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Ghostland (2018)

Un film de Pascal Laugier

Le dernier film d'horreur de pascal Laugier est sorti en vidéo cette semaine : un conte de fées pour adultes avec notamment Mylène Farmer, en forme de huis-clos dans une maison qui respire le fantastique gothique et les poupées qui font peur ? C'est parti !

Le film

Pascal Laugier est assez unique dans le panorama de l'horreur française ; ses films sont autant de coup de poing au politiquement correct, et ne laissent personne indifférent. Ce nouvel opus, après Martyrs (2008) et l'étonnant The Secret (2012), était attendu au tournant, ne serait-ce que par la présence rare de Mylène Farmer à l'écran. Plus personnellement, les images de la bande-annonce, le soin évident apporté au production design et et à la mise en scène m'avaient intrigué. 

Suite au décès de sa tante, Pauline (Mylène Farmer) et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.

Difficile d'en dire plus sur le scénario, au risque de gâcher le plaisir de visionnage. Toujours là où on ne l'attend pas, Pascal Laugier s'est fendu d'un film tout à fait atypique, à la fois violent, touchant et perturbant. Le cinéma de Laugier est toujours digne d'intérêt, déjà parce qu'il s'éloigne méthodiquement des sentiers battus, en même temps qu'il s'inscrit dans une tradition du cinéma de genre : on retrouve dans ses films son amour pour le cinéma d'Argento ou de Tobe Hooper. Ici ce sont d'ailleurs les deux cinéastes qu'il convoque le plus. Hooper pour Massacre à la tronçonneuse, dont on voit quelques réminiscences : une maison délabrée et envahi par des psychopathes, des tortures peu ragoûtantes, des jeunes filles poursuivies par un colosse dément. Un clin d’œil à Argento (c'est le cas de le dire) s'immisce dans la scène du "maquillage", dans laquelle une mystérieuse femme maquille une des deux jeunes filles en poupée.  Laugier apparaît aussi totalement sincère et entier dans chaque aspect du film, sensation renforcée -si besoin était- par le remarquable making-of qui accompagne l'édition DVD du film. 

Si le film n'est pas parfait, avec sa fin un peu abrupte et son introduction aussi trop rapide, les actrices, les décors, le scénario astucieux et un design sonore aux petits oignons sauront ravir les amateurs. Ambiance angoissante, jump-scare jamais gratuits, très belle partition musicale et toujours ce scénario original : le public et le jury de Gerardmer ne s'y sont pas trompés et ont décerné le Grand Prix ainsi que le prix du public à Ghostland. Dommage que la sortie ait été entachée par les conséquences de l'accident qui a défiguré l'actrice Taylor Hickson sur le tournage... actrice qu'on retrouve le visage décomposé sur l'affiche ! Malgré cette boulette aussi inappropriée qu'incompréhensible, ne boudons notre plaisir pour ce qui s'annonce déjà comme l'un des meilleurs films d'épouvante de l'année. Disons que par comparaison avec l'an dernier et son flot de bonnes sorties, 2018 ce n'est pas encore ça. 

Le DVD

TF1 sort dans les bacs une édition Blu-ray, ainsi qu'une édition DVD du film (c'est cette dernière que nous avons reçu). Les qualités techniques sont là (pour du DVD), et les bonus sont au nombre de deux : une interview de Mylène Farmer (celle diffusé lors du 20h de TF1 à la sortie du film), et surtout un monumental making-of de 1h10 sur les coulisses du tournage. N'y allons pas par quatre chemins : ce document précieux vaut à lui seul l'achat du titre, permettant de mesurer les contraintes d'un tournage, l'extrême concentration de l'équipe vers ce projet commun, et d'entendre les propos sans filtre du réalisateur. Dans le monde de l'édition vidéo calibrée d'aujourd'hui (nous sommes loin de l'âge d'or du marché), c'est une occasion rare de suivre au plus près l'aventure de cette production.

 

Disponibilité vidéo : DVD/Blu-ray parus le 17 juillet 2018 - éditeur : TF1 Studio + Facebook

Chronique rédigée en partenariat avec Cinetrafic

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