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22.07.2015

Terminator (1984)

Un film de James Cameron

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A l'heure du retour inattendu du célèbre T-800, replongeons-nous quelques instants sur le Terminator originel. A l'époque, James Cameron est un inconnu. A peine a-t-il signé Piranha 2, dont on estime qu'il a réalisé un quart du métrage, partiellement tourné et intégralement monté sans son approbation.

Terminator lui vient d'une véritable vision : son idée provient d'un cauchemar où un squelette mécanique pourchasse une jeune femme dans les flammes. Cette vision, Cameron veut la concrétiser coûte que coûte sur grand écran ; il va compenser un petit budget (environ 6,4 millions de dollar) par une énergie sans bornes. Regarder le film aujourd'hui ne fait que mettre encore plus en évidence sa vitalité, un enchaînement de plans virtuoses, racés et nerveux, emplis d'une rare force évocatrice. L'arrivée du T-800 sur Terre, sa recherche implacable des multiples Sarah Connor du botin, son auto-opération dans la pénombre d'une chambre de motel miteuse, ou encore sa confrontation finale avec Sarah Connor, réduit à l'état d'un squelette en métal aux orbites rougeoyants...

Imprimant des images durables dans les esprits des jeunes des années 80, le film est aussi un modèle d'efficacité dans son scénario, à base de voyage temporel, courses poursuites, puis, cette idée extrêmement romantique d'un combattant (Kyle Reese - Michael Biehn) qui se porte volontaire pour une mission-suicide sans retour possible parce qu'il est tombé amoureux d'une femme qu'il ne connaît qu'en photo...

Schwarzy, qui a auparavant été Conan, et plus tard Dutch dans Predator ou inénarrable John Matrix dans Commando, est fait pour être ce super-cyborg invincible. Son physique olympien , ainsi que son travail sur l'aspect systématique de ses mouvement -le fameux balayage facial du Terminator- montre sa totale adéquation avec le rôle. Le T-800, quasiment muet, ménage également le fort accent autrichien du Monsieur Univers.

Puis, il y a Sarah Connor. Même si, dans le premier film, elle n'est pas encore l'incarnation suprême de la femme forte du deuxième opus, mais sa détermination à ne pas lâcher prise face à cette menace incroyable est là ; son personnage est touchant, dans l'amour qu'elle accorde rapidement à son visiteur du futur... Les points d'ancrage du cinéma n'arrivent pas par hasard. Si le Hollywood d'aujourd'hui, en cruel manque d'inspiration et en recherche perpétuelle de records et d'argent, mise encore sur Terminator, c'est parce que cette incarnation d'un méchant fantastique du cinéma (devenu gentil...) a touché une face de notre inconscient collectif. Une machine humaine, le spectre d'une futur qui, malgré tout, n'est pas encore sur nous.. Will he be back (again) ?

Pour accompagner la sortie du nouveau film, Mad Movies se fend de son premier hors-série estampillé "Classic" sur la saga Terminator : lecture conseillée ! Pour ceux qui sont plus fortunés et/ ou veulent plus d'infos, vous pouvez également vous diriger vers Terminator - anatomie d'un mythe, chez Huggin & Muggin, plein de petits goodies sympas.

05.01.2015

The Blues Brothers (1980)

Un film de John Landis

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Après avoir rôdé les personnages de Jake et Elwood Blues dans le Saturday Night Live à partir de 1976, Dan Aykroyd, John Belushi et le reste du groupe arrivent au cinéma, sous la houlette de John Landis. A l'époque, le but des deux acteurs est de faire revivre les grandes heures du blues et de la soul, alors oubliées au profit des genres émergents, la disco et la new-wave entres autres. Dans le défilé incessant de guest-stars que constitue le film, il faut savoir qu'aucune des guest-stars qui peuplent le film, aussi prestigieuses soient-elles, n'avaient de contrat musical : Aretha Franklin, Ray Charles, John Lee Hooker ou encore Cab Calloway ne travaillaient plus ! l'exception notable étant James Brown, à l'apparition remarquée dans le rôle d'un pasteur.

