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26.05.2013

Live long and prosper : Star Trek débarque sur Arte !

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Amis de la SF, des paradoxes temporels et de l'exploration de planètes et peuplades exotiques, tous à vos postes ! Arte inaugure dès ce soir dimanche 26 mai 2013 un cycle Star Trek ! Au programme, les 6 épisodes cinématographiques de la saga impliquant l'équipage d'origine (Star Trek : le film, Star Trek II : la colère de Khan, Star Trek III : A la recherche de Spock, Star Trek IV : Retour sur terre, Star Trek V : l'ultime frontière, Star Trek VI : Terre inconnue), plus le meilleur épisode (peut-être de toute la saga dans son entier) : Star Trek : Premier contact, avec l'équipage de Star Trek : The Next Generation et les méchants Borgs, dirigés par une reine carrément borderline.

Ajoutez à cela deux documentaires dont un inédit (Star Trek : True Stories, ce soir à 22h45), la ration est tout à fait honorable. Pour les novices, débuter par Star Trek : le film s'avèrera assez déroutant, l'équipage vieillissant et les thématique sur la mort, sans compter le mystère V'ger, se détachant finalement d'un épisode classique de Star Trek. On vous conseille l'épisode II, avec un Ricardo Montalban viril tout en poitrine luisante, et la trilogie qu'il forme avec les épisode III & IV, réalisés par Leonard Nimoy, Spock en personne.

Tout cela pour amener au fait que ce Star Trek a fait de mieux n'est pas forcément au cinéma. Si vous aimez, plongez-vous dans la série originale : même si le tempo est un lent, la mythologie et le message de tolérance et d'humanisme distillé par Gene Roddenberry, sans compter le décorum SF assez excellent et les tenues parfois sexy en diable peuvent vous ravir. A bon entendeur !

Plus d'infos sur la programmation d'Arte

08.05.2013

Hommage à Ray Harryhausen (1920-2013)

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Le voyage fantastique de Sinbad

Un des grands maîtres de l'animation en stop-motion s'est éteint, le 7 mai 2013 à l'âge de 92 ans. Ray Harryhausen était un grand illustrateur de l'imaginaire au cinéma : il a fait vivre, sous les yeux grands ouverts de spectateurs éberlués, un cyclope (dans Le septième voyage de Sinbad, Nathan Juran 1958), des dinosaures (dans La vallée de Gwangi, Jim O'Connolly, 1969), la déesse Kali (dans Le voyage fantastique de Sinbad, avec John Philip Law dans le rôle-titre), les puissantes divinités oeuvrant autour des humains dans Le choc des Titans, sans oublier le fameux combat de squelettes dans Jason et les argonautes. Sam Raimi saura s'en souvenir dans Evil Dead III : l'armée des ténèbres. Elargir l'éventail des possible dans la représentation des légendes fantastiques à l'écran : cela semblait une devise pour cet amoureux de l'animation.

Disciple de Willis O'Brien (pionnier des trucages en stop-motion avec Le monde perdu sorti en 1925), Harryhausen découvre sa vocation dans ce cinéma de l'impossible, des mythes et légendes. Son apport technique significatif à l'industrie des effets spéciaux fut la généralisation de la double-exposition pour combiner figurines animées images par images et prises de vues réelles : auparavant, la technique la plus souvent utilisée était la rétroprojection ! A travers cette myriade de personnages exotiques, lointains dans le temps et dans l'espace, son oeuvre a marqué des générations de cinéphiles.

Rappelons-nous de ses exploits avec sa scène la plus célèbre dans Jason et les Argonautes (Don Chaffey, 1963) :

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05.05.2013

Expo à ne pas rater : Musique & cinéma, le mariage du siècle ?

