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états-unis - Page 32

  • Shrek (2001)

    Un film d'animation de Andrew Adamson & Vicky Jenson

    5189214660_3700e4257d_m.jpgUn ogre bougon tout vert, accompagné d’un âne farceur, doit sauver une princesse en détresse pour retrouver le droit de propriété de son marais. Mais les sentiments s’en mêlent…
    Voilà donc le "bijou d’animation" de Dreamworks, celui qui a fait trembler Disney en engrangeant plus de recettes que Kuzco, l'empereur mégalo. On savait, depuis quelques années déjà, que Disney n’avait plus le monopole du divertissement familial animé. Avec l’arrivée de studios concurrents et de films à la hauteur (Anastasia, Le Prince d’Egypte, ou encore Le Géant de Fer, aujourd'hui bien lointains), on a eu droit à une offre diversifiée. Cependant, Shrek était un événement autrement plus majeur que les autres, car venait chasser sur les terres bien gardées de la filiale animée en images synthèse de Disney, Pixar, pionnier avec Toy Story. C’est aujourd’hui la norme, qu’on le veuille ou non, et le récent (ultime ?) essai de Disney en la matière, La princesse et la grenouille, n’est pas là pour nous rassurer quant au  futur de l’animation traditionnelle à grande échelle.

    Le défi était de taille. On annonce un film qui fait voler en éclat les mythes Disneyiens, et on reste sur sa faim. Car, l’ogre, c’est vrai, fait dans le gras : il rote ,il pète, et ô mon dieu, une princesse fait de même. Entre pastiche de films (tous bien supérieurs à celui-ci) et volonté de se démarquer de la production enfantine habituelle, on a l’impression que Shrek ne sait pas sur quel pied danser. Les chansons pop qui ponctuent l’action font assez tâche sur l’ensemble, et le duo central ne fait pas beaucoup d’étincelles.

    La qualité de l’animation est, c’est vrai, assez impressionnante. Certains éléments, notamment les cheveux et les textures de la nature (herbe, feuilles) sont rendues avec un réalisme étonnant. On peut poser là un débat important : le réalisme, est-ce là l’objet d’un film d’animation ? Au vu de la production de ces dernières années, tout porte en effet à le croire, base tangible permettant paradoxalement l’entrée de plain pied dans des mondes fantastiques. La question reste néanmoins posée, car l’animation de synthèse à encore des progrès à faire si on veut qu’elle serve bien un scénario. Un scénario, c’est sûrement ce qui manque à ce film sans réelle consistance, enchaînement de sketches qui mise tout sur le graphisme et la gouaille des doubleurs voix (Mike Myers et Eddie Murphy en version originale).

    Manquant certainement de sincérité, ce premier film d’une désormais tétralogie n’arrive pas, en ce qui me concerne, à la cheville des production Pixar, et l’orientation prise, faussement jeune à base de parodies incessantes (voir le dernier Halloween Special qui, en plus de pomper le principe des Simpson, reste cantonné au recyclages de classiques, rang auquel il n’appartiendra jamais pour ma part), reste un argument marketing : rien de bien passionnant…

  • Forbidden Zone (1980)

    Un film de Richard Elfman

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    Quelle ne fut pas ma surprise de voir programmé, à la MJC de Novel d’Annecy, ce film inclassable à l’acide parfum de culte qu’est Forbidden Zone, rare film du frère de Danny Elfman ; à l’année, la programmation de cinéma de patrimoine dans la ville est tout de même anémique, c’est le moins que l’on puisse dire, malgré son glorieux passé cinéphile. C’est donc avec une joie non dissimulée que j’entrais dans la salle ce mercredi, pour pouvoir découvrir ce Forbidden Zone dont la sortie vidéo quelques années auparavant par Le chat qui fume m’avait alléchée.

    Devant un public d’irréductibles, somme toute réduit, se déroule la bande tant convoitée. Noir et blanc, format 4 :3, une maison en carton pâte, sur lequel un autre (carton) nous dicte le faible argument : au sous-sol de cette maison, il y a une porte. Derrière cette porte, se cache la redoutée 6ème dimension, aussi appelée… la Forbidden Zone. La musique tonitruante de Elfman frère (le connu) et de ses Oingo Boingo, sorte de New-Wave pop gothique (qui me rappelle aussi Oui-Oui, le groupe créé par Michel Gondry) sert de catalyseur dynamitant le film de l’intérieur.

