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film noir

  • Je dois tuer (1954)

    Un film de Lewis Allen

    4c1f8ab9ba35a.jpg"S'ils jouent les héros, tue-les.
    On ne sera pendu qu'une fois."

    Sous ses dehors de série B à l'aura délicate -son intrigue fut jugée totalement fantaisiste à l'époque, avant qu'elle ne se révèle prophétique avec l'assassinat de JFK ; de plus, Lee Harvey Oswald aurait visionné le film peu avant le crime-, Suddenly ! est une péloche trépidante, s'arrangeant formidablement de ses limites pour illustrer un huis-clos oppressant ; ces gangsters, sous la coupe de John Baron (Frank Sinatra), prêts à commettre le meurtre du président des Etats-Unis pour l'argent, se heurtent à la personnalité forte de Todd Shaw, shérif qui, comme Baron, a servi en Corée. Le jeu de miroir laisse paraître les fissures d'un Sinatra qui n'en est certes pas dépourvu. Le cadre serré du 1.33 sert le propos et cristallise les tensions, la folie paranoïaque du criminel, ainsi que le danger permanent qu'il représente pour ses otages. La dimension extrémiste du film rappelle constamment cette menace constante, restant par là très moderne.

    Le nom de la ville, qui donne son titre original au film, est excellent ; il crée la surprise chez chaque nouvel arrivant, tout en incarnant un état passé qui fait écho aux gangsters des années 30. Cette parenté, ainsi que la typologie du personnage principal, aspiré dans une spirale infernale de violence, rappelle totalement l'aspect film noir revendiqué par Lewis Allen, qui réalisera notamment un autre film du genre en 1955, Témoin à abattre.

    La tension est bien présente tout du long, avec une belle idée pour la résolution de l'intrigue. Un film simple, qui file comme une balle de son idée de départ jusqu'à son dénouement : une démonstration de l'efficacité d'alors, et oui, Sinatra est vraiment flippant.

    Disponibilité vidéo : DVD - éditeur : Wild Side Video

  • Il marchait la nuit (1948)

    Un film de Alfred L. Werker et Anthony Mann

    16719178119_74cd25dc83_m.jpgCe film policier, montrant avec force détail le processus d'enquête de la police de Los Angeles suite à l'assassinat d'un de ses agents n'est pas sans rappeler l'excellent La brigade du suicide, réalisé par Anthony Mann en 1947. Tout l'appareil de police est mis à contribution das une affaire particulièrement délicate : de nuit, un homme agresse un policier, puis fait varie son apparence physique comme son mode opératoire (hold-up, agression, de jour comme de nuit). Afin de triompher de cet homme "sans visage", on nous montre avec fierté un dispositif d'avant-garde, l'établissement d'un portrait le plus détaillé possible, avec l'aide des dernière technologies disponibles et des témoins des crimes. Une voix-off vient souvent appuyer le fastidieux processus d'enquête et d'interpellation. Il marchait la nuit marque également par sa tonalité très sombre, notamment lors d'une séquence très dure au cours de laquelle le personnage principal (qui est aussi le criminel, c'est assez rare pour le signaler) s'extrait lui-même la balle qui l'a blessée.

    Esthétiquement, le film a une belle patte, notamment grâce au réalisateur Alfred L. Werker, à qui l'on doit un des premiers Sherlock Holmes avec Basil Rathbone, Les Aventures de Sherlock Holmes ; Anthony Mann, bien que non crédité au générique, a au moins dirigé la scène finale dans les égouts, lieu atypique qui n'avait vraisemblablement jamais été utilisé auparavant au cinéma. La très belle qualité visuelle du film peut également compter sur l'apport du directeur photo John Alton, artisan régulier dans les films d'Anthony Mann (Marché de brutes, La brigade du suicide, Incident de frontière ou encore La porte du diable), et d'Allan Dwan ; les séquences nocturnes, qui occupent la quasi-totalité du métrage, en sortent magnifiées, avec des éclairages durs et directs, à l'aune des meilleurs films noirs. A signaler, la copie disponible sur le DVD signé Wild Side Video est de bonne tenue, bien que proposée dans une gamme low-cost, Vintage classics.