8710082574_0c38b0ab89_m.jpgLa vie culturelle parisienne offre une multitude de manifestations hautement intéressante, qu'en ma qualité d'annécien j'ai rarement l'occasion d'exploiter. Cette occasion-là, pour le coup, est à saisir pour tous les amoureux de la musique de films, et de la musique tout court, d'ailleurs. La Cité de la Musique et le commissaire de l'expo, N.T. Binh, permettent ainsi, jusqu'au 18 août 2013, de se plonger dans un univers où les images -souvent magnifiques- se marient à la musique la plus diverse possible.

Dès l'entrée, le ton est donné : la pénombre ambiante rappelle l'atmosphère ouatée d'une salle de cinéma, et des sujets télévisés sont accessibles en solo (ou en duo) en s'installent confortablement sur des chaises de réalisateurs. Ces sujets télé, compilation d'émissions où s'expriment des réalisateurs et des compositeurs célèbres (Ennio Morricone, Michel Legrand, Alexandre Desplat, John Williams, en regard de Sergio Leone, Jacques Demy, Jacques Audiard et Steven Spielberg), s'adjoignent de panneaux retraçant l'histoire de la musique de films, de la sonorisation en direct par un pianiste au temps du muet, des premières musiques synchronisées, puis de l'usage de musiques pré-enregistrés et des compositions originales : musique symphonique, moderne... La Cité de la musique a profité de l'occasion pour exposer quelques partitions originales, de la main de ces compositeurs qui ont façonné, et qui font aujourd'hui, les grandes heures de la musique de film.

Certains écrans proposent des choses assez sympathiques, comme pour 2001, l'odyssée de l'espace : les producteurs du film ont demandé au compositeur Alex North de créer une partition originale pour le film, alors que Kubrick, qui y était opposé, choisira de la musique classique, notamment des deux Strauss (Richard et Johann). Sur plusieurs séquences, le choix nous est proposé de choisir entre les deux partitions (celle de North fut finalement enregistrée en 1993, par le Royal Philarmonic Orchestra de Londres et dirigé par Jerry Goldsmith), le visiteur pouvant changer à la volée. Outre la (re)découverte du score, la confrontation entre l'atmosphère musicale de North -moins mélodique, plus moderne- et les images spatiales de 2001 fonde une expérience entièrement renouvelée.

L'exposition donne à mon sens plus à voir de cinéma, qu'à entendre véritablement la musique : ce n'est pas pour me déplaire, tan la musique, dès lors que l'on parle de cinéma, fait corps avec l'image dans un ensemble que l'on nomme film. Deux autres éléments d’expositions m'ont franchement marqué : un panorama de génériques de début qui fonctionnent principalement grâce à leur bande-son : ainsi, de la partition effrayante de Bernard Herrmann pour Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958) jusqu'à celle de Dans la maison (François Ozon, 2012) de Philippe Rombi, en passant par Rosemary's Baby, L'arnaque, Delivrance, Edward aux mains d'argent ou Drive, on embarque pour une petite heure de balade musicale franchement recommandable. Enfin, dans une véritable petite salle de cinéma, 3 grands écrans diffusent côte à côte une sélection de passages de films (souvent très connus) où la musique joue le grand rôle de narrateur. Le petit plus qui prouve le bon travail fourni ? Les images et le son diffusés sont repris des meilleures sources existantes, à savoir leur restauration pour les sorties et blu-ray et les reprises cinéma. Bref, une très belle exposition pour le plaisir des yeux et des oreilles. En plus, un beau livre retraçant l'histoire de la musique de films avec moults photos et documents d'archive est disponible (il sera bientôt chroniqué sur le blog). Pour tous les passionnés de cinéma, c'est l'expo immanquable du moment ! Au fait, aviez-vous reconnu le compositeur Jerry Goldsmith sous un masque de singe pour le visuel de l'affiche ?

