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09.09.2013

Kick-Ass 2 (2013)

Un film de Jeff Wadlow

9710464564_77330c68a1_m.jpgAprès la réussite incontestable du premier film réalisé par Matthew Vaughn et sa fin très ouverte, tout était en place pour une suite attendue. Vaughn n'étant pas fan de la répétition, il laisse la place à Jeff Wadlow, ici réalisateur et scénariste. Avec la quasi-totalité du casting d'origine, nous voici de retour dans le monde barré de Kick-Ass, qui, s'il n'est pas un super-héros à proprement parler (pas de super pouvoirs à l'horizon, ni d'artefacts proprement liés au fantastique), il y ressemble diablement... sauf que, la plupart du temps, ce sont les méchant qui lui "bottent le cul".

La suite... devenue pratiquement un genre à part entière, que l'exercice est périlleux ! On compte bien plus de plantages désastreux que de réussites, dans un temps où la pratique se multiplie plus vite que les Gremlins après un bain de minuit. Rien que ces dernières années, Iron Man 2 et Sherlock Holmes : Jeux d'ombres étaient venus confirmer le statut accidentel de la réussite de ces deux franchises. A ce stade, disons-le tout net : Kick-Ass 2 s'en sort franchement mieux, en gardant des éléments primordiaux de la réussite du premier opus, en faisant évoluer les personnages (et surtout celui de Mindy / Hit Girl) de façon convaincante. 

Les premières minutes offrent un rappel de certaines scènes cultes du premier (Mindy qui se fait tirer dessus par son père, l'arrivée à l'école) pour décoller au quart de tour tout de suite après. Si Mindy fait toujours usage d'un langage de charretier et Dave / Kick-Ass a toujours autant la loose -mais avec du courage !-, l'action se fait plus présente, notamment par l'intermédiaire des deux armées qui se font face : celle des héros de Justice Forever, groupe fondé par le Capitaine Stars and Stripes (Jim Carrey, méconnaissable et absolument excellent), et celle des grands méchants du Motherfucker, dominée par une bodybuildeuse russe tout simplement surhumaine ! La Mother Russia envoie par exemple une dizaine de flics au tapis en quelques minutes grâce à un attirail tout à fait improbable (dont une tondeuse à gazon), et donc jouissif.

Kick-Ass 2, c'est dont Kick-Ass avec plus de tout : de personnages, de combats, de grossièreté, de musique. Mais la vraie bonne orientation -qu'il aurait été difficile de rater- est de faire de Mindy la véritable héroïne de l'affaire. Détonante dans le premier, Chloe Grace Moretz est ici attachante et très .. Hit Girl, avec le meilleur passage du film à son crédit : la révélation qu'une fille de 15 ans reste, malgré tout le conditionnement possible, une fille de 15 ans...

Très bon divertissement qu'on attendait pas à ce niveau, Kick-Ass 2 reçoit haut-la-main la médaille de la meilleure suite de films de super-héros depuis The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008)... C'est dire !

23.08.2013

Jack le chasseur de géants (2013)

Un film de Bryan Singer

9579317338_ff4e9a0ba0_m.jpgOyez, oyez, gentes dames et preux messieurs, je vous ai délaissé trop longtemps. Bien trop longtemps, quelques vacances bien méritées ayant été suivies par une période de travail comme rarement j'en ai connu. Ceci expliquant cela, si l'on veut... Mais cela ne pardonne pas l'absence de chroniques, car le feu cinéphile m'anime toujours, et toujours plus.

Abordons aujourd'hui, si vous le voulez bien, le dernier "crime" de Bryan Singer, qui es loin d'être un manchot dans le genre (y compris son mal-aimé Walkyrie, qui est pour le coup très bon). Là, je l'avoue, je n'ai pas très bien compris ce qui avait amené le bonhomme à accepter pareille commande. Rien dans sa filmographie ne le destinait à aborder le monde du merveilleux et des contes de l'enfance, comme celui de Jack et le haricot magique. Le merveilleux est ce qui offre le plus de promesses de dépaysement, de voyage dans l'imaginaire, bref d'une vision inédite d'un monde inconnu. Paradoxalement, c'est ce même genre (incluons la fantasy dans le lot, même si le vocable là aussi est devenu furieusement contradictoire) qu'aujourd'hui nous sert et ressert, recyclant les mêmes artefacts, les mêmes personnages : bienvenue, trolls et sortilèges, princes et damoiselles souffrant mille périls. Ici, les géants sont d'une pauvreté visuelle juste révoltante, semblant surgir des premiers temps de l'infographie sur pellicule. La cité des nuages en rappelle bien d'autres (de Miyazaki à Avatar, mais ce dernier avait déjà copié sur l'autre, donc ça ne compte pas vraiment), bref c'est la bérézina la plus complète (et encore, je ne suis pas allé le voir en 3D...).