    Au final, c'est tout le paradoxe entre des crimes terribles, sans réel motif, variant dans leur forme, et l'apparence angélisme de son auteur, qui est soulevé ; et Il marchait la nuit, comme La brigade du suicide, encense comme c'est de bon ton à l'époque la valeur des hommes qui font, parfois au prix de leur vie, respecter la loi dans la jungle urbaine...

    Disponibilité vidéo : DVD - éditeur : Wild Side Video

  • Gun Crazy - Le démon des armes (1950)

    Un film de Joseph H. Lewis

    13928342616_8d19c61dcc_m.jpgAprès le coup éditorial du noël 2012 (l'édition limité à 5 000 exemplaires de La nuit du chasseur, épuisée très rapidement), Wild Side a de nouveau tenté un pari un peu fou avec l'édition livre + Blu-ray + DVD dédiée à Gun Crazy (film sorti en salles à l'époque sous le titre Le démon des armes), aux alentours de noël 2013. Mais, attention, il ne s'agit pas de n'importe quel livre : comme pour La nuit du chasseur, l'objet est imposant, d'une finition assez remarquable, -dos toilé, pages au fort grammage constellées de photos toutes plus sublimes les unes que les autres. Et le texte ! Eddie Muller, historien passionné du genre film noir, est à la plume, et il faut dire qu'il est probablement le plus grand fan de Gun Crazy au monde. La collaboration avec Wild Side sur la collection Art of Noir (Woman on the Run et Le rôdeur) s'étant soldée par d'incontestables réussites, tant éditoriales qu'artistiques, on ne pouvait qu'être impatient sur une sortie de cet acabit. Le mystérieux point d'interrogation du sous-titre du livre s'explique par la conviction d'Eddie Muller que la "politique des auteurs", c'est-à-dire la paternité pleine et entière du réalisateur sur le film, n'existe pas. Il n'aura de cesse, dans son livre, de clarifier ce point de vue, et d'attribuer la paternité du film à un ensemble de personnes, parmi lesquelles les King Bros., MacKinlay Kantor, ainsi que le scénariste Dalton Trumbo.

    Gun Crazy s'offre au spectateur comme une série B qui s'inscrit parfaitement dans le film noir, alors dans ses années fastes. Un couple d'amants maudits, fanas de la gâchette, braque à tout va et s'achemine doucement mais sûrement vers une issue fatale.

    Les King Brothers, petits producteurs qui rêvent de décrocher les hits au box-office, veulent ici adapter une nouvelle de MacKinlay Kantor parue dans le Saturday Evening Post en 1940 ; bonne pioche pour eux, l'écrivain est adapté quelques années plus tard avec un immense succès à la clé nommé Les plus belles années de notre vie (William Wyler, 1946). Mais le projet peine à se concrétiser. Ayant d'abord approchés Kantor pour qu'il adapte sa nouvelle et la réalise lui-même, les King brothers réalisent que c'est une impasse : l'auteur n'arrive pas à débarrasser son traitement d'un prologue aux longueurs interminables. Plus tard, Joseph H. Lewis est choisi pour réaliser le film, tandis que Dalton Trumbo, alors sous le coup de la chasse aux sorcières, corrige en sous-main le scénario, mais n'est pas crédité au générique : Millard Kaufman en endosse la responsabilité, alors qu'il n'a rien à voir avec sa réalisation. Le film sortira d'abord aux États-Unis sous le titre Deadly is the Female, car United Artists, le distributeur de film, très emballé par son produit, voulait un titre plus commercial. Une nouvelle séance photo promotionnelle avec Peggy Cummings la montre d'ailleurs en femme fatale typique, un look qui est bien éloigné de celui qu'elle arbore dans le film !

