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Le masque d'or (1932)

Un film de Charles Brabin et Charles Vidor

L'archétype du dangereux asiatique, ce péril jaune qui alimentait tous les fantasmes, le voici. En chair, en os et bien maquillé, c'est Boris Karloff, auréolé de sa gloire monstrueuse, qui l'incarne. C'est un exotisme exubérant, extrême, et très clairement empreint d'un complexe de supériorité typique de l'époque, qui saute aux yeux lors du visionnage de cette luxueuse bande made in MGM.

Fu Manchu, personnage aussi diabolique que cultivé, convoite le sabre et le masque d'or de Gengis Khan pour imposer sa suprématie au monde. L'infatigable Nayland Smith, agent de Scotland Yard, veut confondre le criminel. 

Le récit d'aventures orientales que propose le réalisateur Charles Brabin est richement composé. Les décors, créés par Cedric Gibbons (Le magicien d'Oz, 1939, Un américain à Paris, 1951), constituent un écrin aussi raffiné qu'empoisonné : les salles de tortures, les intérieurs décorés d'arabesques jouant habilement sur les forts contrastes y côtoient des portes dérobées et autres postes d'observation cachés. Kenneth Strickfaden (encore un technicien clé de la Universal pour Frankenstein) conçoit les effets spéciaux du rayon de la mort, un éclair crépitant qui assomme ceux qui ont le malheur de déplaire au despote.

Cette histoire de génie du mal cherchant à dominer le monde entier n'a rien de nouveau, et le film reste sur le sentier de stéréotypes grossiers empêchant toute caractérisation nuancée des personnages. Mais le film, tout comme les récits de Sax Rohmer, permettent à Fu Manchu d'exister comme le véritable (anti-) héros de l'histoire, le charisme de Karloff, ses dialogues et les cadrages qui l'introduisent (voir sa première apparition) étant les plus réussis. Le personnage préfigure ainsi les Dr. Phibes et consorts, ces vrais méchants qui font montre de plus d'intelligence (pervertie, certes) que les autres personnages leur servant de faire-valoir. Un de ces fameux comparses détonne, il s'agit de Fah Lo See, interprétée par Mirna Loy, future co-star de la série L'introuvable avec William Powell. Ses cris de jouissance devant le pauvre bougre qui endure une série de coups de fouets en dit plus que n'importe quelle ligne de dialogue. Le supplice de la cloche semble également provoquer chez son instigateur une horrible joie, un sourire grimaçant s'affichant inlassablement sur le visage de Fu Manchu / Karloff.

Boris Karloff, qui bouffe littéralement la pellicule à chacune de ses apparitions, a encore enduré une pose de maquillage douloureuse : il fallut au maquilleur Cecil Holland 2h30 chaque matin pour transformer l'acteur en Fu Manchu. Quant à Charles Vidor, dont c'aurait dû être le premier film, il fut congédié après quelques jours de tournage. Le masque d'or, s'il est loin du chef d'oeuvre, nous offre ce voyage dans un autre temps, un temps qui n'a jamais existé que sur l'écran de cinéma. 

Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Warner Home Video

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