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L'antéchrist (1974)

Un film de Alberto De Martino

Très rapidement après le succès planétaire de L'exorciste, une vague de copies voit le jour, dont L'antéchrist, une des plus correctes. Le chat qui fume nous en a proposé l'an dernier une belle édition non-censurée. L'occasion de découvrir cette rareté en vidéo.

Pour autant, doit-on s'attendre à se faire servir la même histoire, celle d'une jeune personne qui, sous l'emprise d'une entité démoniaque, sème la terreur sur son passage ?

D'un côté, bien sûr que oui. C'est toute la fonction du film. Alberto De Martino enchaînera au fil de sa carrière des films de différents genres, s'approchant à chaque fois des succès de l'époque : westerns, péplum, horreur... Quelques années plus tard, il réalisera d'ailleurs Holocauste 2000, inspiré par La malédiction (Richard Donner, 1976).
On retrouve donc une personne possédée (Ippolita Orderisi, une jeune femme cette fois), les grossièretés lâchées sous le coup de la possession, du vomi verdâtre, les tentatives d'exorcisme, les crimes induits par la présence maléfique. Pour autant, ces passages obligés sont bien intégrés au récit, et mis en scène. 

De l'autre, hé bien non ! Plusieurs originalités parsèment le récit, et c'est plutôt celles-ci qui restent en mémoire lorsque le film est terminé. L'antéchrist commence par une séquence où une foule en transe vient adorer la statue d'une madone dans l'espoir de guérir de leurs maux. On y fait connaissance d'Ippolita, en fauteuil, que son entourage a certainement convaincu de venir. Certes, la séquence renvoie au passage irakien marquant le début de L'exorciste, mais elle a le mérite d'être bien emballée. Les suites officielles de L'exorciste n'hésiteront pas à reprendre le principe (L'exorciste II : l'hérétique, au hasard) pour un résultat loin d'être meilleur.


Dans la grande tradition italienne de la copie, L'antéchrist entend aller plus loin que son modèle dans la transgression.Le comportement d'Ippolita est dès lors très limite, notamment lorsqu'elle drague insistamment (très) un jeune homme lors d'une visite du Colisée. Le pauvre subira rapidement un sort fatal, avec à la clé le fameux effet de tête retournée qui marqua les esprits en 1973 dans L'exorciste. Par la suite, une relation incestueuse est plus que sous-entendue, avec Felippo, le frère d'Ippolita. 
La surenchère ne s'arrête pas là : lors d'un rêve, Ippolita est transportée dans des temps anciens, dans une scène de sabbat particulièrement corsée qui se révèle être le clou du film. La scène se passe dans un bois au crépuscule, où une foule s'active dans une orgie d'anthologie. Je vous laisse le suspense pour la suite...

Les décors de Rome trouvent bien leur place au sein de l'intrigue, et sont bien photographiés. Les intérieurs ne sont pas en reste : la riche demeure des Orderisi montre notamment un couloir aux têtes sculptées totalement baroques. 

Comme souvent dans les films d'exploitation italienne de la période, on note la présence d'un ancien acteur de l'âge d'or d'Hollywood, venu s'encanailler en Europe pour sa fin de carrière, comme le dit justement Christophe Gans dans les bons bonus de l'édition DVD. Il tourne notamment une scène de nudité avec la sulfureuse Anita Strindberg (Le venin de la peur, 1971, La queue du scorpion, 1971, Qui l'a vue mourir ?, 1972, ou encore Tropique du cancer, 1974, prochainement édité par Le chat qui fume en France).

Une sortie DVD accompagnée de bonus éclairant permettent aujourd'hui de redécouvrir le film, qui vaut donc bien mieux que sa simple étiquette de "copie de L'exorciste".

l-antechrist.jpg

Disponibilité vidéo : DVD zone 2 - éditeur : Le chat qui fume

D'autres avis sur le film : 

DVDClassik
DevilDead
Psychovision

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