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Pierre Lapin (2018)

Un film de Will Gluck

Beatrix Potter, écrivaine et illustratrice de livres pour enfants, a certainement créé avec  Pierre Lapin un de ses personnages les plus célèbres. Walt Disney a, le premier, tenté de mettre en scène une adaptation des aventures de l'espiègle lapin ; mais c'est finalement en 2018 qu'est sortie une version cinématographique de Pierre Lapin. Mélange de prises de vues réelles et d'animation 3D, doté d'un casting 5 étoiles, le film a beaucoup d'atouts dans sa manche ; il sort ces jours-ci en vidéo.

Domhnall Gleeson (Star Wars : les derniers jedi), Rose Byrne (X-Men : Apocalypse) et Sam Neill (Jurassic Park, Les Tudors) donnent de leur personne dans un film qui se veut irrévérencieux par rapport à la traditionnelle naïveté du genre. La preuve la plus flagrante étant celle des oiseaux chantants, systématiquement moqués. Pour autant, Pierre Lapin joue dans la même cour. Le spectateur y suit les aventures de Pierre et sa bande, face à d'irascibles ennemis : d'abord le vieux McGregor (Sam Neill), puis son descendant (Domhnall Gleeson). Le seul personnage bienfaisant, la voisine de McGregor, est une artiste (Rose Byrne, qui incarne « Bea », donc Beatrix Potter) qui prend soin des lapins. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle tombe amoureuse du jeune McGregor... qui lui fait croire qu'il adore lui aussi les lapins.

Adapter une histoire de quelques pages en long-métrage nécessite une certaine inventivité ; en effet, l'histoire classique de Pierre Lapin occupe les cinq premières minutes du film. Bien sûr, faire de Beatrix Potter un personnage de l'histoire et lui donner une love-story ne fait pas partie de l'intrigue originale ; et tout cela aurait pu être une bonne idée. Cependant, cette adaptation de Pierre Lapin, en en rénovant l'histoire, ne fait malheureusement que la trahir : la naïveté est l'ADN de ces contes enfantins. En voulant à tout prix se démarquer des « disneyries », en y insérant de la musique djeun's et des blagues de mauvais goût, j'ai bien l'impression que notre Pierre y ait perdu son âme.

La nature hybride du film est toutefois bien gérée, et techniquement c'est un sans-faute : les éléments 3D s'insèrent particulièrement bien dans les décors réels. Les scènes en animation 2D reprenant le style visuel des illustrations de Beatrix Potter sont aussi très belles, aussi on se prend à rêver un film entier avec cette technique.

Alors, oui, cette histoire est plus ambitieuse que les contes de Beatrix Potter : plus d'aventures, de personnages et des lieux plus variés. Mais elle paraît également étriquée spatialement (tout ou presque se passe sur le terrain de Bea et McGregor) et dans les postures des personnages humains. Le film s'appelle Pierre Lapin, et doit normalement se concentrer sur eux, or on se souvient plus des gesticulations de Domhnall Gleeson et de son histoire d'amour bancale, plutôt que des personnages principaux de ce film. Pour ces raisons, le film rate sa cible, et ressemble à toute autre production animée américaine lambda, alors qu'elle méritait mieux ; le très bon casting vocal (James Corden, Margot Robbie, Daisy Ridley, la chanteuse Sia, Elizabeth Debicki) a d'ailleurs cédé la place à la bande à Fifi (Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti) en traversant l'Atlantique... Un autre monde.

 

Disponibilité vidéo : le 8 août en DVD / Blu-ray zone 2/B – éditeur : Sony Pictures France + Facebook et en VOD sur Orange VOD.

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