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    Annie-Laurie va rencontrer Bart, son âme-sœur

    Joseph H. Lewis est un roi du tournage à l'économie, mais possède également une vision ambitieuse et précise du résultat qu'il veut imprimer à l'écran. C'est pourquoi ces plan-séquences, nombreux, sont fascinants, ayant l'énergie de la spontanéité comme la maîtrise d'un esthète de l'image. La succession d'ellipses, dues à Trumbo principalement, produit un incipit enlevé et surprenant, l'enfant que l'on voit voler un revolver dans la scène inaugurale devenant l'adulte qui tient le rôle principal dans la suite du film. L'acteur en question, John Dall, est bon : affichant d'abord un sourire narquois, mine sombre après sa rencontre avec Annie Laurie, il es torturé par cette attirance dont il sait, au plus profond de lui, qu'elle ne lui amènera que des ennuis. Il n'a pas l'âme d'un tueur ; il est même incapable de tuer, alors que son seul talent est le tir ! John Dall jouait l'année précédente dans La corde, le huis-clos meurtrier d'Alfred Hitchcock, aux côtés de James Stewart et de Farley Granger.

    la rencontre de Bart, un as du tir au pistolet depuis l'enfance, et son âme-sœur, qui use des mêmes talents dans un cirque, est électrique : ils ont chaud, semblent prêts à se sauter dessus, et Bart, qui n'a jamais connu de femme auparavant, pose un regard qui en dit long sur Annie Laurie Starr. La première apparition du personnage féminin, véritablement pétaradante, vaut le détour, ainsi que le jeu de tir qui s'en suit.

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    les amants maudits proches de leur fin

    La tonalité du film, amorale (faisant de deux hors-la-loi, préfigurant Bonnie and Clyde, des héros maudits au destin scellé par leur histoire d'amour), doit subir les coupes décidées par le Code de Production cinématographique. Dialogues, attitudes sont passées au crible de la censure. Pourtant, malgré le respect de ce passage obligé, force est de constater que l'empathie du public reste concentrée sur Bart et Annie Laurie. Leur refus de se séparer pour quelques mois, après leur dernier gros coup, est une scène symptomatique de cette passion, plus forte que le sort terrible qui les attend : l'amour, plus fort que la mort.

    Alors que la partie centrale du film est un road-movie en forme de fuite en avant, les bandits n'ayant de cesse de voyager d'états en états pour échapper aux forces de l'ordre, le final est plongé dans un onirisme complet, Bart et Annie Laurie étant piégés dans un marais brumeux, qui fait d'eux des fantômes imprimant à peine la pellicule. Un final impressionnant pour une film intéressant, même si on est tout de même loin du chef-d'oeuvre publiquement célébré depuis sa sortie en salles française.

    Disponibilité vidéo : Blu-ray/DVD - éditeur : Wild Side Vidéo

    Source images : jaquette DVD © Wild Side Vidéo, photogramme extraits du film ©King Bros.

  • Les inconnus dans la ville (1955)

    Un film de Richard Fleischer

    13609932894_6a080cc6a4_m.jpgSorti l'an dernier par Carlotta Films dans une très belle copie (une des plus belles restaurations de 2013), Les inconnus dans la ville est une incontestable réussite signée Richard Fleischer ; un des fleurons du film de braquage, auquel s'ajoute un mélodrame dans le plus pure tradition hollywoodienne.

    En effet, Violent Saturday (titre original du film) est un véritable défi narratif, un coup de force esthétique, en même temps qu'un modèle d'économie, emmené par un casting idéal. Et, grâce à la fois au réalisateur, au scénariste et au acteurs, un film constellé de petits moments qui en disent beaucoup sur leurs personnages.