Co-écrit par Dan Aykroyd et John Landis, le film est une suite de scénettes mettant en scène les deux bad boys dans des aventures loufoques dignes d'un cartoon. La Bluesmobile est indestructible et fait des sauts périlleux, les deux frères se sortent de toutes les crasses imaginables (y compris des attaques au bazooka de Carrie Fischer), et l'histoire tient en ces quelques mots : afin de sauvegarder l'église qui les a reccueillis enfants, Jake et Elwood remontent le groupe des Blues Brothers afin de faire des concerts et rapporter l'argent nécessaire.

La présence et l'énergie du groupe est toujours palpable aujourd'hui, l'allure de Men in Black avant l'heure restant un look terriblement moderne ; même si les morceaux musicaux constituent la part la plus importante du film, ce dernier ne fut pas considéré comme un véritable film musical : certaines morceaux (Peter Gunn Theme par exemple) rythmant l'action en background music. Le duo emblématique sur séduire les foules, dans ce retour aux sources bienvenue.

Le film n'est pas une totale réussite artistique pour autant : beaucoup trop long (2h13 au compteur), il a bien 45 minutes de trop, le rythme se perdant des des courses poursuites et autres carambolages interminables (certes chorégraphiés, m'enfin tout de même !) ; la destruction totalement gratuite d'une galerie commerciale, concept auquel tenait beaucoup Dan Aykroyd, met le film au point mort, les rares enjeux s'évaporant aussitôt. Que dire aussi du premier "contrat" du groupe, qu'ils volent à une autre bande : aucune mention ni explication qui font que le groupe volé arrive bien en retard, ce qui permet aux Blues Brothers de partir presque tranquilles. Le métrage se perd ainsi rapidement, rappelant l'ambiance foutraque d''un Hamburger Film Sandwich, celui-là justifié par le côté parodique et potache de l'entreprise.

La musique, constituée de standrad et de quelques créations, reste impeccable, et les quelques passages chorégraphiés sont excellents (Shake a Tail Feather par Ray Charles et Everybody Need Somebody To Love). Ce qui en reste aujourd'hui ? Toujours cette folle énergie, de la dynamite, je vous dis !

Disponibilité vidéo : DVD / Blu-ray - éditeur : Universal Pictures

05.05.2014

Focus fanzine : Cinétrange HS, Nos années 80

13926277048_4b9587e6c3_n.jpgAujourd'hui, retour sur une publication éminemment sympathique : Nos années 80, émanation papier de Cinétrange réalisée par une dizaine de rédacteurs, sous l'égide d'Eric Noël. Initialement prévu d'un bloc, cette production paraît finalement en deux volumes en mai 2012 et mai 2013.

Le thème, même s'il commence à être rebattu par les cinéphiles nostalgiques, avait tout pour me plaire : le ciné de genre des années 80. La maquette de couverture, inspirée (on retrouve côte à côte Mad Max, Snake Plissken ou Chuck Norris, puis Roddy Piper et Michael Duddikoff, alias le American Ninja, mais aussi Richard Harrison, un des acteurs bis célébré par Nanarland). Le programme des réjouissances est donc alléchant !

Outre la maquette intérieure, travaillée et en noir et blanc, le contenu rédactionnel est franchement intéressant, par la variété des thématiques abordées comme par sa qualité intrinsèque. On apprécie tout particulièrement les quatre pages sur Moonwalker (Jerry Cramer, Colin Chilvers, Jim Blashfield, 1988) et le dossier consacré à Lucio Fulci, tandis que le digest sur les ciné bis italien, aussi sympa soit-il ne peut rivaliser avec l'exceptionnel Hors-série sorti par Mad Movies en 2003 (toujours disponible dans leur boutique !). De bonne tenue également, le dossier sur le cinéma de genre australien et néo-zélandais : au programme évidemment, Peter Weir, Peter Jackson, mais également des cinéastes moins connus comme Vincent Ward, un temps attaché à la réalisation d'Alien 3 avant de passer la main à David Fincher. Un grand bravo à toute l'équipe, en particulier à Nunzio Cusmano pour la maquette et les textes de qualité.

