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03/02/2014

Frankenstein Junior (1974)

Un film de Mel Brooks

"Aaah, sweet mystery of life,
at last I found you..."

12286776046_1b46fae5b1_m.jpgL'humour parodique de Mel Brooks a ses hauts et ses bas, mais dénote toujours d'un amour absolu pour son sujet : le cinéma lui-même. Avec Frankenstein Junior, il s'attaque au cinéma fantastique des années 30, et l'homme connaît ses classiques sur le bout des doigts.

Frankenstein Junior propose ainsi un hommage drôlissime au classique de Mary Wollstonecraft Shelley, mais aussi au Dracula de Bram Stoker (le château niché sur la colline transylvanienne), et un passage qui doit tout au King Kong de Shoedsack et Cooper. Le film rapproche donc deux monstres sacrés de la Universal, dont les décors étaient souvent identiques : ces bourgades rustiques, typées Europe de l'est, (ou allemande, voir le running gag sur Frau Blucher), où des villageois apeurés et avinés subissent les tourments des deux monstres : Frankenstein, le scientifique génial mais dément, et le comte aux dents pointues.

Dans les films originaux, il était souvent question d'une esquisse de triangle amoureux, causé par l'absentéisme du personnage principal, trop obsédé par ses recherches. Ici, l'affaire est très ironique, entre une promise qui a l'air de fiche comme d'une guigne de Frankenstein (pardon, Fronkonstine : descendant du fameux savant, il tend à refuser cet héritage bien lourd à porter), et une résolution incluant un monstre finalement très avantagé par la science.

Le noir et blanc tranchant, le décor du laboratoire (vraisemblablement le même qui a servi au film Universal de 1931), la bouille incroyable de Marty Feldman en Igor (prononcer Aï-gor), tout marche à merveille. La fausse bosse d'Igor est même le sujet d'un running-gag qui dévoile magnifiquement l'artifice des effets, ainsi que la dimension "série B - exploitation" inhérente au genre. Dans le même genre, la séquence de la bibliothèque qui s'escamote pour laisser entrevoir un passage secret relève du pur génie comique

La performance de Gene Wilder est évidemment à saluer, véritable clown qui sait doser ses effets, toujours classe, et intégrant la folie nécessaire au rôle. La séquence de claquette, où il se lance dans un duo dansé avec la créature, est à mourir de rire. Ici, la parodie et l'hommage sincère se mêle inextricablement pour donner vie à une vraie comédie tordante, entendre par là, qui ne se résume pas à son postulat de parodie. A revoir sans modération dans sa belle copie Blu-ray, sortie récemment !

Disponibilité vidéo : Blu-ray / DVD zone 2 - éditeur : Universal Pictures

27/01/2014

Classics Confidential : The Outfit - échec à l'organisation (1973)

Un film de John Flynn

12168092624_29d9756177_m.jpgWild Side continue sur sa lancée des Classics Confidential, en sortant de l'ombre un film méconnu de John Flynn, réalisateur à la carrière atypique (ancien assistant de Robert Wise, ayant travaillé sur West Side Story, il réalise notamment Le sergent, 1968, avec Rod Steiger et John Philip Law, et Haute sécurité, le film d'action avec Stallone en 1989).

Echec à l'organisation est un film typique des années 70, avec son personnage principal (Earl Macklin, joué par Robert Duvall), qui, après sa sortie de prison, se lance dans une vendetta contre ka mafia de Chicago (l'Outfit du titre) qui a tué son frère ; dans son épopée, il est accompagné de sa girlfriend (Karen Black, en mode Bonnie Parker, incarne Bett Arrow) et d'un de ses amis (Cody, interprété par Joe Don Baker). Typique des années 70, car une des caractéristiques de ce cinéma est le mouvement permanent. La fine équipe, menée par Macklin, ne peut pas rester en place, toujours tendue par cette organisation qui est à leur trousses, maintenue par la main de fer de Mailer (Robert Ryan vieillissant).

Macklin, sortant tout juste de prison, ne peut que continuer ce qu'il a toujours fait : les combines, dont on imagine à chaque fois qu'elles vont avoir une issue fatale, alors que le film déjoue cette attente de façon quasi-permanente. La narration est une suite d'épisodes qui pourraient être indépendants, ou constituer chacun un petit film : la descente de Macklin dans un hôtel où une bande joue au poker depuis une semaine ; l'arrêt forcé chez une connaissance pour récupérer une voiture ; le braquage tout en douceur d'une salle de jeux clandestin appartenant à Mailer. Macklin arrive toujours à passer entre les gouttes. La musique funky de Jerry Fielding sait parfois se faire plus douce, pour accompagner cette folle odyssée au ton plus léger qu'on pourrait l'imaginer.