L'histoire, elle est amené de façon encore plus indigente : la prise de la première graine est une scène ridicule, comme si l'on voyait les scénaristes bien embêtés par ce haricot qui doit tomber de façon non-intentionnelle juste sous la maison du pauvre Nicholas Hoult... Le degré de fantaisie est réduit à sa plus simpliste expression, certes malgré quelques touches d'humour bienvenues (le jeu de séduction Nicholas Hoult - Eleanor Tomlinson). Et lorsqu'on se prend sur le fait, à penser qu'une série comme Once Upon a Time, malgré sa qualité générale assez moyenne, fait mieux sur son épisode dédié au même conte, on se rend bien compte de l'échec quasi-complet de l'entreprise... Bryan, qu'es-tu allé faire dans cette galère ?  Le monde fantastique d'Oz, sorti quasiment en même temps, ne s'en ai presque pas mieux sorti, malgré -là encore- un réalisateur qui nous avait habitué à bien mieux : Sam Raimi...

09.07.2013

Hommage à Liu Chia-Liang (1936-2013)

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Liu Chia-Liang dans Lady Kung-fu

Le 25 juin dernier disparaissait dans une indifférence quasi-générale un des plus grands homme du cinéma kung-fu, en la personne de Liu Chia-Liang. D'abord cascadeur puis directeur des combats chez le prolifique Chang Cheh, sa popularité explosera en tant que réalisateur à la Shaw Brothers, notamment pour sa trilogie de la 36ème chambre ; il est également acteur : on le voit beaucoup dans ses fameuses kung-fu comedies fin 70's - début 80's, comme dans l'excellent Mad Monkey Kung-fu (1979), ou encore Lady Kung-fu (My Young Auntie, 1981).

Sifu (maître), comme l'appellent ses collaborateurs, est un adepte de la boxe du sud, un style de combat ramassé, reposant sur un jeu de jambes stable et un gros travail de mains. Ce style de combat fera tout le sel de sa filmographie, dans laquelle il s'applique à la montrer particulièrement lisible (les meilleurs pour filmer des scènes de combat restent les directeurs de combat eux-mêmes, qui comprennent mieux que tout autre la dynamique spatiale des corps). Si certains taxent sa mise en scène d'académique, elle demeure surtout maîtrisée, saisissant les mouvement dans toute leur grâce.

Au contraire d'un Chang Cheh, tout entier dévoué à la sauvagerie des combats et à la célébration d'amitiés viriles, Liu Chia-Liang entend donner avec le kung-fu des leçons de vies, notamment en appuyant les arcs narratifs de ses films sur la relation maître-élève. Le respect dû à la figure du père, élément-clé de la philosophie confucianiste, est au cœur de l’œuvre de Liu-Chia Liang. La mante religieuse (Shaolin Mantis, 1978) est un exemple typique de cet aspect, tout comme le cultissime 36ème chambre de Shaolin, sorti la même année.

Passionné par l'art des combats, Liu Chia-Liang est, de fait, un des descendants de la lignée du légendaire Wong Fei-Hung, le fameux docteur et expert en arts martiaux incarné dans les années 90 par Jet Li dans les films de Tsui Hark. Plus précisément, son père était l'un des disciples d'un élève du célèbre maître. Le combats des maîtres (Challenge of the Masters, 1976), ainsi que Martial Club (1981), ont pour héros Fei-Hung, interprété dans les deux cas par Gordon Liu (Liu-Chia Hui), frère adoptif du Sifu. L'histoire a continué de s'écrire quand, à son tour, Liu-Chia Liang prend pour disciples certains de ces acteurs favoris, avec lesquelq il tournera quelques films marquants : Chen Kwan-Tai, Jimmy Wong-Yu, Ti Lung, ou encore Alexander Fu-Sheng. Liu Chia-Liang aura marqué de son empreinte l'histoire du cinéma mondiale : il resera dans nos mémoires.

Lecture conseillée :
Ciné Kung-Fu, François & Max Armanet, 1988
Tigres et dragons, les arts martiaux au cinéma : chevaliers et samouraïs, Christophe Champclaux, 2008

Source image : Lady Kung-fu (My Young Auntie) © Celestial Pictures

17.06.2013

Star Trek Into Darkness (2013)

Un film de J.J. Abrams

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Il aura finalement fallu attendre 2013 pour que je voie mon premier Star Trek sur grand écran ! Pourtant, c'était loin d'être gagné : le faux reboot / remake de Abrams m'avait bien déçu lors de son visionnage en DVD. J'y allais donc un peu à reculons, mais, dans le même temps, un space opera comme Star Trek doit être vu au ciné... Dont acte.