Ce n'est pas tous les jours qu'une publication sur le cinéma propose quatre pages sur La galaxie de la terreur (Bruce D. Clark, 1981), production Corman fortement inspirée d'Alien ; ou encore, quatre pages sur Les maîtres de l'Univers, où la ligne de jouets Mattel s'animait sous les traits de Dolf Lungren ou Frank Langella. Passant ainsi allègrement de la série Z au blockbuster, la sélection des œuvres est diablement subjective mais euphorisante ; tous les rédacteurs nous donnent envie de découvrir ou de revoir ces films, les nanars peut-être encore plus que les autres ! Bon, un papier sur La forteresse noire (Michael Mann, 1983), aurait trouvé avantageusement sa place dans le fanzine, plutôt que 2010, l'année du premier contact (Peter Hyams, 1985), mais que voulez-vous... l'investissement est tout de même hautement recommandable !

Pour commander, une seule adresse : Sin'art

13:26 Écrit par Raphaël dans Actus ciné/DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, 80's |  del.icio.us |  Facebook | |  Imprimer | |

18.11.2013

Saturn 3 (1980)

Un film de Stanley Donen

10924760404_34ab0e51cc_m.jpgOFNI doit devant : ce film de science-fiction réunit Kirk Douglas, la drôle de dame Farrah Fawcett (première créditée au générique !) et Harvey Keitel ; le casting impose déjà une minute de silence pour son audace... Le film devait être réalisé par John Barry, chef-décorateur sur Star Wars IV, mais, à la suite des éternelles "divergences artistiques", celui-ci fut aussitôt remplacé par Stanley Donen ; Monsieur Chantons sous la pluie (1952) ou encore Charade (1962), excusez du peu ! L'assemblage de ces talents n'ayant cependant rien à voir avec la science-fiction, on commence à avoir des doutes sur la qualité du résultat... malheureusement rapidement confirmé au visionnage. Les trois vedettes sont bien seules dans cette station spatiale perdue aux confins de la galaxie, où Kirk Douglas se fait plaisir avec Farrah, de trente ans sa cadette.

La trame mélange allègrement un peu de 2001, l'odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968) pour son robot sujet aux troubles du comportement, et Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973), pour son portrait peu reluisant de la femme et la réflexion sur la vieillesse. Ses modèles sont évidemment à mille lieues de Saturn 3, qualitativement parlant ! les vues de maquettes ne font pas mystère de leur caractère artificiel et horriblement mal fini ; la profusion de plans filmés au grand-angle, pour agrandir l'espace, est assez pénible. Pour le coup, on regrette que le film n'ait pas été tourné sur l'île volcanique de Lanzarotte, comme prévu à l'origine, mais entièrement en studio.

Un trou noir semble avoir englouti le scénario (aucune explication sur le geste de Benson (Harvey Keitel, doublé par Roy Dotrice car Donen n'aimait pas son accent !) au début du film, où tout finalement se réduit à la tension sexuelle suscitée par Farrah Dawcett ; et si, dit comme cela, cela peut donner envie, gardez-vous bien de le regarder ! Tout au plus remarquera-t-on le traitement intéressant donné au rapport entre le robot Hector et Benson, avec la connexion synaptique qui les relie (le robot apprend tout de Benson et finira par en devenir une copie).

Saturn 3 n'a donc pas volé ses nominations comme pire film, pire acteur (Kirk Douglas, bon là, c'est un peu méchant, tout de même), et pire actrice pour Farrah Facett en 1981.

