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Dossiers - Page 4

  • La fille de Jack l'Eventreur (1971)

    Un film de Peter Sasdy

    15840812917_8dc32c6448_n.jpgAtypique que ce film de la glorieuse maison Hammer ; réalisé par Peter Sasdy, homme de télévision qui tournera quelques bons Hammer Films (Une messe pour Dracula, 1970 et surtout Comtesse Dracula, 1971), le métrage ne compte aucun des acteurs traditionnellement attachés à la firme, jusque dans les seconds rôles. Eric Porter, qui interprète le personnage principal du docteur Pritchard, est un habitué du théâtre ; quant à Angarhad Rees, qui incarne Anna, la fille de Jack l'Eventreur, elle est inconnue. Son personnage fait se côtoyer l'innocence et le danger, possédée par l'esprit sauvage de son père.

    Outre les habituels qualités des productions Hammer -décors, costumes-, La fille de Jack l'Eventreur (Hands of the Ripper) marque par son intrigue riches en action, la dimension très graphique de ses meurtres et la finesse des relations entre les personnages. Si l'implication d'Anna dans les meurtres n'est pas révélée lors du premier crime, le docteur comprend rapidement qu'elle est la cause de tout cela ; mais, en adepte de la psychanalyse, il veut croire à sa guérison et fait tout pour la protéger. On se rendra compte plus tard que Pritchard est amoureux d'elle, attraction à laquelle il essaiera d'échapper. Film policier, thriller, La fille de Jack l'Eventreur est donc aussi un véritable film romantique, aussi poétique dans l'amour que dans la violence. Sur ce point, la dernière scène du film est une réussite, faisant de la meurtrière une victime assez touchante.

    Loin des cycles connus de la firme (Dracula, Frankenstein et les autres reprises de films de la monstres de Universal), La fille de Jack l'Eventreur offre une lecture intéressante sur la rencontre paradoxale entre le surnaturel et la science, appliquée aux temps troublés où sévit le plus connu des serial-killer. On remarquera que, quelques semaines après la fin du tournage de ce film, la Hammer et le réalisateur Roy Ward Baker tourneront Docteur Jeckyll et Sister Hyde, où vient également se glisser l'ombre inquiétante du Ripper...

    Disponibilité vidéo : Blu-ray / DVD - éditeur : Elephant Films

  • Sin City : j'ai tué pour elle (2014) vs. 300 : la naissance d'un empire (2014)

    Deux films de Robert Rodriguez, Frank Miller et Noam Murro

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    Une histoire de suites

    Deux suites que l'on attendait mais que l'on attendait plus sont finalement sorties cette année ; celle du 300 de Zack Snyder, et celle de Sin City, de Robert Rodriguez et Frank Miller. 300 date maintenant de 7 ans, quant à Sin City, il était sur nos écrans il y a neuf ans, soit une petite éternité. Si bien qu'aujourd'hui, peu d'entre nous attendaient véritablement quelque chose de ces deux films ; sortis cette année, ils partagent énormément de points communs, et le plus réussi des deux n'est pas forcément celui qu'on pense...
    Des suites ? pas vraiment, ni pour l'un ni pour l'autre ; Sin City aillant défouraillé la quasi-intégralité de son casting de stars ne pourvait décemment pas se permettre de perdre un Marv (Mickey Rourke) ou encore un Hartigan (Bruce Willis). Qu'à cela ne tienne : ils sont tous les deux revenus, car l'histoire de Sin City 2 se passe pour l'essentiel avant les étapes finales des voyages des deux personnages sus-cités. Mais pas que ; après, je ne rappelle absolument pas laquelle, et tout cela est déjà embrouillé comme cela... A trop multiplier les fils narratifs, l'équilibre des tensions est totalement raté dans le film, à telle point que le dernier chapitre apparaît superflu (avec pourtant une belle prestation de Joseph Gordon-Levitt, très à l'aise dans ce registre). Même histoire pour la suite de 300, qui revisite l'histoire du premier film en approfondissant les fondements de la batailles des Thermopyles (histoire de Xerxès et de Thémistocle, bataille de Salamine). On revoit pour autant très peu Leonidas (Gerard Butler), un peu plus sa femme, la reine Gorgo, qui tient le rôle de narratrice. Bref, l'intérêt de l'histoire est bien plus clair du côté de 300 numéro 2.

    Un festival Eva

    Il faut en parler, Eva Green est des deux projets, et elle est indéniablement un des bons points des deux films ; il impressionne plus encore dans Sin City 2, imprimant son physique tout en volumes dans de nombreuses scènes du film (bien qu'on nous dise dans l'oreillette qu'elle aurait été aidé par le bistouri numériue du sieur Rodriguez...). Aussi crédible en femme fatale soufflant le chaud (très, très chaud !) et le froid qu'en guerrière invulnérable, elle se fond totalement dans les écrins numériques des deux films.