Source image : © Cité de la Musique

11:18 Écrit par Raphaël dans Actus ciné/DVD | Lien permanent | Commentaires (2) |  del.icio.us |  Facebook | |  Imprimer | |

15.04.2013

Hollywood Babylone, ou la face sombre de la Cité des Rêves

Un livre de Kenneth Anger

8650681721_bcd530273b_m.jpgKenneth Anger est plutôt connu pour son œuvre cinématographique, underground et ésotérique. Il réalisa de nombreux films, son dernier à ce jour, Ich Will !, datant de 2008. Cependant, à la fin des années 50, il écrit un livre rassemblant un certain nombre de scandales en tous genres sur le Hollywood interdit, mêlant principalement drogues, sexe et meurtres. A l'énoncé, on saisit clairement l'orientation très tabloïd du contenu : tout ce qui compte de faits divers sordide et croustillant fera le corps du livre ; Hollywood était une nouvelle Babylone dès ses débuts. Ainsi, chapitre après chapitre, année après année (des années 20 jusqu'à la fin de l'Hollywood classique, fin 60's), Anger égrène les potins, de ce qui faisait les choux gras de journaux à sensation de l'époque, tel le GraphiC. Il tient alors une posture contradictoire, vilipendant ces journaux et leurs gossip girls (Louella Parsons et Hedda Hopper), tout en jouant de sa dimension racoleuse pour vendre son bouquin (certaines photos des scènes de crime, et Jayne Mansfield en couverture, en témoignent). Le comble étant atteint lorsqu'il insère une page du Daily Examiner de William Randolph Hearst crachant sur "Le ragot" et louant la vérité des informations vérifiées. Mais ce n'est pas la seule chose qui gêne ici, à commencer par les informations non sourcées que l'auteur couche sur le papier.

Une fois ces griefs posés, force est de reconnaître que le livre a des points positifs : ainsi, Anger trace en filigrane l'histoire de la naissance d'Hollywood et du star-system, de ces inconnu(e)s qui, par la lumière aveuglante des projecteurs, deviennent en un clin d’œil des célébrités. Ceux-là, pas encore saisis de la qualité d'un travail qui serait plus tard reconnu en tant qu'art, devaient consumer leur argent et leur renommée dans de fastes parties décadentes. De même, le passage de la fin des années 20 et son double krach (crise financière et arrivée brutal au parlant) laissa plus d'un acteur sur le carreau (cas extrême : la MGM, voulant se débarrasser d'un acteur, dérègle les instruments de prise de son pour lui donner la voix d'un castra : le public n'en voulu plus). Ce point de vue donne un autre angle à l'arrivée du Code de production cinématographique ou code Hays, en 1934, et le montage de projets bibliques (Le Roi des Rois) pour assainir l'image souillée qu'offrait alors Hollywood. Quand la frontière entre la vie privée et l'image publique s'efface, certains y laissent leurs plumes : Rudolph Valentino et son homosexualité supposée, Stroheim et ses orgies généreusement financées par Paramount, MGM ou Universal, la dépression de Frances Farmer qui la projeta dans l'abîme, etc. Une histoire parallèle de la grande cité du cinéma.

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Mae West, la croqueuse d'hommes

Rappelons ici que le livre est le fruit d'une collaboration étroite entre Kenneth Anger et l'éditeur Jean-Jacques Pauvert à sa sortie en 1959 ; Tristram, qui réédite aujourd'hui le livre, y apporte une nouvelle traduction (de Gwilym Tonnerre), qui préserve heureusement un langage désuet qui dépeint à merveille les affres d'une autre époque. C'est effectivement l'écriture elle-même qui est la plus grande valeur du livre : tout à la fois foisonnante, un peu trash et mouvementée, elle trace énergiquement la route chronologique mais alternative de son contenu. Alors, au-delà des réserves évoquées, si le voyage vous intéresse, faîtes-vous votre propre opinion sur cet Hollywood dépravé : le livre de chez Tristram, composé avec soin (on y retrouve pléthore de photos d'époque), est une bonne porte d'entrée... dérobée !