Abrams est aujourd'hui le cinéaste geek par excellence, ses films ayant pour l'instant toujours trait à une culture populaire furieusement eighties. Super 8 rappelle les films de jeunes à la Goonies, Mission impossible III (le moins réussi) s'inscrit dans une lignée de séries de films conséquentes ; tout comme Star Trek, et bientôt Star Wars. En fin connaisseur de la mythologie, soucieux à la fois de satisfaire les fans de la première heure comme les jeunes générations qui ne connaissent que Star Trek de réputation (et souvent de pas très bonne réputation), il trousse un actioner et un blockbuster tonitruant, qui ne cache cependant pas son manque de qualité de mise en scène. La caméra bouge, tout le temps, très vite, sans doute prise par l'urgence de donner un résultat remuant pour une saga qui est souvent clouée au pilori pour sa lenteur. De ce côté-là, rien de transcendant, aucune scène ne se détache de l'ensemble, et, sera-t-on tenté d'affirmer, ne restera dans les annales. Pour autant, cela se suit sans déplaisir.

Il est étonnant de voir que, dans son exercice périlleux de ni-suite-ni-remake-ni-reboot, le film se cale dans la trace du deuxième film de la saga cinématographique des années 80, lui-même faisant explicitement référence à un épisode de la série TV originale. Là où étrangement le film marche le mieux, c'est dans son attitude à constamment regarder dans le rétroviseur sans lâcher le néophyte. Comme si aucun film Star Trek ne pouvait exister sans invoquer la sacro-sainte mythologie originelle. Est-ce uniquement pour flatter le geek ? Pour le coup, je ne le crois pas; cette dimension est réussie, tout comme son méchant, joué par un Benedict Cumberbatch très charismatique (le plus marquant du film, très certainement).

Autrement, j'ai toujours autant de doutes quant à Chris Pine -Capitaine Kirk-, qui se résume à une tronche de yankee joufflu qui a beaucoup de mal à jouer. La position de Spock -Zachary Quinto- est plus jouissive, dans son détachement constant aux événements extérieurs ; les meilleurs scènes sont souvent pour lui. Dans les rôles secondaires, Simon Pegg est assez bon, même s'il perd un peu de son naturel en voulant calquer son accent sur le Scotty original (même reproche, en pire, pour le pauvre Anton Yelchin, roulant les R comme une caricature de Russkov).

Si le scénario brille par certains détours assez complexes, la facture visuelle est commune à des pelletées de blockbusters inondant les écrans chaque été. Beaucoup de gros plans, jamais une séquence très composée graphiquement, mais malgré tout un tempo appréciable, qui ménage quelques pauses au milieu du déchaînement pyrotechnique à l’œuvre (le scène Kirk / Spock dans la dernière partie, même si le fan reconnaîtra la même scène dans La colère de Khan, simplement inversée). Donc, pour l'instant, peu de preuves du talent de Abrams, si ce n'est en terme marketing. Les intentions sont bonnes, l'exécution moins convaincante, même s'il donne du spectacle. Concernant son prochain film qui sera d'ores et déjà le succès de l'année 2015, on l'attend au tournant, sans beaucoup d'exigences toutefois...

Source image : Star Trek into Darkness © Paramount Pictures

26.05.2013

Live long and prosper : Star Trek débarque sur Arte !

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Amis de la SF, des paradoxes temporels et de l'exploration de planètes et peuplades exotiques, tous à vos postes ! Arte inaugure dès ce soir dimanche 26 mai 2013 un cycle Star Trek ! Au programme, les 6 épisodes cinématographiques de la saga impliquant l'équipage d'origine (Star Trek : le film, Star Trek II : la colère de Khan, Star Trek III : A la recherche de Spock, Star Trek IV : Retour sur terre, Star Trek V : l'ultime frontière, Star Trek VI : Terre inconnue), plus le meilleur épisode (peut-être de toute la saga dans son entier) : Star Trek : Premier contact, avec l'équipage de Star Trek : The Next Generation et les méchants Borgs, dirigés par une reine carrément borderline.

Ajoutez à cela deux documentaires dont un inédit (Star Trek : True Stories, ce soir à 22h45), la ration est tout à fait honorable. Pour les novices, débuter par Star Trek : le film s'avèrera assez déroutant, l'équipage vieillissant et les thématique sur la mort, sans compter le mystère V'ger, se détachant finalement d'un épisode classique de Star Trek. On vous conseille l'épisode II, avec un Ricardo Montalban viril tout en poitrine luisante, et la trilogie qu'il forme avec les épisode III & IV, réalisés par Leonard Nimoy, Spock en personne.

Tout cela pour amener au fait que ce Star Trek a fait de mieux n'est pas forcément au cinéma. Si vous aimez, plongez-vous dans la série originale : même si le tempo est un lent, la mythologie et le message de tolérance et d'humanisme distillé par Gene Roddenberry, sans compter le décorum SF assez excellent et les tenues parfois sexy en diable peuvent vous ravir. A bon entendeur !

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