    Le règne du numérique

    Sin City avait, en 2005, ouvert grand les prote d'un cinéma numérique (tournage intégralement sur fond vert, calquant l'esthétique BD majoritairement bichromique de Frank Miller. A peine quelques accessoires suffisent alors à créer des scènes qui sont ni plus ni moins tourné dans le petit studio de Robert Rodriguez. Ce premier film est une incontestable réussite esthétique, en même temps qu'une surprise à l'époque, qui n'est de fait plus d'actualité lorsque ce deuxième épisode sort (on a pourtant très vite parlé d'une suite basée sur J'ai tué pour elle, à notre avis le meilleur opus de la BD Sin City ; le rôle d'Ava était prévu pour Angelina Jolie). Aujourd'hui, cette suite ne s'imposait pas, et l'on peut dire qu'au vu du four intégral du film aux US (13 millions de dollars pour un budget de 65), plus personne ne l'attendait.
    300, c'est un peu la même histoire, sauf que le comic de Miller est un one-shot, une histoire auto-contenue pour parler bien la langue de Molière. Là encore, en terme visuel, Zack Snyder a créé une école à base de ralentis, de sang numérique qui gicle et de sauvages bodybuilders courant avec envie à une mort certaine (tout cela est par ailleurs fort bien repris dans la série Spartacus, avec John Hannah et Lucy Lawless). Et même si la surprise n'est pas au rendez-vous, le festin visuel est bien là, grâce à un production design inspiré (la démesure de Xerxès et ses multiples ornements, les costumes et navires, le décorum péplum).

    Frank Miller

    Pour les besoins de 300 : la naissance d'un empire, Miller se fend d'un nouveau tome intitulé Xerxès, du nom du dieu-roi de l'empire Perse. Mais le Miller lambine (d'ailleurs, on l'attend toujours pour sortir une BD potable depuis le sixième tome de Sin City...) et son comic Xerxès n'est toujours pas sorti alors que le film est déjà sorti en DVD ! c'est d'ailleurs assez loufoque de voir mentionné dans les crédits de fin "adapté du comic Xerxès" alors même que ce dernier n'existe pas encore.
    Histoire nouvelle également créée pour Sin City 2, mais ô combien bouche-trou pour faire oublier que le segment qui donne son nom au titre du film n'est pas suffisant pour constituer un film entier. Le même problème de rythme s'était posé pour le premier film, mais ces défauts sont apposés ici sous une loupe grossissante avec à la clé un grand désagrément : l'ennui. Eva Green, comme je l'ai déjà écrit, arrive à nous sortir momentanément de la torpeur...

    Tout cela n'était pas joué d'avance, et, avec quasiment les mêmes atouts et contraintes dans leurs manches, c'est 300 : la naissance d'un empire qui sort victorieux de ce match au sommet. Au moins, Miller ne remettra sûrement pas le couvert pour nous sortir un troisième volet de Sin City...

    Disponibilité vidéo : 300 : la naissance d'un empire - Blu-ray et DVD - éditeur : Warner Home Video

    Sin City : j'ai tué pour elle - Blu-ray et DVD - éditeur : Metropolitan FilmExport - sortie prochainement.

  • Raspoutine, le moine fou (1966)

    Un film de Don Sharp

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    Tourné à la suite de Dracula, prince des ténèbres, avec lequel il partage quelques décors et acteurs, Raspoutine, le moine fou conte l'histoire bigger than life du fameux guérisseur, bien introduit à la cour de Russie, qui aurait peut-être causé la chute des Romanov au début du XXème siècle.

    Don Sharp retrouve pour le film la star Christopher Lee, avec qui il a tourné l'année précédente le sympathique Masque de Fu Manchu ; Sharp, même s'il ne fait pas partie de la dream-team des réalisateur à la Hammer Films, a tout de même quelques bons titres à son actif, notamment l'excellent et méconnu Baiser du vampire (1962). Et ce Raspoutine, tout aussi méconnu aujourd'hui malgré la présence de Christopher Lee, est d'une qualité pratiquement comparable : L'histoire de ce personnage mystérieux et jouisseur (Raspoutine, bien que nom véritable de Gregori Efimovitch, signifie "débauché") est fort bien amenée, d'une première guérison miraculeuses à son arrivée en tant que confident d'Alexandra Feodorovna, l'épouse de Nicolas II, en passant par les beuveries, danses et l'activité sexuelle débordante du personnage (toujours hors-champ ; nous ne sommes pas encore dans la période plus permissive et volontiers racoleuse de la Hammer).