    Une famille de dégénérés (celle qui vit juste au-dessus de la fameuse porte) va donc se retrouver aux prises avec cette fameuse Forbidden Zone. Femmes fouettées, institutrice adepte de la mitraille, amours contre-nature (un crapaud, ça vous tente ?), chandeliers planant, reine digne de Alice au pays des merveilles avec son petit roi obsédé sexuel (Hervé Villechaize de la série L'île fantastique), à l’instar de tous les personnages du film, c’est un défilé non-stop de personnages et situations délirants. La joyeuse farandole, tantôt dansée, tantôt criée, nous prend par la main pour que l’on vibre avec elle, d’un rire d’enfant pas sage face à d’autres qui s’en donnent à cœur joie. La break dance, exécutée par une caricature de mac dans une salle de classe, conjugue ainsi beauté du geste et apparente désinvolture, donnant vie à un amusement public de haut vol.

    On se croirait passager d’un train foutraque conduit par Ed Wood, et l’on imaginerait bien Thor Johnson, le colosse chauve, débarquer avec sa peau de bête. Le passage de l’entre-deux mondes, une sorte de trou du lapin sorti d’Alice au Pays des merveilles, là encore, prend l’apparence d’un intestin, d’où les heureux voyageurs sortent en vociférant "Shit !" dans un bruitage sans équivoque.

    Et, quand on rencontre enfin le taulier, c’est une taulière, toute droite sortie d’un film de John Waters (ou de Russ Meyer), sexuelle et enragée. Forbidden Zone mène sa barque à un train surréaliste, ballade onirique où les vitres sont faites en papier mâché. La galerie de portraits est, elle, déjantée pour de vraie, le freak délicieusement joyeux. Du culte concentré sur pellicule, avec une bonne barre de rire en sus ; un mélange qui déménage et fait bien plaisir, bousculant les normes (qu’est-ce qu’un film ?) et la normalité, thème que Danny Elfman continuera d’illustrer avec bonheur, notamment dans l’excellent Batman, le défi et son pingouin libidineux.

  • Twentynine palms (2003)

    Un film de Bruno Dumont

    5166332950_267c212579_m.jpgLe choc. La crise. Les larmes, la terreur, lors de la découverte de ce film au cinéma il y a queslques années, qui résonne encore aujourd’hui. Ce film, l’histoire d’un couple hors normes (un américain et une russe) est un dépassement, un exploit, une prouesse. Surpassant le clivage si facile des genres, Bruno Dumont réussit à embrasser toutes les ambiances dans ce road-movie indie. Une trame minimaliste, forte, lourde, fabuleusement visuelle. Une histoire régressive entre deux personnes trop proches dans ce désert pour une fois vraiment (désert).

    Bruno Dumont signe un terrible essai sur la communication, cet outil vital pour co-exister. La communication orale n’est plus d’actualité entre les deux tourtereaux quand la langue est trop différente. Dès lors, c’est sur un plan essentiellement sexuel que s’aborde la communication entre les deux individus, seul plan fusionnel ; les autres sont tous source de conflits, légers ou parfois plus durs. L’incompréhension qui régit l’essentiel des rapports entre les deux personnages est aussi culturelle : voir la scène de la cafétéria où Katia reproche à David de regarder une autre fille ; elle lui dit sans sourciller "tu peux aller avec elle si tu veux". Des incompréhensions ce film bizarre, insoutenable, beau de façon si étouffante, en regorge.  Cette relation exclusive, est déséquilibrée dans son rapport excessif à la sexualité, seul terrain d’expression où les deux amants  excellent. David, colérique, impulsif, ne vit pas sur la même planète que Katia, naïve, "étrangère", et pourtant a l’air de vivre une histoire belle et simple. Mais rien n’est vraiment simple quand on parle de passion, d’exclusivité. La communication bancale dont font preuve les deux amoureux est pointée comme un manque vital.

    Extrême, brutale, cette histoire d’un autre temps où les moments les plus significatifs sont des joutes de grognements bestiaux nous montrent tels que nous pourrions être : des animaux (légèrement) civilisés. Mais grattez le vernis social déjà écaillé et vous y verrez peut-être l’ombre de Twentynine Palms…

  • Phantom of the Paradise (1974)

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  • Batman contre le fantôme masqué (1993)

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