquer (la rentabilité financière à tout crin, la tentation trop belle du bigger and louder...).

    Réalisée sans génie, cette suite pataude (même le 3, pourtant pas fantastique, aura ma préférence en comparaison) aura en plus eu une conséquence directe sur une autre saga cinématographique bien plus attendue : Trevorrow est désormais le réalisateur attitré de Star Wars IX...

    Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray/Blu-ray 3D - éditeur : Universal Pictures France

  • Star Trek III : à la recherche de Spock (1984)

    Un film de Leonard Nimoy

    Star-Trek-III-The-Search-For-Spock-poster.jpgStar Trek II : la colère de Khan est un succès mondial (enfin, sauf en France, comme d'habitude). Tant est si bien que très peu de temps après sa sortie au cinéma, le producteur Harve Bennett a le feu vert pour plancher sur la suite. Souvenez-vous : à la fin de Star Trek II, un suspense insoutenable : l'icône Spock meurt, se sacrifiant pour la survie de l'équipage de l'Enterprise. Leonard Nimoy, ayant repris goût à ce personnage qui a fait sa renommée, souhaite être partie prenante de cette suite dont il sera le sujet principal : très tôt, Harve Bennett décide en effet que le fil conducteur du film sera la résurrection de Spock. Autre héritage du film précédent : la création de la planète Genesis, grâce à un appareil de terraformation. Cette planète, sur laquelle est envoyé le sarcophage contenant la dépouille de Spock, est au centre de l'intrigue : sa réalisation est imparfaite, et son sursis sera de courte durée. Nimoy souhaite également inclure les klingons, adversaires historiques de Starfleet, dans l'affaire.

    Si la majeure partie du film découle directement du précédent, il y a quelques nouveautés : Kirstie Alley ne reprend pas son rôle, étant vraisemblablement trop gourmande question salaire. L'actrice Robin Curtis reprend le flambeau jusqu'à l'épisode suivant, Retour sur Terre (Leonard Nimoy, 1986). De même, cet opus marque le retour de Sarek, le père de Spock, interprété par Mark Lenard, comme dans la série d'origine. Les moeurs vulcaines prennent une importance considérables dans cet épisode, légitimant encore plus Nimoy, devenu un des plus grand "vulcanologues" (dixit Harve Bennett). Pour autant, le changement d'acteur à réalisateur ne plurent pas à tout le monde, et Nimoy fut mis à l'épreuve par ses compagnons de route. William Shatner n'en est pas revenu, proclamant à qui veut l'entendre que tout ce que sait Nimoy en matière de mise en scène, il le lui doit... Shatner profitera d'ailleurs de la renégociation de son contrat pour l'épisode IV pour exiger le poste de réalisateur pour le futur Star Trek V (pour rappel, le pire des épisodes, et de loin, de toute la saga).

    Autre affaire à suivre, la destinée du fils de James Kirk, David : Les fils sont tissés, restent à en faire un bel ouvrage. L'arc narratif principal, en dépit de sa richesse pour la mythologie de la saga, est tout de même assez faible et met un bon moment pour se conclure, même s'il est l'occasion de l'équipage historique de l'Enterprise de constituer une galerie de renégats bougrement sympathiques. On joue toujours la carte des vieux qui en ont toujours sous la semelle, contre des jeunes qui ne semblent pas avoir le même esprit de combativité. A noter, le vaisseau Pour cela, les effets spéciaux, conçus par ILM pour la seconde fois de l'histoire de la saga, sont de très belle facture. Le vaisseau Excelsior, censé succéder au vieillissant Enterprise, est réussi, tout comme les poursuites spatiales et la destruction de vaisseaux qui conclue le film.

    Finalement, et même si Christopher Lloyd est bon dans toute la démesure d'un chef klingon, Star Trek III est beaucoup plus porté sur la mystique que sur l'action et les prouesses spatiales : l'esprit de Spock investissant Bones, le rituel du jeune vulcain sur la planète Genesis, enfin le retour de l'esprit de Spock dans son corps. Véritable centre d'une trilogie non préméditée, Star Trek III, premièe réalisation de Nimoy, est un Star Trek dans la bonne moyenne, mais brille plus dans ses séquences d'introspection que d'action.

  • Howard The Duck, une nouvelle race de héros (1986)

    Un film de Willard Huyck

    21089395714_dec54db671_n.jpgDécouvrir aujourd'hui ce Howard The Duck, honni par son producteur George Lucas, (21 millions de dollars de perte, tout de même) et précédé d'une réputation peu flatteuse, est intéressant à plus d'un titre. Car non, les effets spéciaux de l'époque ne sont pas désastreux (ILM oblige) ; mais oui, le film est carrément bancal et pourrait très bien s'arrêter au bout d'une heure alors qu'il dure plus du double ; re-oui, les acteurs surjouent (Lea Thomson, Lauren McFly dans Retour vers le futur, mais aussi un Tim Robbins jeunot un poil trop enthousiaste, ainsi que Jeffrey Jones) mais c'est plutôt dans le ton du reste ; par contre, la performance d'Howard et de ses multiples alter-ego (un jeune garçon de 12 ans, Ed Gale, une cascadeuse...) est à saluer. Sa voix et sa gestuelle en font un personnage entier auquel on s'attache tout de suite, et dont la gouaille n'est pas vraiment tout public.

    On comprend que le film fut sûrement difficile à caser, pas vraiment un film pour adultes (Howard The Duck aurait peut-être du être un film d'animation), ni pour enfants : les multiples allusions sexuelles -même les cannes ont des seins !- culminent ainsi dans une presque-scène de sexe entre Howard et une Lea Thompson fort peu vêtue.

    Lea Thompson est craquante, et même si Howard reste à tout jamais un ratage, son échec en fait plutôt un film drôle, en plus d'être fondamentalement étonnant sur plan des effets : la seigneur de ténèbres notamment, une créature animée image par image par le grand Phil Tippett, est une franche réussite. De même, la combinaison en animatronique, pilotée par une petite armée d'animateur, impose le respect. Qui sait, avec la scène post-générique des Gardiens de la Galaxie, on va peut-être revoir Howard plus tôt qu'on ne le pense...