06.10.2013

Room 237 (2012)

Un documentaire de Rodney Ascher

10125038886_d56b39b051_m.jpgLe cinéma de Stanley Kubrick n'en finit pas de fasciner ; la raison est simple : la propension du cinéaste au secret, à combiner à une somme ahurissante de documentation pour chacun de ses films, son perfectionnisme, en fait une personnalité idéale pour l'analyse et l'interprétation. Room 237 est, ainsi, un film sur Shining (1980) et ses théorie. Par l’interview de quelque fan(atique)s du film, Rodney Ascher ne cache cependant jamais le véritable sujet de Room 237 : rien moinns que la cinéphilie, dans ce qu'elle a de plus maladif. Des détails microscopiques, a priori intentionnels de la part de Kubrick (une marque de levure par ci, une affiche publicitaire par là) deviennent des instruments pour la démonstration d'une théorie sur l'holocauste, le massacre indien ou la création de l'alunissage de la mission Appolo 11 en 1969 ! Cette dernière théorie avait d'ailleurs fait l'objet d'un docu-menteur particulièrement réussi (William Karel, 2002).

Shining est ainsi ausculté sous toutes les coutures pendant 1h40 de voix-off d'intervenants passionnés. Le doc est du coup bien plus centré sur eux (bien qu'on ne les voit jamais à l'image), plutôt que sur le film ; le film entend mettre sous l’œil d'un microscope la passion cinéphile dans ce qu'elle a de plus extrême. Le point commun des théories ici présentées étant qu'elles sont toutes indubitablement contestables, ou quand la persuasion de l'orateur (qui, lui, est formidablement convaincu), ne passe pas la barrière de l'écran. Les images essayent pourtant d'accompagner au mieux les discours des fans ; mais c'est souvent pour mieux apporter un contrepoint démontrant au contraire les limites de l'argumentaire. Les extraits présentés, en essayant de mettre en image les interviews, ne réussissent parfois qu'à complexifier encore plus la compréhension du film : on voit aussi bien des extraits du Shining version TV de Mick Garris, que des films d'horreur plus ou moins connus (dans le désordre, The Terror de Corman, La maison des damnés de John Hough, des montages dans l'image du film de Shining qui montrent les personnages regardant le film dans lequel ils sont en train de jouer... Des manipulations pas toutes de la meilleure eau pour servir le propos.

Les enregistrements des interviewés, se lançant dans des digressions homériques, ou s'interrompant pour aller voir pourquoi son garçon crie (véridique !) apportent l'éclairage nécessaire sur le projet de distanciation de Room 237, en même temps qu'il plonge dans des arcanes nébuleuses, les plus capillotractées qui soient.

Pour autant, il règne sur Shining une atmosphère pesante et mystérieuse qui est du même coup bien retranscrite dans le documentaire, et quelques trouvailles font mouche (l'impossible circuit de Danny dans son tricycle, ou l'impossible fenêtre du bureau du gérant Halloran, Jack qui lit un Playgirl en attendant son rendez-vous). A savoir aussi, Room 237 étant réalisé par un américain, la version de référence de Shining est la version longue, que nous ne connaissons en France que peu (rallongée d'une demi-heure, elle comprend des scènes qui changent quelque peu la perception du film dans son ensemble, comme la découverte par Wendy Torrance (Shelley Duvall) d'une salle remplie de squelettes à la fin du film - plus d'infos sur les éléments rajoutés). En réalité, le director's cut de Kubrick apparaît être la version que l'on connaît en Europe, pour laquelle il a coupé des scènes qu'il jugea par la suite inutiles ou trop explicites.

Room 237 est ainsi un voyage un peu fou, un peu dérangé, un peu raté aussi (mais bel effort tout de même !), au pays d'une cinéphilie du détail, qui montre aussi ce que nous mettons en jeu dans la vision d'un film, ce que l'on y projette de nous-mêmes, et pourquoi, finalement, le rapport au film est à chaque fois éminemment personnel. Fou, Shining ne l'est pas moins. L'amateur saura y trouver quelques informations qu'il s'obstinera à vérifier par un nouveau visionnage...

Disponibilité vidéo : en DVD zone 2 - éditeur : Wild Side Video, sortie nationale le 27 novembre 2013