Le film est adapté d'un livre de Richard Stark, alias Donald Westlake ; le personnage principal n'y vit qu'une aventure parmi d'autre, y étant nommé la plupart du temps Parker (le film de Taylor Hackford, Parker, avec Jason Statham, en est une autre incarnation). Philippe Garnier, dans le livre qui accompagne l'édition DVD, décrit les circonvolutions d'un personnage moult fois adapté au cinéma (Point Blank avec Lee Marvin, Payback avec Mel Gibson sont les plus connus), à chaque fois dans des versions fort divergentes. Encore une fois, le choix de ce titre, ainsi que l'ajout du livre, est une belle réussite de Wild Side. Le film est, qui plus est, présenté dans une superbe copie. Grâce aux Classics Confidential, The Outfit peut désormais reprendre ses droits : ceux d'un film marquant des années 70, habité par un casting hautement référentiel et de qualité.

Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Wild Side Video.

20/01/2014

Riddick (2013)

Un film de David Twohy

12046225794_7cdafaf1e2_m.jpgPitch Black, le premier film de ce qui allait devenir une trilogie, était un survival à petit budget que se sortait bien des limites imposées par son budget. En 2004, Les chroniques de Riddick, grâce à une enveloppe autrement plus conséquente, s'enfonçait dans une fantasy à grand spectacle qui ne lui a pas vraiment réussi. De plus, le film est un four : 120 million de budget, 58 millions de recettes au États-Unis (115 millions monde). Cela en aurait refroidi plus d'un, mais c'est sans compter Twohy et la star du film, Vin Diesel, très attachés au personnage. Diesel s'investit financièrement dans l'affaire, et, au bout de quelques années, le projet est sur pied.

Alors qu'on avait laissé Riddick seul sur son trône du monde des Necromanger. le troisième film nous montre le personnage principal seul sur une planète désolée, infestée de créatures assoiffées de sang. En cela, Riddick troisième du nom renoue avec le l’économie du premier film, et revient aux bases du personnage. La première demi-heure du film est en effet un véritable survival dans lequel Riddick est aux prises avec cet environnement hostile, mais dont on se doute bien que cela ne lui posera pas le moindre souci. Si cette partie est regardable, on ressent quand même un malaise sur le manque d'enjeux, en même temps que la désagréable impression de revenir en arrière ; et ce ne sont pas les bestioles extra-terrestres qui vont nous faire rêver : elles ne sont finalement que des gros chiens que Riddick saura dompter.

La deuxième partie, voyant deux troupes de chasseurs de primes débarquer pour prendre Riddick vivant, fait du film un Alien du pauvre... avec Riddick dans le rôle de l'alien. Tapi dans l'ombre, il surgit pour surprendre un à un les membre de cette escouade décidément pas très douée. Ah, mais pardon, on me dit dans l'oreillette que Riddick est vraiment trop fort, ceci expliquant cela. Au temps pour moi.

Le film ne brille pas, ni pas son visuel, ni par son scénario, et encore moins par sa galerie de personnages, tous plus bêtes les uns que les autres. Tout au plus, sera-t-on intéressé par Katee Sackhoff, transfuge de Battlestar Galactica (le budget étant ce qu'il est, elle a du même conservé ses vêtements de BSG !). Non, franchement, Riddick et de sa voix de basse aurait du s'arrêter au premier film, qui avait le mérite de son originalité. Le film étant tout juste remboursé par les recettes US, on espère que la sagesse guidera les pas des personnes responsables afin de s'investir dans un autre projet.

Disponibilité vidéo : DVD / Blu-ray chez l'éditeur Metropolitan Filmexport.

08/01/2014

Bonne année 2014 (rétro-news) et tops/flops 2013

10590136436_5e85dfd133_m.jpgBonjour à tous, que 2014 vous soit bonne et profitable ! Pour ce qu'elle a été, 2013 ne fut pas un très bon millésime... cinématographique, tout du moins : la SF s'est plantée dans les grandes largeurs, les films attendus ont tous déçus (sauf Gravity), et personnellement les visionnages (et les contributions au Film était presque parfait, du même coup) ne furent pas aussi foisonnantes qu'espérées. Tout cela n'empêche pas de vous livrer un petit Top / Flop assez réduit, que voici :

TOP 2013

Django Unchained (Quentin Tarantino), décidément un bon cru
The Place beyond the Pines (Derek Cianfrance), belle histoire, un brin téléphonée, et surtout casting impeccable, un peu long malheureusement.
Gravity (Alfonso Cuaron), une date dans l'histoire du cinémùa, à voir ce que ça donne chez soi
Les Croods (Chris Sanders, Kirk De Micco), un très bon film d'animation, enlevé, super drôle et inattendu.
Conjuring : les dossiers Warren (James Wan) Un bon vieux coup de flippe old school qui marque (Ah, James Wan et les poupées...)

FLOP 2013

Man of Steel (Zack Snyder) (mais je crois que Superman, je peux vraiment pas)
Lost Destination (Eduardo Chapero-Jackson), un trip mal foutu entre fantastique et slam, je cherche encore le rapport...
Only God Forgives (Nicolas Winding Refn) Faire un film avec du vide et un symbolisme tout pourri, c'est possible !
Jack le tueur de géants (Bryan Singer) Pas très inspié, le Bryan...
Pacific Rim (Guillermo Del Toro) J'en ai encore mon coeur qui saigne : je l’attendais, je l'ai vu... et c'était mauvais à pleurer !
Le monde fantastique d'Oz (Sam Raimi) Même si Raimi s'en sort mieux que Singer côté conte, c'est tout de même pas bien folichon...