    Modèle d'économie, le film nous le prouve dès son entame, dénuée de dialogues durant une bonne dizaine de minutes. L'on découvre alors une petite ville minière, en commençant par son commerce principal, l'extraction de cuivre. D'abord relativement silencieux, le paysage subit un véritable coup de tonnerre lorsque apparaît l'écran-titre, au son des explosions à la dynamite destinés à fracturer la roche. L'espace, immense avec ses grandes carrières, ressemble au décor d'un western ; et l'affrontement final sera tout à fait digne de l'un d'eux. Si le début du film est marqué par son absence de dialogue, le reste est au diapason : économie de mots, mais pas économie de sens.
    Les personnages, par exemple, s'affirment par des gestes plutôt que par de longs discours : Lee Marvin, le sadique membre du gang qui projette un braquage, est caractérisé dès sa première scène par son inhalateur, qu'il n'arrête de se fourrer dans le nez. Son chapeau bleu, invariablement vissé sur la tête, est aussi caractéristique. Le plus âgé du gang est lui, assez quelconque mais donne l'impression d'être plutôt gentil ; ainsi, il s'arrêtera plusieurs fois dans le film pour donner des bonbons aux enfants qu'il croise sur sa route. Victor Mature, dont le personnage n'a pas eu les honneurs de la guerre, n'est ainsi pas révéré par son garçon, qui aimerait que son père soit un héros. On le comprend par un élément simple : la décoration du père (en fait une sorte de diplôme qu'il a accroché au mur) est cassée.  Le personnage de Victor Mature n'aura ainsi de cesse, durant tout le film, de gagner la fierté de son enfant.

    Défi narratif, le film l'est d'abord parce qu'il raconte plusieurs histoires qui vont converger : le braquage de la banque, une histoire d'adultère, deux romances manquée, le désespoir d'une bibliothécaire (jouée par Silvia Sydney, l'actrice glamour de Furie (Fritz Lang, 1936) et du superbe J'ai le droit de vivre (Fritz Lang, 1937). Toutes ces histoires s'appuyant sur des personnages forts -chacun a ses petits moments qui décrivent leur vérité, leurs angoisses, leur avenir possible...- qui prennent souvent le devant de la scène, et où le braquage est l'arrière plan, puis le rapport s'inverse dans la dernière partie du film. On peut également parler des Amish, vivant reculés et, conformément à leur tradition, en dehors du progrès et la modernité. Leur vie paisible, s'opposant au vacarme et à la brutalité de la ville, va être envahi par le gang. Toutes ces petites histoires sont réglées en 1h30, ne laissant personne de côté ! Le côté moralisateur, punissant chaque péché par une sanction, est même le seul vrai défaut qu'on pourrait trouver à Violent Saturday. Dans le même temps, le scénario permet à tous les personnages (sauf celui de Victor Mature) d'être ambivalent : ainsi, ceux présentés comme la norme ont chacun leurs vices, et certains des gangsters ont des manières absolument policées : ainsi, ils ne se différencient pas tellement des habitants de la petite bourgade ; tout un chacun est un"inconnu dans la ville".

    Enfin, Violent Saturday est un achèvement esthétique ; tourné en CinemaScope (format plus large que celui pratiqué aujourd'hui), avec les couleurs DeLuxe, le film bénéficie de cadrages composés de façon impeccable. Pourtant novice dans ce domaine (le premier film CinemaScope, La tunique, date de 1953), Fleischer fait des merveilles : le regard pioche à chaque endroit du cadre des informations importantes, et quasiment chaque plan dispose d'une idée de mise en scène stimulante : les plans-séquences permettent de multiples compositions du plan dans la continuité, qui sont organisées avec une fluidité rare. Fleischer tourne très peu de gros plans (le seul que j'ai repéré concerne Lee Marvin), imprimant une distance idéale avec les événements, et donnant à voir les échanges de regards, les directions des personnages de façon très claire. Le rythme qui en découle est idéal, épousant les cadences propres des personnages, parfois ralentissant, parfois accélérant jusqu'à un affrontement final qui tient toutes ses promesses. Mature y devient un chef de résistance tout à fait crédible, défendant la ferme assiégée des Amish. Ce passage très westernien clôt admirablement un grand moment de cinéma, et l'on aime à rappeler que Richard Fleischer, cinéaste pas mésestimé, mais tellement plus qu'un bon artisan, a fait ici un point culminant du film de braquage.