    Le personnage, aux dons indéniables, est totalement ambigu dès la première séquence ; sa véritable nature, manipulatrice et vicieuse, se dévoile peu à peu durant le métrage. Son charme presque surnaturel a des traits de ressemblances avec Dracula, que Christopher Lee a interprété mieux que quiconque : Raspoutine hypnotise ses magnifiques victimes (Ah, la rousse Barbara Shelley) qui deviennent prisonnières de son emprise maléfique. Son habileté à flatter les puissants fera le reste.

    Le luxe de décors et surtout, comme à l'accoutumée, des costumes, trait distinctif de la firme, ne faut pas défaut, et n'a d'égale que le raffinement des stratagèmes implacables de Raspoutine, pour gagner le pouvoir, la richesse et le faveurs qu'il désire. Le portrait saisissant de Raspoutine, si bien incarné par Lee, est celui d'un jouisseur rabelaisien, aimant profiter de tous les plaisirs.

    Raspoutine, film biographique, convient malgré tout fort bien à l'identité que la Hammer s'est forgée depuis le milieu des années 50, et son attrait sans bornes pour le fantastique, la magie et la sorcellerie. Citons également, dans ce style précis, le très bon Les vierges de Satan (Terence Fisher, 1966), dans lequel Christopher Lee fait des étincelles, sur un scénario de Richard Matheson. Dans cette lignée de films, particulière dans le cinéma anglais des années 60, Raspoutine ne dépareille pas, bien au contraire.

  • Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°2

    15163730451_4ffefa6504_m.jpgA la lecture de l'imposant n°2 de la revue Midi-Minuit Fantastique dans la réédition exceptionnelle signée Michel Caen et Nicolas Stanzic, plus constats s'imposent : tout d'abord, les rédacteurs en avaient sous le pied en créant la revue, car cette deuxième livraison totalise 130 pages, plus que certains numéros doubles (comme le numéro 4-5, consacré à Dracula).

    La revue, totalement consacrée au cinéma dans le premier numéro, s'ouvre à d'autres formes d'arts, certes reliées au domaine cinématographique ; la littérature, dans un premier temps. On avait bien perçu la qualité poétique des écrits de l'équipe. Le cinéma cher à Midi-Minuit Fantastique est bien celui d'une porte ouverte vers l'imaginaire, moteur d'un émerveillement constant, et d'un plaisir des sens à tous les niveaux. Ce n'est pas par hasard si ce numéro consacré aux "Vamps Fantastiques" débute par des extraits choisis de Boris Vian où il décrit fort joliment différents types de femmes fatales : à griffes, à nageoires, etc. Viennent ensuite une sympathique nouvelle fantastique d'une mystérieuse Bélen, et quelques critiques de livres en fin de numéro. La revue s'ouvre aussi, encore plus que dans sa première livraison, à l'illustration et à la peinture, de la main même des rédacteurs, qui ont visiblement plusieurs vies : ainsi, Félix Labisse, avec ses peintures détournant les codes de l'ère classique, et Jean Boullet, avec ses jolis dessins à l'encre, sont à la manœuvre pour donner plus de plaisir à l’œil. Un oeil est également à la fête dans la rubrique Rencontres..., qui rapproche des images issus de films différents autours de motifs récurrents : la femme araignée, les femmes fleurs, les vampires, femmes-oiseaux, etc. Là encore, l'admirable reproduction des photos est à mettre au compte de l'éditeur et des auteurs de l'intégrale Midi-Minuit, rehaussant si c'était possible l'intérêt de l'ouvrage.

    On retrouve la fixation de certains sur des films, ou des acteurs : le fameux Masque d'Or de Charles Brabin pour Jean Boullet, adaptation des exactions du diabolique Fu Manchu ; Carol Borland, vamp tout aussi fameuse dans La marque du vampire (Tod Browning, 1935). On parle beaucoup de ce dernier dans ce numéro ; Freaks (1931), Les poupées du diable (1936) sont abordées pour leur personnages pittoresques de femmes fortes.

    Des images splendides, ce numéro en regorge, à commencer par sa couverture ; Mary Morris dans Le voleur de Bagdad (Ludwig Berger, Michael Powell, Tim Whelan, 1940), mais également la belle princesse ailée du Tour du monde de Sadko, film russe d'Alexandre Ptouchko sorti en 1952 ; la splendide Glynis Jonhson en sirène dans Miranda (Ken Annakin, 1948), ou encore Moira Shearer dans Les contes d'Hoffman de Michael Powell. Bref, en dressant un panorama complet des cinémas de l'imaginaire par le biais d'une thématique précise, en alternant cinéma du présent (dfe l'époque !) et remémoration des grands films des décennies précédentes, parfois oubliés, l'apport critique et historique de la revue, en plus d'une valeur littéraire assez exceptionnelle, est encore plus évident aujourd'hui qu'il ne pouvait l'être alors (on connaît aujourd'hui beaucoup des films invisibles de l'époque. Et ce n'est que le début !