A bientôt sur Le film était presque parfait pour suivre la grande aventure du cinéma !

23:15 Écrit par Raphaël dans Actus ciné/DVD | Lien permanent | Commentaires (2) |  del.icio.us |  Facebook | |  Imprimer | |

08/12/2013

Rendez-vous avec la peur (1957)

Un film de Jacques Tourneur

11277469893_0ff57959cb_m.jpgWild Side Video gâte, encore une fois, les cinéphiles en cette fin d'année, avec des parutions aussi intéressantes que réussies : Gun Crazy (le démon des armes), de Joseph H. Lewis, avec un bouquin vraisemblablement immanquable de l'Indiana Jones des films noirs, Eddie Muller ; mais également, ce Rendez-vous avec la peur, auréolé d'une rumeur insistante le qualifiant de chef-d’œuvre du fantastique ! Ni une ni deux, c'est LA chronique indispensable du mois pour votre serviteur.

On ne peut qu'être surpris, décontenancé, en découvrant le début de Rendez-vous avec la peur (Night of the demon) ; Jacques Tourneur, réalisateur personnellement très impliqué dans le genre fantastique, a toujours façonné des moments de terreur qui donnaient la part belle à l'imagination du spectateur, préférant laisser vagabonder les idées les plus folles sur ce qui se passe à l'écran plutôt que de montrer plein cadre l'objet de toutes les tensions. Quelle ne fut pas notre surprise, donc, de croiser à peine 4 minutes après le début du film la trogne patibulaire du monstre dont il sera question durant tout le film. Las ! C'est par l'entremise d'un producteur Hal E. Chester, que cet effet des plus gratuits surgit de la plus évidente des façons dans cet incipit du film.

Tout n'est pas perdu pour autant, et c'est bien là tout l'incroyable coup de poker de Rendez-vous avec la peur : Le reste du métrage est à peine entaché de cette faute : tout au plus manque-t-on le chef-d’œuvre, et accueille-t-on un  film viscéralement marquant. Car l'insidieuse frayeur qui nous étreint, des ruines de Stonehenge jusqu'à la demeure vraisemblablement accueillante du docteur Karswell, pourtant grand ordonnateur des forces démoniaques à l'oeuvre dans le film, est bien là. Le crédit est a apporter à Tourneur bien sûr, qui fait surgir même dans les instants les plus anodins (la fête de Karswell donnée pour les enfants du quartier), des sursauts véritables. Là un cri, ici un train, au-delà, un couloir, tout est propice à l'expression d'un terreur sous-jacente, prête à exploser à n'importe quelle occasion.

L'opposition entre deux personnages, et deux conception du monde (le scientifique et le sorcier, le cartésien et le magicien) permet, alors que des faits extra-ordinaires surviennent -la mort d'un scientifique au moment précis où on lu avait prédit, de mettre en tension, en interrogation, ses deux mondes. Comment ? de la façon la plus admirable qui soit, par des cadres où l'ombre, très nettement découpée, façonne les contours d'une terreur qui rôde. Toujours là, mais perceptible uniquement par certaines personnes. Cette avancée de la peur, Michael Henry Wilson l'explique et l'écrit fort bien dans le livre qui accompagne l'édition Blu-ray + DVD. Cette approche, plus sensitive et analytique, alors que d'autres auteurs opteraient plutôt pour une approche factuelle et méthodique, est tout à fait convaincante dans le cas du film de Tourneur.

Le film avance rapidement, et les séquences marquantes s’égrainent au fur et à mesure : la première confrontation entre John Holden, le scientifique, et Karswell, au British Museum, est très belle, y compris dans la transmission d'une malédiction qui suivra Holden pendant tout le reste du film. On retiendra également une séance de spiritisme qui sera maintes fois copiée. Sam Raimi voulait d'ailleurs en faire un remake il y a quelques années, et a finalement abandonné ; mais, en recyclant plusieurs idées (la malédiction, le choc des cultures) plusieurs séquences (dont cette fameuse séance de spiritisme), il finit par réaliser Jusqu'en enfer, qui recèle également de bons moments.

Dana Andrews, toujours charismatique l'année suivant La cinquième victime et L'invraisemblable vérité, est un bon choix. Solide comme un roc, il va voir ses certitudes fondre comme neige au soleil, et plonger dans un monde de croyance qu'il pensait disparu. Rendez-vous avec la peur réussit donc, malgré un faux-pas initial, à nous plonger dans un état étrange, comme pris dans la malédiction de ce monstre antédiluvien, qui nous retrouve, tôt ou tard, sans faute.

Disponibilité vidéo : DVD / Blu-ray chez l'éditeur Wild Side Video.