    Disponibilité vidéo : Blu-ray / DVD - éditeur : Carlotta Films

    Source image : jaquette Blu-ray © Carlotta Films

  • Niagara (1953)

    Un film de Henry Hathaway

    9682258817_67b4aa1ee9_m.jpgComme son titre le laisse supposer, le film de Henry Hathaway (connu pour ses westerns et ces films noirs, comme c'est le cas ici, il a aussi réalisé le superbe Peter Ibbetson) prend pour décor la rive canadienne des chutes du Niagara, destination privilégiée des jeunes mariés pour leur voyage de noce. C'est justement le cas des Cutler (Jean Peters et Casey Adams), qui découvrent en leur voisins des personnages bien étranges : la sublime Rose Loomis (Marilyn Monroe) et son mari George (Joseph Cotten). Ce couple n'est pas en très bon termes...

    Ce film en Technicolor utilise diablement bien les décors naturels des chutes, capturant toute leur beauté, mais aussi sa terrifiante violence. Le bruit des chutes s'écrasant sur les rochers emplir le film, de même que cette bruine subtile qui fait apparaître, comme un tour de magie, des arcs en ciel dans les coins du cadre. Dès la scène d'ouverture, ce mélange de beauté et d'étrangeté saisit le spectateur, quand George Loomis paraît s'extirper des chutes (en fait une balade matinale, arguant par une voix-off fatiguée :

    "Pourquoi les chutes m'attirent-elles ici à cinq heures du matin ? Pour me montre combien elles sont immenses et combien je suis minuscule ? Pour me rappeler qu'elles n'ont besoin de l'aide de personne ? Très bien, elles l'ont prouvé. Et puis après ? Il leur a fallu dix mille ans pour devenir indépendantes. Qu'y a-t-il d'extraordinaire à cela ? J'imagine que moi aussi, je pourrais le devenir, mais cela demanderait peut-être un peu plus de temps..."

    Une aura métaphysique plane déjà sur le film. On retrouve l'homme hanté par ses démons, déjà prisonnier d'un destin funeste. L'ombre du film noir obscurcit aussi ce film pourtant lumineux, qui s'attache constamment à montrer des extrêmes : des paysages magnifiques associé à une ambiance de dégoût, lassitude, de mort... Le film débute d'ailleurs par cette voix-off citée au-dessus, trait récurent de ce courant qui nous a donné de ce beaux moments de cinéma.

    Hathaway voulait James Mason dans le rôle de George Loomis, mais Joseph Cotten parvient sans mal à incarner cette enveloppe fatiguée par la vie. Marilyn, au plus fort de sa beauté irrésistible, est incroyablement désirable, occupant la place de la femme fatale si caractéristique du noir. Lorsqu'elle débarque avec sa robe rouge/fushia dans une petite soirée de l'hôtel où elle séjourne, et fait tourner la tête de tous les hommes présents, le temps semble s'arrêter, elle devient alors l'unique centre d'intérêt ; concentrant toutes les obsessions, tel le soleil qui irradie tout.

    Ne parler que de Marilyn serait un tort, tant Jean Peters, femme très belle également, occupe son rôle avec une vraie prestance. Elle constitue une version de la femme plus réelle, plus consciente aussi, que Marilyn, qui incarne ici le fantasme absolu. Hathaway, ravi de sa collaboration avec Marilyn, lui donne ici l'occasion de briller, et de montrer une facette plus sombre, plus que dans n'importe quel autre film. Ce ne sera que le début, car avec Rivière sans retour (Otto Preminger, 1954), Sept ans de réflexion (Billy Wilder, 1955) ou évidement Certains l'aiment chaud (Billy Wilder, 1959), la carrière de l'actrice aura été à la hauteur du mythe.

     

    Source image : affiche du film © 20th Century Fox