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Paranoïaque (1963)

Un film de Freddie Francis

Après Maniac, la Hammer Films et le scénariste Jimmy Sangster continuent donc dans la veine des thrillers horrifiques avec Paranoïaque, inspiré des chocs Les Diaboliques (Henri-George Clouzot, 1954) et Psychose (Alfred Hitchcock, 1960).

Un homme qu’on croyait mort revient frapper à la porte de son frère, alcoolique et de sa sœur, à demi folle... Cela peut évidemment avoir des conséquences fatales.

Dans l'écume du film-matrice d'Alfred Hitchcock, Paranoïaque trouve finalement sa place, après de longues années de développement (le film est sur les tablettes de la Hammer depuis 1952). Le roman à l'origine du film, Brat Farrar de Josephine Tey, est problématique à mettre en image, et joue sur des thèmes qui ne vont pas plaire à la censure ; parfait cependant pour la Hammer qui a fait des films classés « X » (d’abord interdit aux moins de 16 ans, puis plus tard, aux moins de 18), un de ses arguments de vente. C'est finalement Freddie Francis, un petit nouveau à la Hammer, qui va se charger de la réalisation. S'il ne s'agit que son deuxième film, Francis a une grande expérience de cinéma en tant que chef opérateur, notamment sur Les innocents de Jack Clayton, dont on reconnaît les trouvailles visuelles. Il tourne Paranoïaque durant l'été 1962 aux studios de Bray, près de Londres.

L'ombre d'Hitchcock et de Boileau-Narcejac plane sur le film ; outre Psychose, on pense aussi à Sueurs Froides, et à ces histoires de fausses pistes où les protagonistes se perdent dans des sentiers labyrinthiques. Malgré ses inspirations très visibles, le scénario de Paranoïaque marque, par son efficacité (on rentre tout de suite dans le vif du sujet) et son déroulement à tiroirs (combien de twists en 1h20 ?). En cela, il constitue une évolution majeure dans le cycle Thrillers de la Hammer. Le film se pare d'un environnement gothique tout à fait inquiétant et ménage des moments de pure terreur, qui inspireront à leur tour les futurs giallos de Dario Argento. Les thrillers gothiques Les yeux sans visage (George Franju, 1960), Les innocents (Jack Clayton, 1961) ou encore La maison du diable (Robert Wise, 1963) font partie d'un même mouvement, même si ces derniers titres sont bien plus fameux, et à raison, qu'un Paranoïaque.

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Forcément, l’œil de Freddie Francis change d'un Carreras, certes intéressé mais à la mise en scène quelconque. Ici, les cadres prennent une dimension opératique qui rehausse considérablement la portée du film.

Olivier Reed tient un rôle principal encore plus extrême que dans La malédiction du loup-garou de Fisher, enfiévré, explosant de colère dans un somptueux Scope noir et blanc. On retrouve dans le film Liliane Brousse, vue dans Maniac la même année, qui joue le rôle de la nurse, Françoise ; un rôle plus apprêté que celui d'Annette dans Maniac.

Paranoïaque réserve ainsi son lot de surprises, retournements de situation et moments d'épouvante mémorables. A côté des films fantastiques de la firme, bien plus renommés (la même année sort des murs du studio Le baiser du vampire, vraie réussite plus typique de ce que la Hammer a à offrir), ces exercices de styles sont efficaces. La Hammer ne s'arrêtera pas là : Meurtre par procuration -réalisé par Freddie Francis l'année suivante-, puis plus tard Straight On Till Morning, Crescendo ou Sueur froide dans la nuit creuseront le même sillon, parfois jusqu'au trop-plein. Mais dans cette saga du thriller, Paranoïaque tire diablement son épingle du jeu.

Disponibilité vidéo : DVD zone 2 / Blu-ray zone B - éditeur Elephant Films

 

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