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  • Piranhas (1978)

    Un film de Joe Dante

    12829929144_7a09194fbb_m.jpgSi l'on parle régulièrement ici de l'éditeur Wild Side Video, Carlotta est l'autre grand pilier du cinéma de patrimoine à éditer des petits trésors cinéphiles.

    Piranhas, le deuxième long-métrage de Dante, est réalisé pour la firme de Roger Corman, New World Pictures, et constitue une relecture (ou rip-off, terme moins flatteur mais peut-êdtre plus pertinent) des Dents de la mer de Spielberg, sorti en 1975. Si Universal tente de faire obstacle au film, alors que doit sortir Les dents de la mer 2, Spielberg lui-même calme le jeu en n'y voyant qu'une parodie.

    le futur réalisateur de Gremlins signe ici un petit film, tourné avec des moyens dérisoires (fidèles à cela à "l'économie Corman"), avec des acteurs sur le retour, qui apparaissent à l'époque à la télévision : Bradford Dillman, aperçu dans Satan mon amour (Paul Wendkos, 1971) ou Les évadés de la planète des singes (Don Taylor, 1971), et Heather Menzies, qui tourne à l'époque dans la série de science-fiction adaptée de L'Âge de cristal. Si cette dernière, dans le rêle de Maggie McKeown, est mignonne, Dillman, qui interprète Paul Grogan, n'a pas la carrure ni le charisme nécessaire. Il joue un buveur invétéré, reclus dans sa cabane ("c'est un chalet", précise-t-il).

    En tant que relecture, Piranhas est certes un film d'horreur surfant sur la vague toute fraîche du "péril aquatique", mais s'en démarque aussi. Alors que la scène d'ouverture des Dents de la mer voit une jeune fille s'adonner à un bain de minuit et périr sous les assauts d'un requin, c'est un homme qui subira les douloureuses conséquences d'une attaque de petits poissons carnivores dans Piranhas. De même, Dante parsème son film de ressorts comiques, fidèle en cela à l'esprit dont dera preuve par la suite. Ainsi, le film s'ouvre sur une jeune fille qui joue au jeu d'arcade Jaws, prévenant le spectateur de la teneur des événements à suivre. La dimension cinéphile de Joe Dante apparaît de façon significative dans le film ; le plan d'ouverture, montrant un "No trespassing" menaçant, cite rien moins que Citizen Kane, et l'on cite L'étrange créature du lac noir (Jack Arnold, 1954), un des films de monstres préférés de Dante, très tôt dans le film. N'oublions pas la présence emblématique de Barbara Steele, la reine des scream-queens dans les films de Mario Bava, Antonio Margheriti ou Roger Corman, ainsi que Kevin McCarthy, le rôle principal de L'invasion des profanateurs de sépultures version Siegel !
    Lorsque des piranhas génétiquement modifiés sont mis en liberté et menacent de rejoindre l'océan, l'armée intervient. On a alors droit à une scène parodique qui semble préfigurer les ZAZ (Y a-t-il un flic...), dans laquelle Maggie distrait un militaire en lui montrant ses seins, gros plan à l'appui ! Cette séquence d'humour potache en appellera quelques autres.

    Devant le budget dérisoire alloué au film, on louera les trouvailles techniques qui permettent aux piranhas d'exister à l'écran (notamment le tournage à 8 images par secondes, qui donnent aux poissons une vitesse impressionnante). Des grands bonhommes des effets spéciaux ont collaboré au film, tel Phil Tippett (Star Wars, Indiana Jones) qui gratifie une séquence d'une petite créature très bien animée image par image... même si c'est tout à fait hors-sujet dans le film !  On retouve également Rob Bottin, qui  sera remarqué quelques années plus tard avec son travail sur The Thing (John Carpenter, 1982), ou Chris Walas, qui signera le design de La mouche (David Cronenberg  1986) et réalisera sa suite.

    En ayant à l'esprit la somme de talents à naître impliqués dans le film du côté de l'équipe technique, il est bon de revoir ce petit film aujourd'hui dans les meilleures conditions. Il est amusant de voir que Piranhas, se voulant un décalque des Dents de la mer, aura lui-même droit à son propre remake des années plus tard !
    Carlotta continue à explorer un certain cinéma de genre des années 70 en nous proposant il y a peu une très belle édition de Dark Star, le premier film de John Carpenter... A venir sur Le film était presque parfait !

    Disponibilité vidéo : Blu-ray/DVD - éditeur : Carlotta

  • Frankenstein Junior (1974)

    Un film de Mel Brooks

    "Aaah, sweet mystery of life,
    at last I found you..."

    12286776046_1b46fae5b1_m.jpgL'humour parodique de Mel Brooks a ses hauts et ses bas, mais dénote toujours d'un amour absolu pour son sujet : le cinéma lui-même. Avec Frankenstein Junior, il s'attaque au cinéma fantastique des années 30, et l'homme connaît ses classiques sur le bout des doigts.

    Frankenstein Junior propose ainsi un hommage drôlissime au classique de Mary Wollstonecraft Shelley, mais aussi au Dracula de Bram Stoker (le château niché sur la colline transylvanienne), et un passage qui doit tout au King Kong de Shoedsack et Cooper. Le film rapproche donc deux monstres sacrés de la Universal, dont les décors étaient souvent identiques : ces bourgades rustiques, typées Europe de l'est, (ou allemande, voir le running gag sur Frau Blucher), où des villageois apeurés et avinés subissent les tourments des deux monstres : Frankenstein, le scientifique génial mais dément, et le comte aux dents pointues.

    Dans les films originaux, il était souvent question d'une esquisse de triangle amoureux, causé par l'absentéisme du personnage principal, trop obsédé par ses recherches. Ici, l'affaire est très ironique, entre une promise qui a l'air de fiche comme d'une guigne de Frankenstein (pardon, Fronkonstine : descendant du fameux savant, il tend à refuser cet héritage bien lourd à porter), et une résolution incluant un monstre finalement très avantagé par la science.

    Le noir et blanc tranchant, le décor du laboratoire (vraisemblablement le même qui a servi au film Universal de 1931), la bouille incroyable de Marty Feldman en Igor (prononcer Aï-gor), tout marche à merveille. La fausse bosse d'Igor est même le sujet d'un running-gag qui dévoile magnifiquement l'artifice des effets, ainsi que la dimension "série B - exploitation" inhérente au genre. Dans le même genre, la séquence de la bibliothèque qui s'escamote pour laisser entrevoir un passage secret relève du pur génie comique

    La performance de Gene Wilder est évidemment à saluer, véritable clown qui sait doser ses effets, toujours classe, et intégrant la folie nécessaire au rôle. La séquence de claquette, où il se lance dans un duo dansé avec la créature, est à mourir de rire. Ici, la parodie et l'hommage sincère se mêle inextricablement pour donner vie à une vraie comédie tordante, entendre par là, qui ne se résume pas à son postulat de parodie. A revoir sans modération dans sa belle copie Blu-ray, sortie récemment !

    Disponibilité vidéo : Blu-ray / DVD zone 2 - éditeur : Universal Pictures