02.03.2013

Django Unchained (2012)

Un film de Quentin Tarantino

8522239378_685868f03f_m.jpgUn film de Tarantino, aujourd'hui, c'est un peu un genre en soi ; quand on va voir "un Tarantino", peu importe de quoi ça parle, ni de quel genre il s'agit. On sait qu'on va retrouver un monde bien particulier, peuplé de personnages truculents, débitant du dialogue intelligent à tour de bras, sur une musique furieusement in ; sans oublier la maîtrise du cadre, toute cinéphile, du jeune Quentin (qui a pris un peu depuis, question âge et tour de taille).

Pour autant, on perçoit une mutation sensible dans le cinéma du bonhomme. Axé sur le brutal, les images-chocs (Reservoir Dogs, Pulp Fiction), ses histoires étaient ramassées autour d'éléments micro-historiques. La petite histoire de gangsters (Pulp Fiction), une quête de vengeance toute personnelle (Kill Bill vol.1&2), la vie chaotique d'une hôtesse de l'air (Jackie Brown). Depuis Inglorious Basterds, ces destinées individuelles croisent la grande histoire : la seconde guerre mondiale et la lutte contre les nazis, puis aujourd'hui l'esclavagisme ; grande histoire dans laquelle les personnages principaux cherchent (et obtiennent) une revanche toute uchronique. Cette uchronie donne un ton inédit au cinéma de Tarantino : celui d'une tordante comédie, qui s'accommode de séquences humoristiques presque sitcosmesques. Brad Pitt qui baragouine de l'allemand dans Inglorious Basterds, ici une chevauchée de membres du Ku Klux Klan ou Django, "lhomme trop bien sapé", sans parler des effets dévastateurs des armes du duo de chasseurs de primes : les victimes sont projetées comme si elles étaient percutées par un train. Enfin, pas toutes, les vrais méchants ne meurent qu'avec un miniscule trou rouge qui s'agrandit fort peu, et en silence. Tarantino, réalisateur de comédies ?

A la violence viscérale des débuts, les excès d'aujourd'hui accompagne cette comédie. Auparavant douloureuses, les exécutions revêtent des atours séduisants, repeignant les murs à la façon d'un Pollock. Le cinéma de Tarantino apparaît aujourd'hui comme plus rangé, plus plaisant, plus grand public. Rien d'étonnant à ce que son dernier opus soit également son plus grand succès : Tarantino, parti de la périphérie, a rendu ses excès mainstream. Ou bien, c'est le cinéma mainstream qui s'est emparé des codes de violences made in Tarantino.

Django est donc un jouissif mélange des genres, habité par ses personnages (excellent Christoph Waltz, qui n'a pas volé son oscar, mais n'oublions pas Jamie Foxx, très bon en esclave vengeur). L'ampleur est véritable, et la touche Tarantino toujours présente. Existe-t-il pour autant une recette miracle, une formule clé en main ? La réussite de ses films recoupe un ensemble de choix pertinents, en plus du talent indéniable du cinéaste. Le casting, la musique, la maîtrise de la narration, importe ici plus que la simple originalité de l'histoire. Mais, plus que tout, c'est la personnalité de Tarantino qui se détache de l'ensemble. La séance de cinéma devient une rencontre privilégiée avec son auteur. Correspondant en tous points à la fameuse politique des auteurs développée par Truffaut dans les années 50, on ne s'étonne pas non plus du grand succès de Tarantino dans l'hexagone : il plaît, autant au public qu'aux élites (aux dernières nouvelles, son Pulp Fiction est toujours la Palme d'or la plus vue au cinéma) : cette rare alchimie ne peut pas être formulée, reproduite. C'est ça aussi, le talent de Tarantino.

Ah, une dernière chose : Django Unchained est un western, dont le personnage est repris d'un film fondateur du western italien, Django (Sergio Corbucci, 1966). Tout de même...

Autres chroniques (de points de vues assez différents), lues sur Inisfree, Nightswiming et Sur la route du cinéma.