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Ciné d'Asie : Un seul bras les tua tous (1967)

Un film de Chang Cheh

One_Armed_Swordsman_movie_poster.jpgUn jeune homme, entraîné par le maître de son père, est la risée de ses condisciples à cause de ses origines modestes. Les persécutions vont jusqu’à lui couper le bras droit, ce qui condamne a priori sa destinée dans les arts martiaux.

Le personnage du sabreur manchot, incarné par Jimmy Wang Yu, représente une sorte de fantasme de puissance car il est tout à fois amoindri, mutilé, et triomphe de ses ennemis avec une aisance déconcertante, donc jouissive. La beauté plastique des combats, accompagnée d’une mythologie sympathique (le héros tient son enseignement d’un livre dont les pages ont brûlé à moitié et dont il ne reste que la méthode de combat pour le bras gauche ; livre qui lui est transmis par une femme qui l’a précédemment sauvé) rendent ce film vraiment divertissant, trouvant le juste équilibre, où les combats s’inscrivent gracieusement dans les méandres du scénario et, qui plus est, loin des excès gore qui auront par la suite la préférence d’un Chang Cheh tout dévoué au pouvoir cathartique de la violence.

The one-armed swordsman, ou Dubei Dao dans son idiome original, s’inscrit dans la lignée des wu xia pian à philosophie confucianiste, mettant en haut de l’échelle des valeurs le respect et la dette envers le personnage du père / maître, laissant le personnage principal torturé par des problèmes d’ampleur shakespearienne ; ici, bien q’une femme lui ait coupé le bras (ce n'est pas rien, tout de même), notre sabreur manchot va voler à son secours quand elle se retrouvera piégée par des brigands, et que le père de celle-ci s’est déjà sacrifié pour essayer de la sauver. Tout cela car le père de la jeune femme n’est autre que son ancien maître, le sauvetage étant donc une façon de ré-équilibrer la balance.

Au niveau de la réalisation, Chang Cheh assure vraiment avec des mouvements de caméras fréquents mais toujours justifiés, élaborés avec un grand soin (ce qui ne sera malheureusement plus le cas dans sa fin de carrière). Les combats, chorégraphiés de main de maître (c’est la cas de le dire) par Liu Chia-Liang, futur réalisateur d’une flopée de films kung-fu très réussis, sont tout à fait intéressants. Même si la préférence, dans toute l’écurie de réalisateurs Shaw Brothers, ira sans nul doute à Liu Chia-Liang ou Chu Yuan, réalisateur du grand Intimate confessions of a chinese courtesan (1972), cet opus de Chang Cheh -qui connaîtra deux suites- reste une date dans le film de sabre chinois, et supporte un visionnage au premier degré plus de 40 ans après sa réalisation. Le personnage central, traversant l'histoire du cinéma chinois, squattera d'ailleurs plus d'une fois les écrans après 1967, notamment en confrontation avec un autre archétype surpuissant et infirme, dans le bien nommé Zatoichi contre le sabreur manchot (Kimiyoshi Yasuda, 1971).

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