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policier

  • Ciné d'Asie : La diablesse aux mille visages (1969)

    Un film de Chung chang-Wha

    22474933077_a253d7e81f_z.jpgQuelques années avant le succès planétaire de La main de fer, le réalisateur coréen Chun Chang-Wha réalise pour le compte de la Shaw Brothers cette comédie d'action érotisante qu'est La diablesse aux mille visages. S'inspirant ouvertement des Fantômas de Hunnebelle pour le personnage principal et la trame narrative, puis des James Bond pour le visuel riche et grandiloquent, le réalisateur signe une bande pop en diable, dignement épaulée par une partition jazzy.

    Repaire souterrain, jeunes filles affriolantes, fumigènes colorés, torture électrique et riches hommes d'affaires se prélassant de spectacles  sexy dans des salons chics, tout convoque une certaine esthétique du plaisir et de la légèreté, à contre-courant des films de kung-fu aux personnages torturés que nous livrent d'habitude la Shaw. La même année sort d'ailleurs Le bras de la vengeance, suite au One-armed Swordsman de Jimmy Wang-Yu, où transparaît déjà l'ambiance serial (gadgets, surenchère sanglante). A notre connaissance, La diablesse aux mille visages montre pour la première fois chez la Shaw un aspect sexy assumé (gros plans sur petite culottes et soutiens-gorges bien remplis à la clé), qui sera plus tard prégnant dans le magnifique Intimate Confessions of a Chinese Courtesan (1972), du maître Chu Yuan.

    Totalisant une petite heure et seize minutes au compteur, La diablesse aux mille visages est donc un film atypique du studio, où la légèreté est le maître mot. Deux policiers fripons tirent le film vers la comédie et clôturent d'ailleurs le métrage sur une note hédoniste et coquine.

    Le montage, serré, donne aux séquences d'action une dynamique appropriée. Les quiproquos induits par les changements de tête de la diablesse sont bien amenés (la journaliste éprise de son homme deviendra ainsi le témoin, par écran interposé, de la tromperie involontaire de celui-ci, qui croit pourtant faire l'amour avec sa promise...). Pour déjouer cette erreur, l'homme trouvera un mode de détection infaillible ! Les femmes fortes ont le dessus dans cette aventure fantaisiste, où elles n'hésitent pas à faire usage de leur don inné pour le combat rapproché.

    Quelle bonne idée de la part d'Arte de diffuser en novembre cette petite perle psychédélique : si vous aimez les spectacles colorés, funky et un brin parodiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

    La page dédié au film sur Arte

    Disponibilité vidéo : DVD - éditeur : Wild Side Video

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  • Sherlock Holmes : jeu d'ombres (2012)

    Un film de Guy Ritchie

    7168379893_982939caf6_m.jpgIron Man et Sherlock Holmes n'ont pas que leur comédien principal en commun : on peut désormais leur associer la grande déception que constitue leur piètre suite, après un premier opus assez enthousiasmant.

    On l'a dit, le premier Sherlock Holmes avait le mérite de l'originalité, tout en respectant certains aspects du personnage littéraire. Or, dans ce deuxième essai, le masque tombe : le réalisateur anglais a bien compris le sens du mot formule, recette ou encore redite. Au travers d'une confrontation avec son nemesis historique, le professeur Moriarty (Jared Harris, vu dans Mad Men et The Ward), Guy Ritchie recycle d'une part toutes les figures de son Sherlock Holmes de 2009 : la Holmes-vision à répétition (ni plus ni moins qu'un effet d'ultra-ralenti, déjà vue par exemple dans le premier Spider-Man (2002) de Sam Raimi, ou dans Matrix en 1999), des gags tout aussi récurents sur la relation à tendance homosexuelle entre Holmes et Watson, et surtout, une intrigue complexifiée à l'extrême, résolue en un tournemain avant même qu'elle ne se réalise. Cette accumulation, ce trop-plein confronté à l'inlassable répétition des gimmicks du premier film ont pour résultat... qu'on se fiche totalement de ce qui se déroule à l'écran !

    Pas fou, Ritchie connaît tout de même son Holmes-cyclopédie : il glisse de-ci, de-là, quelques références dont les connaisseurs ne seront pas dupes. La chute dans le vide de Holmes et Moriarty rappelle leur duel se soldant par leur disparition dans les chutes du Reichenbach, conté par Arthur Conan Doyle dans The final problem (1893) ; de même, la partie de l'histoire donnant la part belle à Mycroft Holmes, et à une soirée arrosée dans un cabaret est emprunté au beau La vie privée de Sherlock Holmes de Billy Wilder.

    Le talent de Moriarty, le "Napoléon du crime", est sous-exploité au possible, ainsi que le potentiel combat de titans qui pourrait avoir lieu. Si l'acteur en impose clairement, il ne peut que se débrouiller avec les rares lignes de dialogues qui lui sont accordées, au profit d'un esprit foutraque totalement à l'opposé du maladif Holmes littéraire. Ici, Robert Downey Jr. joue en roue libre une vraie folle passant son temps à faire le travesti au son d'une guitare tzigane déglinguée.  Ajoutons à cela des scènes d'action qui s'enchaînent non-stop sans se soucier le moins du monde d'une certaine cohérence, et l'on obtient un film tout à fait oubliable, conçu vraisemblablement à la va-vite suite au succès du premier opus. Les seconds rôles sont sacrifiés, à commencer par Noomi Rapace, en voyante tzigane, plus importante par son lien de parenté avec un des personnages-clés du film (son frère, en cheville avec un groupe d'anarchistes) que pour elle-même. De même, Irene Adler, personnage fémlinin miroir de Holmes dans le premier épisode, est éjectée purement et simplement dans la séquence pré-générique, morte hors-champs.

    Devant un résultat aussi misérable, on ne fera pas de demi-mesure : Sherlock Holmes : jeu d'ombres est un film ni fait, ni à faire, faisant retomber les bribes d'enthousiasme suscitées par surprise à la vision de la réinterprétation du mythe holmésien en 2009.