  • Flashback Presse Cinéma : Midi-Minuit Fantastique n°1

    14853437706_a15a800b4c_m.jpgToujours à l’affût des projets originaux dans le domaine du cinéma, la maison d'édition Rouge Profond nous a permis il y a quelques mois de redécouvrir tout un pan de la littérature cinématographique des années 60 avec la publication du premier tome d'une intégrale de la revue Midi-Minuit Fantastique, comprenant les six premiers numéros, augmentées de reproduction en couleurs de magnifiques photographies d'exploitation. Le mérite en revient évidemment surtout à Michel Caen, rédacteur en chef de la revue, et à Nicolas Stanzic, auparavant auteur d'un ouvrage indispensable sur la Hammer Films. Pour vous replonger dans une époque aujourd'hui révolue, de prime découverte et d'émerveillement pour le cinéma fantastique, je vous propose un bref compte-rendu de chaque numéro de la revue.

    Midi-Minuit Fantastique ouvre un territoire qui n'existait pas à l'époque, proposant une réflexion approfondie sur le genre que nous chérissons, entre autres, dans ces lignes. Ainsi, dans le premier numéro de la revue, daté de mai-juin 1962, les rédacteurs (Jean-Claude Romer, Alain Le Bris, Michel Caen, Jean Boullet, Paul-Louis Thirard, Michel Nuridsany), ont trouvé un thème fédérateur : le réalisateur Terence Fisher, grand architecte du cinéma de la Hammer, qu'ils apprécient par-dessus tout (et ils sont presque seuls dans ce cas-là à l'époque). Même si l’œuvre de Fisher n'est pas terminée, il a depuis longtemps déjà posé les jalons de son cinéma, notamment avec les relectures du cycle des Universal Monsters : principalement Frankenstein s'est échappé (1957), Le cauchemar de Dracula (1958), La nuit du loup-garou (1962). Et les cinéphiles passionnés de la revue de décortiquer la filmographie du réalisateur sont un angle quasi-uniquement visuel ; les figures du sang, du château, de l'érotisme sont ainsi abordées, de même que le mythe de Frankenstein.

    On remarque que la musique, importante dans la constitution d'une ambiance Hammer, n'est symptomatique pas évoquée dans le numéro, alors que d'autre part, le directeur photo Jack Asher est tout de suite repéré comme un artisan notable du charme des images made in Hammer. La répartition des illustrations, nombreuses dans la revue, est souvent construite sur des comparaisons avec les anciennes versions des films (Universal versus Hammer), les articles étant également épaulés par les dessins à l'encre d'Adrien Dax. A la suite des articles thématiques, on trouve un cahier critique des nouveautés sorties dans les genres qui intéressent la revue ; Jean Boullet nous donne par exemple envie de voir L'épée enchantée (Bert I. Gordon, 1962). Dès ce premier numéro, on note également l'accent mis sur le côté encyclopédique de la revue, misant à chaque fois que l'occasion le permet sur la liste : filmographies commentées à tous les étages.

    Découvrir ces précieux documents aujourd'hui génère bien des surprises, la première d'entre elle étant l'intemporalité de l'écriture et le sérieux de l'analyse. Bien qu'on soit en plein voyage dans le temps culturel, les textes ne peuvent être réduits à de simples documents historiques relatant les débuts de la cinéphilie fantastique à la française et gardent aujourd'hui toute leur pertinence. On relèvera particulièrement dans ce numéro l'édito de Jean Boullet sur "Terence Fisher et la permanence des mythe",  témoignant d'un profond amour du cinéma fantastique et reconnaissant en Terence Fisher son nouveau prophète du genre... alors même qu'il n'a pas encore vu un seul de ses films ! Aujourd'hui, à mon tour de témoigner ma plus grande gratitude envers les cinéphiles passionnés qui ont permis l'exhumation de ce trésor inestimable : Michel Caen et Nicolas Stanzic, merci à vous pour le cadeau que vous faîtes aux amoureux du cinéma fantastique qui redécouvrent aujourd'hui l'origine de leur passion ! Quant à moi, je vous donnerai régulièrement rendez-vous ici-même au fur et à mesure de la lecture de l'imposant et magnifique pavé constituant le premier tome de cette intégrale.

    Pour plus d'infos concernant Midi-Minuit Fantastique, une seule adresse : midiminuitfantastique.com